Des trafiquants d'enfants devant le juge le 17 février prochain

Des trafiquants d'enfants devant le juge le 17 février prochain
Par Lila Ghali | 29 Janvier 2013 | 09:56

Une affaire de trafic vers l'étranger d'enfants "illégitimes" et de fœtus sera jugée par le tribunal pénal d'Alger le 17 février prochain. 14 personnes dont un Français, un médecin et deux notaires passeront devant le juge pour "conduite d'un groupe de malfaiteurs, de séquestration, de transfert d'enfants avec préméditation, d'usage de faux, d'adhésion à une bande de malfaiteurs, de faux en écriture et d'usurpation d'identité".

L'affaire a été mis au jour en 2008 quand les services de sécurité ont démantelé le réseau responsable de la disparition d'un certain nombre d'enfants suite à l'utilisation de fausses procurations. L'enquête policière a été lancée après le décès d'une jeune fille suite à une opération d'avortement à la clinique du principal accusé, le médecin, qui exploitait, avec la complicité de sa sœur, les fœtus avortés qu'il conservait dans un produit spécial et exportait vers l'étranger.

L'enquête a révélé également l'implication de deux notaires de Bachdjarrah et Husseïn Dey qui produisaient des "documents de désistement" signés par les mères célibataires. Le ressortissant français mis en cause dans cette affaire a réussi à expatrier deux enfants en France, les faisant passer pour ses enfants légitimes, alors que trois enfants ont pu être récupérés par la police au domicile d'une puéricultrice exerçant dans une pouponnière à El Biar.

Rédigés entre 2005 et 2006, douze certificats d'adoption dans lesquels figurent 9 enfants expatriés ont également été découvert par les enquêteurs, la kafala ayant été confiée à d'autres personnes en contrepartie d'une somme d'argent.

Le médecin suivait les mères célibataires jusqu'à l'accouchement et enregistrait les nouveau-nés sur les registres de l'état-civil jusqu'à l'expatriation grâce à des kafalas rédigés par les notaires incriminés. D'ailleurs, dans cette affaire, plusieurs mères célibataires seront au box des accusés le jour du procès même si elles ont affirmé avoir été menacées et contraintes d'abandonner leurs enfants après l'accouchement. Certaines d'entre elles ont abandonné leurs bébés moyennant des sommes d'argent.

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