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Transition énergétique mondiale : Quels impacts sur l’organisation de l’OPEP+ et sur l’économie algérienne ?

09-07-2021 10:55  Pr Abderrahmane Mebtoul

Au préalable je souhaite que le nouveau gouvernement puisse redresser la situation économique et sociale du pays, face à une situation économique et sociale complexe car tout échec aurait des répercussions graves à la fois sociales et sécuritaires et un retour au FMI  courant 2022. Un des axes majeur sera de réaliser la transition énergétique supposant une coordination sans faille entre le Ministère de l’Energie, de la transition énergétique, de l’aménagement du territoire et celui de l’environnement piloté par le conseil national  de l’Energie seul habilité à tracer la stratégie énergétique. Dépendante à environ 97/98% de ses recettes en devises des hydrocarbures traditionnels avec des incidences sur les équilibres macro économiques et macro sociaux, l’Algérie est attentive à toute décision de la  réunion de l’OPEP. Ainsi, lors de la réunion, le 1er juillet 2021, reportée au 05 juillet, la 181ème conférence ministérielle de l’Opep et  la 18ème réunion ministérielle Opep+ qui devait examiner  la situation du marché pétrolier international et une augmentation raisonnée de la production a été reportée sans qu'une date n'ait été fixée, faute d’un consensus, certes  du veto  des Emiraties mais surtout  de  l‘incertitude de la croissance  de l’économie mondiale, et du nouveau modèle de consommation énergétique mondial qui se met en place, facteurs déterminants sur le futur prix du pétrole  qui après avoir  atteint un niveau élevé  le 05 juillet 2021, fluctuant entre 73 et 74 dollars entre le 08/9 juillet et qui pourrait être coté plus bas en cas de non entente.

1.-L’OPEP+ face à la crise mondiale

1.1.-La réunion, le 1er juillet 2021, reportée au 05 juillet de la 181éme conférence ministérielle de l’Opep et de la 18ème réunion ministérielle Opep-non Opep, qui regroupe les 23 pays (13 pays de l’Opep et 10 pays non-OPEP) devait  examiner la situation du marché pétrolier international et  ses perspectives d’évolution a été  reporté sans qu'une date n'ait encore été fixée, faute d’un consensus ,certes  du cas des Emiraties mais surtout  de  l‘incertitude future de la croissance  de l’économie mondiale,  facteur déterminant du prix  du pétrole. Il   a atteint un niveau élevé ayant  été coté le 05 juillet 2021, 77,16 dollars le Brent  et 76,33 dollars le Wit pour un cours euro/dollar de 1,1862.  L’OPEP regroupe  quatorze membres, principalement situés dans le Golfe (Arabie saoudite, Iran, Irak, Koweït, Émirats arabes unis), mais aussi en Afrique (Libye, Algérie, Nigeria, Angola, Gabon, Guinée équatoriale, Congo) et en Amérique latine (Équateur, Venezuela), le  Qatar a quitté l’organisation en janvier représentant environ entre 35/40% de la  production commercialisée mondiale. L’OPEP+ en incluant  les condensats  représente environ  55% de la  production mondiale inclut  dix autres pays pétroliers : Russie, Mexique, Kazakhstan, Azerbaïdjan, Bahreïn, Brunei, Malaisie, Oman, Soudan et Soudan du Sud, représentant environ en 2019  18,15 mbj selon l’AIE, dont 11,44 mbj pour la seule Russie. Trois pays membres du cartel historique sont exemptés de quotas au vu des difficultés économiques et politique: le Venezuela  l'Iran et  la Libye encore que Tripoli espère retrouver un niveau comparable à octobre 2018 et Téhéran, en discussions actuellement avec la communauté internationale en premier lieu les USA  pourrait revenir sur le marché prochainement.

