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Rapport alarmant du FMI et de l’OIT : récession mondiale en 2020, accroissement du chômage et urgence de nouveaux mécanismes de protection sociale

14-04-2020 18:57  Pr Abderrahmane Mebtoul

L’épidémie de coronavirus touche tous les continents où la population totale par  zone géographique en 2019, est répartie ainsi : Asie  ( 59,7%) avec 4 504 428 000 habitants, l’Afrique (16,6%) avec 1 256 268 000 habitants, l’Europe(9,8%) avec 742 074 000  habitants, l’Amérique   du  Sud ( 5,3%) plus Amérique du Nord (4,7%) et l’Océanie (0,5%)  avec 645 593 000  habitants. Cette épidémie entraîne une crise économique irréversible pour 2020, dont les répercussions risquent de durer avec des ondes de choc pour 2021, si la maladie est circonscrite avant septembre/octobre 2020, la majorité des experts prévoyant une seconde vague, voire une troisième vague en cas  ou le confinement ne serait pas respecté. D’où dans l’urgence, de nombreux pays ont mis en place ou élargi les dispositifs de chômage et les aides sociales, certains économistes et politiques préconisant un revenu minimum universel. C’est que la crise actuelle de 2020 a montré toute la vulnérabilité des économies mondiales face à des chocs externes imprévisibles, surtout des pays reposant sur une ressource éphémère dont le prix dépend de facteurs exogènes échappant aux décisions internes. 

1-Le monde ne sera plus jamais comme avant

Face à, une crise sans précédent  touchant toute la planète , le monde ne sera plus jamais comme avant , la crise de 2020 préfigurant , non pas la fin de la mondialisation, mais  une nouvelle architecture  des relations entre l’Etat régulateur et le Marché  encadré pour certains services collectifs (santé, éducation),  et  d’importants  impacts sur les  relations  politiques et économiques internationales. En cette période de crise, s’impose la solidarité mondiale et nationale, passant par une moralité sans faille des dirigeants, la compétence  et l’expérience  de la gestion nouvelle du management politique et économique  . Ce n’est qu’une première épreuve,  le  XXIème siècle étant confronté à  de  profonds bouleversements et à relever de nombreux défis, la guerre de l’eau liée à la  guerre alimentaire, la guerre biologique, la guerre numérique  et la guerre écologique, avec d’importants flux migratoires due au réchauffement climatique (sécheresse, inondation, vents violents, cyclones)   avec des recompositions territoriales, ces quatre guerres, ayant des incidences sanitaires, économiques et sécuritaires. La leçons sur le plan sanitaire est l’urgence est de revoir le système de santé au niveau mondial et surtout dans les régions les plus pauvres qui ont vu fuir leurs cerveaux, des compétences individuelles ayant un impact limité   sans une vision globale, l’investissement dans le système de santé lié à celui de l’éducation comme le recommande le PNUD  pour l’ indice du développement humain, n’étant pas antinomique avec l’économique, une personne saine, créant plus de richesses pour la communauté.  Personne ne peut prédire ni la durée de l’épidémie  et que n’existent pas de médicaments miracles pour une guérison totale, certaines molécules donnant seulement plus d’effets positifs que d’autres. Les chercheurs agissent actuellement par tâtonnement devant différencier le sexe, la structure d’âges et les spécificités humaines saines ou atteintes de différentes maladies antérieures, nécessitant un remède spécifique.  