Air Algérie : Un commandant de bord décolle d’Oran en laissant 70 passagers sur le carreau !

 Air Algérie : Un commandant de bord décolle d’Oran en laissant 70 passagers sur le carreau !
Par Djamil Mesrer | 13 Juin 2018 | 15:10

Ce n’est pas une blague, mais bien une triste réalité ! Cela s’est passée à l’aéroport d’Oran, le 17 avril. On ne sait quelle mouche l’a piquée ! Un commandant de bord a pris la décision de mettre les gaz alors qu’une partie des passagers, 70 en tout, se trouvait encore dans les bus qui les acheminaient vers l’avion, direction Djedda, en Arabie saoudite, pour une Omra.

Prétextant un retard, ce commandant de bord ordonne la fermetures des portes de l'avion et l’enlèvement de l’escalator pour pouvoir entamer les manœuvres de décollage. A l’intérieur de l’avion, c’est la pagaille à bord, car des  passagers sont montés sans le reste des membres de leur famille. Pire, certains, des personnes âgées notamment, ont pris place dans l’appareil sans leurs documents de voyages, gardés par leurs accompagnateurs.

Faisant la sourde oreille aux appels des responsables sur la fréquence, le commandant de bord met le cap sur Djedda. Il a fallu des appels radio à partir d’Alger, le menaçant de licenciement, pour qu’il décide enfin de faire demi tour alors que l’avion survolait Cherchell. Retour donc à Oran pour l’embarquement de passagers laissés sur le carreau et redécollage. 

Conséquence : une heure et demie de perte de temps, sans compter le carburant consommé et la crise de nerfs provoquée. Après cet incident gravissime, la Direction d’Air Algérie a décidé, comme de juste, de suspendre provisoirement ce commandant de bord, à partir du 20 avril en attendant son passage devant la commission d’enquête professionnelle.

« Il risque un licenciement », nous dit une source proche du syndicat des pilotes affilié à l’UGTA. « La faute est grave, il est indéfendable", ajoute notre interlocuteur qui tient à se démarquer d’un communiqué rendu public le 06 juin dans lequel le secrétaire général du syndicat des pilotes (UGTA) prend la défense de ce commandant de bort en le présentant comme une victime sanctionnée pour avoir juste voulu respecté les protocoles du transport aérien.

« Ce secrétaire général prend des positions sans en référer au reste des membres du bureau national », ajoute notre interlocuteur qui se dit d’abord soucieux des intérêts de la compagnie et non de celui des coteries et des clans.

Par ailleurs, notre source soulève le cas d'un co-pilote qui risque aussi d’être sanctionné : . « Cela fait des années qu’il est co-pilote, sa promotion tarde à, arriver, il est très compétent, mais très caractériel et ne s’entend avec personne ».

Au-delà de ces deux cas disciplinaires, notre interlocuteur, lui-même membre du syndicat des pilotes, nous explique que d’aucuns, qu’il qualifie de « rentiers »,  font du chantage à la Direction générale au moment où cette dernière est "engagée dans une dynamique de remise en ordre d’Air Algérie" souligne t-il.       

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