Le Mexique, qui avait bloqué l'an dernier l'accord de l'Opep+ par le passé est dispensé de coupe, tout en ayant promis un niveau de production raisonnable et les pays non-membres de l'Opep+ sont libres de leur volume de production : les Etats-Unis, premier producteur mondial de brut, mais aussi le Brésil, la Norvège, etc. Selon Blomberg  les pays de l’Alliance dont la Russie et l’Arabie Saoudite ont proposé d’augmenter progressivement leur production de 2 millions de barils par jour d’ici la fin de l’année, à un taux mensuel de 500 millions de barils par jour, pour les mois d’août à décembre 2021. Le prix d’équilibre qui ne pénalise ni les pays producteurs, ni les pays consommateurs  devraient fluctuer entre 65/70 dollars le baril. Mais face aux incertitudes économiques, les réductions collectives de production de l’alliance OPEP+ diminueraient d’ici la fin de l’année pour atteindre environ 3,76 millions de barils par jour, contre 5,76 millions de barils par jour en juillet. Or l’accord achoppe du fait que les Emiratis exige  une plus grande production passant de 3,17 à 3,8 millions de barils/j. Mais, il faut le  reconnaitre les compromis sont fragiles  et l’influence de l’OPEP n’est plus celle des année s1974, surtout avec l’entrée des les États-Unis (premier producteur mondial de brut) sur fond de boom de l’huile de schiste, et la Russie (deuxième pays producteur).  Or selon les experts, si l’OPEP+ maintient ses niveaux de production inchangés jusqu’à la fin de l’année, la demande mondiale de pétrole dépasserait l’offre de 1,6 million de barils par jour au troisième trimestre et de 2,2 millions de barils par jour au dernier trimestre et l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans son dernier rapport mi-juin, prévoit que la demande mondiale de pétrole dépasse les niveaux d'avant la pandémie d'ici fin 2022. Cependant l'OPEP+ fait face à une équation complexe, avec la flambée des prix notamment en Europe ( encore que les Etats profitent des taxes parfois exorbitantes et pas seulement les producteurs), partagé entre une reprise de la demande bien réelle mais qui reste fragile et des prix élevés, qui freineraient la croissance de l’économie mondiale toujours en convalescence. Sans compter le cas de l’Inde en crise très important importateur, à court terme, la propagation du très contagieux variant Delta du Covid-19, qui pousse plusieurs pays à mettre en place de nouvelles mesures de restrictions de déplacement des biens et des personnes, pourrait  avoir pour conséquence une  diminution  de la demande du pétrole/gaz.

C’est dans ce contexte à la fois de la reprise de l’économie  mondiale mais également des incertitudes, de crise qu’il faille replacer la nouvelle stratégie pétrolière et gazière mondiale : notamment  le  gazoduc  Israël-Europe opérationnel vers 2025,mais supposant une stabilisation politique au niveau de la, région, financé par les Emiratis, des tensions en Méditerranée entre la Turquie et la Grèce, le grand gazoduc Sibérie/ Chine Et c’est dans ce cadre que rentre, la  géostratégie énergétique  dont  les conflits entre la Russie , les USA et l’Europe concernant les gazoducs  dont le South Stream d ‘une capacité de 65 milliards de mètres cuves gazeux, du North Stream1, 55 milliards de mètres cubes et du North Stream2  également de 55  milliards de mètres cubes gazeux  soit au total plus de 180 milliards de mètres cubes gazeux en direction de l’Europe. Bien  qu'au-delà du conflit géopolitique avec la Russie, l'opposition américaine au Nord Stream 2 pourrait faire partie d'une offensive commerciale des Etats-Unis. En effet, les USA  sont  un grand producteur de gaz et cherchent  à accroître ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l'Europe. Mais du fait du retour du processus inflationniste  dont l’énergie constitue une des causes,  certains observateurs, n‘exclut  pas un assouplissement  des positions  suite à la rencontre récente  entre les présidents  Biden et Poutine, en rappelant que les réserves colossales de la Russie environ 45.000 milliards de mètres cubes gazeux, celles d e l’Iran 34.000 et du Qatar 17.000 leur permettent d’avoir une stratégie agressive et un cout de production compétitif sans compter les importantes réserves en Afrique du Mozambique et du Nigeria.