Pour les différents remèdes, il est normal que la population angoissée a tendance à croire à toute solution miracle, devant faire confiance aux experts (médecins, biologiques, les grands laboratoires, les universités,  ect) pour tout traitement, devant éviter la précipitation avant tout test concluant, qui doit se confirmer aux normes scientifiques standards dans ce domaine, en attendant un vaccin qui demandera pour son  efficacité  du temps. La plus grande inquiétude, étant l’Afrique, des  scientifiques prévoyant  l’explosion des cas de contaminations par le coronavirus  avec des incidences dramatiques, ayant un système sanitaire déficient malgré les nombreuses compétences individuelles avec un exode  de cerveaux massifs  et pas de protection sociale, pour certains pays la sphère informelle représentant plus de 70/80% de la population occupée. Les incidences seront donc sanitaires, sociales et économiques. Quant à l’impact dans le domaine environnement social et politique, devant cette épidémie à l’échelle planétaire, où tout le monde est parabolé, étant dans une maison mondiale en verre, nous assistons à de l’angoisse, des craintes à l’incertitude parfois à un narcissisme de masse tant pour de simples citoyens qu’au niveau du comportement des entreprises comme en témoigne l’affolement des bourses mondiales.  Contrairement au passé, en ce XXIème siècle les nouvelles technologies à travers Facebbok contribuent à refaçonner les relations sociales , les relations entre les citoyens et l’Etat, par la manipulation des foules, pouvant être positif ou négatif lorsque qu’elle tend à vouloir faire des sociétés un Tout homogène alors qu’existent des spécificités sociales des Nations à travers leur histoire.  Cela peut conduire à effacer tout esprit de citoyenneté à travers le virtuel, l’imaginaire, la dictature des mots et la diffusion d’images avec pour conséquence une méfiance accrue vis-à-vis des informations officielles par la manipulation des foules, lorsque des responsables politiques formatés à l’ancienne culture ne savent pas communiquer.  Cela pose les limites d’une analyse strictement économique renvoyant à l’urgence d’intégrer les comportements au moyen d’équipes pluridisciplinaires complexes pour comprendre l’évolution de nos sociétés et agir sur elle, technologues, historiens, économistes, médecins, anthropologues, psychologues, psychiatres, sociologues, démographes et les juristes pour la codification. Ces analyses renvoient aux théories du désordre où n’existe pas de situations statiques, le monde étant en perpétuel mouvement où au désordre se substitue au bout d’un certain temps un ordre relatif.  Nous devons tirer toutes les leçons pour ne pas renouveler les erreurs du passé, car   le monde ne sera plus jamais comme avant devant être modeste dans toute déclaration surtout politique,  car aucun expert   ne peut prédire combien de temps va devoir durer la mise à l'arrêt de fait des différents pays pour contenir le virus. Avec une crise sans pareille, depuis la crise 1928/1929, au moment où l’interdépendance des économies était faible, n’étant pas assimilable à la crise de 2008, aucun expert, pouvant seulement élaborer   des scénarios, ne peut prédire si les activités de consommation et d'investissement vont pouvoir rebondir une fois que les quarantaines seront levées. Comparable à une catastrophe naturelle, voire à une guerre avec une ennemi sans visage, l’épidémie du coronavirus et devant la gérer en tant que telle, a un impact sur l’économie mondiale qui connaitra en  2020,  trois chocs, un choc de l’offre avec la récession de l’économie mondiale, un choc de la demande du fait de la psychose  des ménages, et un choc de liquidité.  Cette crise, aura à l’avenir un impact sur toute l’architecture des relations internationales car le monde ne sera plus jamais.   Mais si les impacts de l’’épidémie du coronavirus sont un danger pour le présent, elles sont porteuses d’espoir pour l’avenir de l’humanité, une opportunité par notre capacité à innover par une autre gouvernance et  pour un monde plus juste et solidaire surtout dans un segment, finalité de l’Economique, satisfaire la demande sociale ,  préserver l’emploi  et le pouvoir d’achat.

