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Crise politique : Gaid Salah tire encore sur les adversaires de la solution constitutionnelle

18-06-2019 18:28  N. Semyane

Gaid Salah en a remis une couche aujourd’huiau sujet de la crise politique mais surtout de la façon d’en sortir au plusvite. Cela en défendant la solution constitutionnellecomme une nécessité tout en rejetant les propositions des partis politiques,adeptes d’une transition.

Commençant son discourspar une note positive, le chef de l’armée se félicite de la résilience des institutionsdu pays, en dépit des manifestations populaires qui durent depuis le 22 février,cette date fondatrice du processus de rupture avec le système en place.       

«  En dépit de la crise, l’Algérie a su préserver toutes ses capacités de gestion, sa notoriété et ses différentes activités, comme il a pu maintenir son capital relationnel avec ses partenaires étrangers, grâce à ses fidèles enfants occupant les différents postes d'activité et fonctions » s’est-il félicité.

Ceci étant souligné, comme préambule, le chef d’état-major fait un plaidoyer en faveur de la solution constitutionnelle, qui n’est pas selon lui opposable aux revendications du peuple, tout en tirant sur ses adversaires qualifiés d’ « aventuriers ».

« Croient-ils qu'il existe une contradiction ou bien un écart entre ce à quoi tendent les dispositions de la Constitution dans leurs véritables dimensions et ce à quoi appelle le peuple algérien dans ses marches successives. », interroge le chef d’état-major en mettant à l’index la partie de la classe politique  qui a une autre approche de la crise et de la manière d’en sortir.

Ahmed Gaid Salah, partant du postulat que « Le peuple qui a plébiscité sa Constitution est le plus apte à préserver la loi fondamentale de son pays et ses dispositions et à s'y conformer. », affirme qu’il « est impensable de procéder au nom du peuple, à la destruction de la réalisation du peuple algérien, qui est la loi fondamentale, soit la Constitution. »

Dans la même veine, il ajoute que  « Ceux qui prétendent, par ignorance ou arrogance et entêtement, ou animés par des intentions aux objectifs ambigus, oui ambigus, que le pouvoir du peuple est au-dessus de la Constitution et au-dessus de tous- et c'est une vérité utilisées à tort – car ils tentent sciemment d'outrepasser, voire geler, l'application des dispositions de la Constitution, réalisent-ils que cela signifie la suppression de toutes les institutions de l'Etat et s'engouffrer dans un tunnel obscur dénommé le vide constitutionnel ?

En allant ainsi au bout de son raisonnement, le chef d’état-major fait valoir le fait que le rejet  de la solution constutionnelle « signifie par conséquent la destruction des fondements de l'Etat national algérien »  par les partisan d’une transition, accusés  de « penser à construire un autre Etat avec d'autres standards, d'autres idées et d'autres projets idéologiques, auxquels seront consacrés des débats sans fin. »

Le patron de l’Armée, que les accidents des politiques ont placés en première ligne, est dans son plein droit de défendre la feuille de route du pouvoir basée sur le souci d’organiser une présidentielle dans les meilleurs délais.

Cependant, en cherchant ainsi à jeter l’opprobre sur les partisans d’une phase de transition, Ahmed Gaid Salah se brûle carrément les vaisseaux en s’attaquant ainsi à des acteurs politiques qu'il avait pourtant  invités la veille à « un dialogue global et inclusif » pour trouver la voie la plus courte à la sortie de crise.  

Lancer une invitation à un partenaire pour discuter de la crise et dans le même temps chercher à le disqualifier en récusant, de prime abord son point de vue, ne participe pas, à tout le moins, à  la mise en place d’un climat propice à la recherche de la solution consensuelle.

La sagesse politique exige le rejet des visions manichéennes qui établissent des divisions entre les patriotes, d’un côté et les aventuriers de l’autre.  Nul n’a le monopole du cœur pour la patrie et l’heure n’est pas aux divisions, mais plutôt aux additions pour la cristallisation de cette solution consensuelle que tout monde appelle de se vœux . 



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