1.2-Mais toute analyse objective ne doit pas s’appesantir sur la conjoncture volatile mais calculer la moyenne de l’année. Si le baril gagne un (1) dollar, en moyenne annuelle les recettes additionnelles, fonction du cours et du volume,  le gain en chiffre d’affaire  à ne pas confondre avec  le profit net  devant soustraire les coûts,   varierait entre 400/500 millions  de dollars  Dans ce contexte , il ya lieu de distinguer le court, moyen et le long terme . A court terme le prix est fonction de facteurs spéculatifs boursiers, de l’évolution des stocks américains et également chinois gros importateur toute baisse influant le prix à la hausse  et  de l’évolution  du rapport euro/dollar, assistant à une déprécation du dollar vis à vis de l’euro qui renchérit le cours du pétrole de plusieurs points ;Mais également de la politique américaine qui à court terme pour renflouer  les gisements marginaux de pétrole/gaz de schiste fortement endettés  préconisent un cours  de 70/75 dollars  afin qu’ils puissent rembourser leurs  dettes, du moins à court terme, le plan de relance USA  prévoyant un montant très important pour  développer l’efficacité énergétique et les  énergies renouvelables. A moyen et  long terme , le prix du pétrole sera fonction, premièrement,   des actions pour lutter contre le réchauffement climatique, la COP 26 étant prévue avant la fin de l’année 2021, dont les conséquences sont dramatiques pour le devenir de l’humanité, deuxièmement,  de l’évolution du modèle de consommation énergétique mondial dont la transition énergétique avec le développement des énergies renouvelables dont le cout a baissé de plus de 50% étant devenu concurrentiel, troisièmement  entre 2030/2040,du développement de  l’hydrogène dont l’expérimentation a déjà commencé  et quatrièmement, de facteurs exogènes, les des tensions géostratégiques au niveau des régions ayant d’importantes réserves,  ayant un impact tantôt à la hausse, tantôt à la baisse.

Mais tant pour le court, moyen et long terme,  le facteur déterminant sera la trajectoire de la croissance de l’économie mondiale , de la maîtrise de l’épidémie du coronavirus et de la quatrième révolution économique mondiale fondée sur la connaissance ( le numérique)  et la bonne  gouvernance, devant assister à un nouveau pouvoir économique mondial entre 2025/2030/2035 avec des incidences géostratégiques, militaires,  politiques, économiques sociales et surtout culturelles ..Si l’on s’en tient à 2021,  selon la banque mondiale l’économie mondiale devrait croître de 5,6 %  affichant ainsi un rebond post-récession d’une ampleur sans précédent en 80 ans. Cette reprise tient en grande partie au redressement vigoureux de quelques grandes économies, tandis que de nombreuses économies émergentes et en développement sont encore aux prises avec la pandémie de COVID-19 et ses retombées, indique la Banque mondiale dans sa dernière édition des Perspectives économiques mondiales.  Les États-Unis et la Chine représenteront chacun plus d’un quart de la croissance mondiale en 2021. Aux États-Unis, où l’économie a bénéficié d’un soutien budgétaire massif et la vaccination sera généralisée dans la population d’ici la mi-2021, la croissance devrait atteindre 6,8 % en 2021 et  l’économie chinoise, devrait afficher une croissance solide de 8,5 %  puis progresser à un rythme plus modéré à la suite d’un recentrage des priorités sur la réduction des risques d’instabilité financière Mais la reprise, la production mondiale fin 2021 sera inférieure d’environ 2 % aux prévisions pré-COVID. Dans les deux tiers des économies émergentes et en développement, les pertes de revenu par habitant subies en 2020 ne seront pas recouvrées en 2022. Dans les pays à faible revenu, où la vaccination a pris du retard, les effets de la pandémie ont effacé les progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté et aggravé l’insécurité et d’autres problèmes de longue date. Face à cela ,  nous devrions assister au second  semestre 2021 et en 2022 à un retour du processus inflationniste  du fait à la fois à l’importante injection monétaire et à l’endettement public,  à la rupture  des chaines d’approvisionnement  notamment en provenance de l’Asie pour bon nombre d’entrants  le prix du transport d’un conteneur, étant passé en un an,  entre la Chine et l’Europe, de 1 800 dollars et  en juin 2021   autour de 10 000 dollars, de la hausse des prix des matières premières  le  pétrole, gaz , le  fer, le bois, l’aluminium, le soja, le blé ect.. et à la reprise de la demande. .Ainsi, une première, l’Allemagne connu pour sa rigueur budgétaire devrait avoir selon le ministre allemande de l’économie, un taux d’inflation proche de 4% fin 2021, mais cela concerne la majorité des pays développés. 

2 -. La transition énergétique , le nouveau  pouvoir économique mondial  et urgence pour l’Algérie d’une stratégie d’adaptation

2.1-Il ne faut pas être utopique, la transition énergétique est une réalité. Entre 2021/2025 plusieurs facteurs déterminent le prix des hydrocarbures qui ont permis depuis des décennies, pour l’Algérie, avec les dérivées 97/98% des recettes en devises. Gouverner c’est prévoir d’où l’importance pour l’Algérie de se préparer à ces nouvelles mutations évitant de vivre sur l’utopie du passé. D’ici 2030/2035 , les investissements prévus dans le cadre de la transition énergétique Usa/Europe/Chine, Inde devrai dépasser les 4000 milliards de dollars où les rosses compagnies devraient réorienter leurs investissements. L’élection américaine sera déterminante pour l’avenir car les démocrates ont une autre vision de la politique énergétique, avec le retour des USA aux accords de Paris COP21 sur le réchauffement climatique. Bien que le nouveau président dit ne pas vouloir interdire le développement du pétrole/gaz de schiste dont les UA sont le premier producteur mondial, s’engageant avec les nouvelles techniques à améliorer les effets de la fracturation hydraulique, le programme de Joe BIDEN prévoit 2000 milliards de dollars sur les 20/30 prochaines années , soit 10% du PIB 2019, pour le développement des énergies renouvelables, les industries écologiques et l’efficacité énergétique. Plus globalement, le plan climat de Joe Biden prévoit d’investir, je le cite « dans les infrastructures intelligentes pour reconstruire la nation et pour garantir que nos bâtiments, nos infrastructures d’eau, de transport et d’énergie puissent résister aux impacts du changement climatique, de financer 1,5 million de nouveaux logements plus durables et éco-énergétiques, une réorganisation de l’industrie automobile vers les voitures hybrides et électriques, l’Etat fédéral devant programmer notamment l’installation de 500 000 bornes de recharge publiques sur le territoire et instaurer une prime à la conversion ». L’Europe va dams la meme trajectoire. La Commission européenne a fixé, avec le règlement d’exécution 2020/1294 du 15 septembre 2020, les règles du nouveau mécanisme de financement des énergies renouvelables Chaque État membre doit contribuer à l’objectif européen de 32% d’énergies renouvelables en 2030.. Une trajectoire indicative est fixée pour chacun d’entre eux, pour la période 2021-2030, avec des points de référence à atteindre entre  2025 et 2027, devant mobiliser au moins 1 000 milliards d’euros d’investissements durables dans les dix années à venir avec des incitations pour attirer les financements privés, grâce notamment au rôle essentiel que jouera la Banque européenne d’investissement. La Chine et l’Inde ont un fort engagement pour la transition énergétique. Par exemple, selon le rapport de Global Wind Energy Council de 2019, la Chine et l’Inde font partie des cinq pays regroupant 73 % de l’ensemble des capacités éoliennes mondiales installées.

En termes d’énergie solaire, le soutien des gouvernements indien et chinois stimule la compétitivité de leurs filières solaire, faisant d’eux les premiers acteurs au niveau mondial. La Chine pour tenter de réduire la pollution atmosphérique due à cet usage incontrôlé du charbon, investit massivement dans les énergies renouvelables : pays leader, prévoit d’investir d’ici 2030 375/400/ milliards de dollars Quant à l’Inde, elle s’est engagée à fortement développer les énergies renouvelables, en disposant en particulier de 100 GW de capacités solaires et de 60 GW éoliens d’ici à fin 2022 (contre 16,6 GW solaires et 32,7 GW éoliens à fin novembre 2017)(, devant mobiliser pour cette période près de 190 milliards de dollars selon les estimations de la Climate Policy Initiative (CPI). Les USA/Europe qui représentent actuellement plus de 40% du PIB mondial pour une population inférieure à un milliard d’habitants poussent à l’efficacité énergétique et à la transition énergétique afin de luter contre le réchauffement climatique. Car si les chinois, les indiens et les africains avaient le même modèle de consommation énergétique que les USA et l’Europe il faudrait cinq fois la planète actuelle. Je rappelle que selon le rapport de l’ONU une sécheresse sans précédent frappera l’Afrique du Nord et l’Afrique sub saharienne entre horizon 2025, Cette prise de conscience d’un désastre planétaire a été accentuée avec l’épidémie du coronavirus où la majorité des pays ayant entériné l’Accord de Paris, issu de la COP 21, engagement conforté à la COP 22 de Marrakech devraient axer leurs efforts pour la limitation du recours aux énergies fossiles, charbon et pétrole horizon en tête, le monde et donc aller vers un Mix énergétique, l’énergie de l’avenir horizon 2030/2040 étant l’ hydrogène où la recherche développement connait un réel essor.

2.2-.-Qu’en sera t-il de l’Algérie pour les équilibres financiers, où ce retour à l’inflation et le cout élevé du transport aura des répercussions sur la valeur des importations biens finaux, matières premières et biens d’équipements, alors que l’Algérie dépendra encore longtemps, de la rente des hydrocarbures.  Alors que nous assistons depuis des années  au  gel  des projets pour l’Algérie du Nigal  venant du Nigeria et de Galsi  en direction de l’Italie, les gazoducs opérationnels Medgaz  via/ Espagne et  Transmed Via/ Italie fonctionnent en sous capacités, alors que la tension actuelle sur les prix pourrait être une opportunité du fait du  déséquilibre offre demande en Europe.  Mais avons-nous le niveau de production nécessaire avec la  forte consommation intérieure  et le désinvestissement dans  ce secteur ? L’annonce  récente  de l’interconnexion électrique  par le PDG de Sonlegaz est , une illusion sans tenir compte de trois  facteurs : premièrement, combiner les énergies renouvelables et le gaz pour réduire les  couts ; deuxièmement sans un partenariat gagnant-gagnant avec les réseaux européens , Sonelgaz  étant en déficit structurel n’ayant pas  les moyens de financement ; troisièmement, faire face à la concurrence internationale en Europe où l’Algérie a perdu des parts de marché entre 2005/2020( voir notre interview quotidien gouvernemental Horizon 06/07/2021). Les  réserves de change  ont été clôturées à 42 milliards de dollars fin 2020 , contre 194 fin 2013, qu’en sera-t-il en 2021, et les réserves de pétrole sont évaluées  selon la déclaration du ministre algérien de l’Energie  début 2020 à 10 milliards de barils  et entre 2200 et 2500 milliards de mètres cubes gazeux pour le gaz traditionnel, la consommation intérieure  dépassant les exportations actuelles horion 2030, mais l’Algérie possède le  troisième réservoir mondial selon des études américaines pour le gaz de schiste. 

Mais attention pour les non initiés induisant en erreur l’opinion publique  :le niveau des réserves est fonction du cout et du vecteur prix. Dans l’hypothèse d’un cout stable, plus le niveau des prix  au niveau international est élevé plus le niveau des réserves  est élevé permettant la rentabilité des gisements marginaux  et nous aurons l’inverse en cas de baisse  des prix et d’un cout croissant .  La structure  des exportations en 2020, montre la dominance des  hydrocarbures traditionnels dont le volume est en déclin, et que   les données  de 2,2 milliards de dollars d’exportation hors hydrocarbures , 70% sont  des semi produits  et de dérivées d’hydrocarbures,  étant  utopique, surtout avec la  paralysie de l’appareil de production et de la majorité de segments non concurrentiels,  d’annoncer, une exportation de 4/5 milliards de dollars hors hydrocarbures pour  l’année 2021 et pour avoir la balance devises nette, pour l’Algérie, il faudra retirer les matières importées en devises.  Selon  le rapport de l’OPEP de mai 2021 la production  ne dépasse pas 860.000 barils/j,  contre 1,2,à 1,3  million de barils/j  entre 2007/2008, idem pour le gaz où les exportations sont passées pour la même période de 65 milliards  de mètres  cubes gazeux, à environ   55 en 2018  et   40/41 en 2020 selon un ex ministre de l’Energie.  Cela  rend l’urgent un nouveau management  de Sonatrach et  la publication tant du code d’investissement que  des décrets d’application  de la loi des hydrocarbures pour attirer les investisseurs si l’Algérie veut profiter de cette hausse des prix,, dont le retard  et le manque de visibilité dans la politique économique deviennent intolérable ayant assisté à un net recul des IDE en Algérie entre 2018/2020, Sonatrach ayant signé surtout des lettres d’intention qui n’engagent nullement l’investisseur. D’où l’urgence  de revoir le  modèle de consommation énergétique afin de s’adapter aux nouvelles  mutations entre 2025/2035 qui modifieront le nouveau pouvoir mondial.et d’asseoir dans els faits et non dans les paroles, la transition énergétique où existent deux axes pour l’Algérie.

Le premier axe est d’améliorer l’efficacité énergétique car comment peut-on programmer 2 millions de logements selon les anciennes normes de construction exigeant de fortes consommation d’énergie alors que les techniques moderne économisent 40 à 50% de la consommation ? Par ailleurs s’impose une nouvelle politique des prix ( prix de cession du gaz sur le marché intérieur environ un dixième du prix international) occasionnant un gaspille des ressources qui sont gelés transitoirement pour des raisons sociales. A cet effet, une réflexion doit être engagé par le gouvernement algérien pour la création d’une chambre nationale de compensation, que toute subventions devra avoir l’aval du parlement pour plus de transparence, chambre devant réaliser un système de péréquation, segmentant les activités afin d’encourager les secteurs structurants et tenant compte du revenu par couches sociales, impliquant un système d’information transparent en temps réel. Le deuxième axe est le développement des énergies renouvelables devant combiner le thermique et le photovoltaïque dont le cout de production mondial a diminué de plus de 50% et il le sera plus à l’avenir. Or, avec plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an, l’Algérie a tout ce qu’il faut pour développer l’utilisation de l’énergie solaire, ou presque. Le soleil tout seul ne suffit pas. Il faut la technologie et les équipements pour transformer ce don du ciel en énergie électrique. La production à grande échelle permettrait de réduire substantiellement les coûts tout en favorisant à l’aval une multitude de PMI-PME, renforçant le tissu industriel à partir des énergies propres (industries écologiques). La promotion des énergies renouvelables suppose des moyens financiers importants en investissement et en recherche-développement

Depuis de longues années les gouvernements successifs ont annoncé que l’Algérie à installera une puissance d’origine renouvelable de près de 22 000 MW dont 12 000 MW seraient dédiés à couvrir la demande nationale de l’électricité et 10 000 MW à l’exportation et que d’ici 2030, l’objectif serait de produire, 30 à 40% de ses besoins en électricité à partir des énergies renouvelables : beaucoup de paroles, plus de cinq conseils de ministres lui ont été consacré depuis et des réalisations insignifiantes faute d’une stratégie clairement définie ..Car tout le problème consiste en la mobilisation du montant de l’investissement, grâce à un partenariat gagnant/gagnant,, de se préparer déjà à former la ressource humaine pour la maîtrise technologique et donc se préparer à ces nouvelles mutations énergétiques, le pays. devant connaître de fortes turbulences financières entre 2021/2022 et s’éloigner de cette mentalité rentière . Comme je l’ai démontré récemment dans l’interview donnée à l’American Herald Tribune –USA-le 23 avril 2020 « Prof. Abderrahmane Mebtoul : We Have Witnessed a Veritable Planetary Hecatomb and the World Will Never be the Same Again », l’impact de l’épidémie du coronavirus sur l’économie mondiale sera fonction du vaccin don les dernières nouvelles optimistes ont permis une hausse du cours des hydrocarbures

En résumé, en décidant un investissement massif dans le cadre de l’efficacité énergétique, les énergies alternatives aux fossiles classiques dont les énergies renouvelables, le nouveau pouvoir USA , l’Europe, suivi de la Chine et de l’Inde , le monde devrait connaître entre 2025/ 2030 avec une accélération entre 2030/2035, un profond bouleversement de la carte énergétique et donc du pouvoir économique mondial, l’énergie étant au cour de la sécurité des Nations ( interviews- Pr A.Mebtoul AfricaPresse Paris, American Herald Tribune et Afrik Economy 2019//2020). Aussi les changements économiques survenus depuis quelques années dans le monde ainsi que ceux qui sont appelés à se produire dans un proche avenir, doivent nécessairement trouver leur traduction dans des changements d’ordre systémique destinés à les prendre en charge et à organiser leur insertion dans un ordre social qui est lui-même en devenir, une stratégie axée sur la bonne gouvernance, la valorisation du savoir avec l’ objectif horizon 2030, la transition numérique et énergétique. Un bon développement allège le poids sur les forces de sécurité ; un frein au développement par une mauvaise gouvernance accroit les tensions sociales et donc l’insécurité. L’Algérie n’a pas d’autres choix que de réussir les réformes dont celle de la transition énergétique, qui seront douloureuses à court terme mais porteuses d’espoir à moyen et long terme pour les générations présentes et futures. Rester en statut quo en retardant les réformes structurelles conduira inéluctablement à la cessation de paiement fin 2021, début 2022 avec les risques de tensions sociales. ce qu’aucun patriote algérien ne souhaite. J’ose imaginer une Algérie où les nouvelles générations vivront confiantes et heureuses dans leur pays et où nous assisterons à un retour volontaire progressif des cadres expatriés. Aussi, l’Algérie qui a d’importantes potentialités, grâce à la mobilisation de tous, dans le cadre d’un nouveau contrat social, sera ce que le peuple algérien et les responsables chargés de gérer la Cité voudront qu’elle soit. ademmebtoul@gmail.com

Abderrahmane Mebtoul, docteur d’Etat (1974) -professeur des universités, directeur d’études au Ministère Energie/Sonatrach  1974/1979 – 1990/1995-2000/2008-2013/2015

NB le sujet de la stratégie énergétique de l’Algérie a été débattu lors de plusieurs publications internationales et de différentes conférences  conférence que j’ai  données le 08 juin 2021 suite à l’invitation de l’Union européenne au siège de l’ambassade de 10-12H30 à Alger, devant environ 50 personnalités dont les représentants des pays de l’Union européenne –ambassadeurs et attachés économiques,  politiques,  le représentant de la  banque mondiale et des organismes internationaux  accrédités  à Alger,  devant la parlement européen  en décembre 2011, au Sénat français à l’invitation du professeur Jean Pierre Chevenement en mars 2015, , en juin 2019  où j’ai eu l’honneur de présider la commission de la transition énergétique en Méditerranée,  représentant l’Algérie  des 5+5+ Allemagne, en présence des organisations mondiales internationales Union européenne, OCDE, BM,  FMI, BIRD  et également à l’Ecole supérieure de Guerre ESG Alger devant les  officiers supérieurs le 19 mars 2019 «  les impacts  géostratégiques, économiques et sociaux de la dépendance des hydrocarbures »

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