2-Le rapport alarmant du marché du travail de l’Organisation internationale du travail (OIT)

Dans son  rapport d’avril 2020 sur  les ravages sanitaires et sociaux du Covid-19,  l’OIT  souligne que sur une population active de 3,3 milliards de personnes, plus de quatre sur cinq sont affectées par la fermeture totale ou partielle des lieux de travail, évalue l’OIT. La pandémie provoque un double choc économique d’offre et de demande, sous l’effet du confinement et de l’arrêt des chaînes de production. Le sous-emploi devrait lui s'accroître de manière significative au fur et à mesure que les conséquences économiques de l'épidémie se traduiront par des réductions des horaires de travail et des salaires. La crise économique provoquée par l'épidémie de coronavirus pourrait, selon les différents scénarios, détruire  des millions d’emplois  dans le monde  venant grossir les rangs mondiaux des chômeurs estimés à 190 millions. Nous avons le scénario optimiste 5,3 millions le scénario intermédiaire 13,0 et le scénario pessimiste 24,7 millions en référence   au chiffre de base de 188 millions en 2019.  L’OIT pointe les secteurs les plus à risque, le transport, les services d’hôtellerie et de restauration, l’industrie manufacturière, et le commerce de détail, concernant 1,25 milliard de travailleurs exposés à des licenciements, pertes d’activité et de revenus. La baisse du nombre d'emplois entraînera des pertes massives en matière de revenus pour les travailleurs.. L'organisation appelle donc à des mesures urgentes pour la protection des travailleurs sur leur lieu de travail, la relance de l'économie et de l'emploi ainsi que le soutien aux emplois et aux revenus. Ces mesures nécessitent l'élargissement de la protection sociale, un soutien en matière de maintien des emplois (comme par exemple le travail partiel, les congés payés ou d'autres aides) ainsi qu'un allégement fiscal et financier, y compris pour les microentreprises et les petites et moyennes entreprises. Pour l’Asie ,l’Amérique latine  et l’Afrique dont le nombre d’emplois dans la sphère informelle est élevé seront les zones les  plus touchées.   Guy Ryder, le directeur général de l’OIT estime que 6,7 % des heures de travail dans le monde pourraient disparaître au deuxième trimestre, soit 195 millions d’équivalents temps plein pour une semaine de 48 heures, dont 125 millions en Asie, 24 en Amérique et 20 en Europe. Ce ne sont que la conséquence des chaînes d’approvisionnement régionales et mondiales qui   ont été perturbées avec le   déclin de l’activité économique et les contraintes pesant sur la circulation des personnes ont une incidence sur le  secteur des services, tourisme, les voyages et le commerce de détail qui sont particulièrement fragiles et une première évaluation du Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) prévoit une chute des arrivées internationales jusqu’à 25 pour cent en 2020 qui mettrait en danger des millions d’emplois. Les pertes globales de revenu du travail devraient se situer entre 860 et 3 440 milliards de dollars. Mais ce sont surtout les couches les plus fragiles , certaines estimations d’institutions internationales  qu’il pourrait y avoir 8,8 millions de travailleurs pauvres de plus dans le monde que prévu à l’origine (c’est-à-dire un recul global de 5,2 millions de travailleurs pauvres en 2020 contre un recul estimé à 14 millions avant le COVID-19). Dans le cadre des scénarios moyen et pessimiste, il y  aurait entre 20,1 et 35,0 millions de travailleurs pauvres de plus que dans l’estimation faite pour 2020 avant le COVID-19. Ces  études identifient  plusieurs groupes: les personnes ayant des problèmes de santé sous-jacents et les personnes âgées ont le plus fort risque de développer de graves problèmes de santé ; les jeunes, qui connaissent déjà de forts taux de chômage et de sous-emploi, les femmes sont surreprésentées dans les secteurs les plus touchés (comme les services),  l’OIT estimant  qu’à travers le monde 58,6 pour cent des employées travaillent dans le secteur des services, contre 45,4 pour cent des hommes, où  les femmes ont aussi moins accès à la protection sociale ; les travailleurs non protégés, dont les travailleurs indépendants, les travailleurs précaires et ceux de l’économie des petits boulots, n’ayant  pas accès aux dispositifs de congé maladie et de congés payés, et sont moins protégés par les mécanismes conventionnels de protection sociale et autres formes de stabilisation des revenus et enfin les travailleurs migrants

3 -Les pays émergents  et pauvres sont touchés par  la crise 

Pour la Chine, la production industrielle a plongé de 13,5 % sur les mois de janvier et février 2020, par rapport à la même période de l’année 2019. Une telle baisse est inédite en Chine depuis que le pays s’est tourné vers l’économie de marché à la fin des années 1970.  Selon  le rapport sur la région Asie-Pacifique publié  le 08 avril 2020 , la deuxième puissance mondiale pourrait voir la croissance de son PIB limitée à 2,3 % sur l’ensemble de 2020, voire, dans le scénario plus noir, être quasi nulle, à 0,1 % contre de 6,1 % estimée pour l’empire du Milieu en 2019 pour une population dépassant 1,3 milliard d’habitants nécessitant un taux de croissance minimum de 7/8%. Pour  l’Inde, également demandeur d’hydrocarbures,  un  géant asiatique avec  1,3 milliard d’habitants,  c’est une économie tournée vers la mondialisation et les exportations et surtout l’impact sur son  taux de croissance déjà en décroissance en 2019, étant  descendu à 4,5 % contre 7,5% en 2018, , la plus faible depuis la crise financière de 2008. et l’accroissement du taux de chômage déjà élevé. Outre la crise sanitaire et sociale que la pandémie pourrait provoquer, la paralysie de son économie  entrainerait la rupture de la chaine d’approvisionnements de nombreuses entreprises mondiales du fait  que l’Inde avec plus de 4 millions de salariés à bas coût (les ingénieurs informatiques indiens sont rémunérés jusqu’à 5 fois moins chers que leurs homologues occidentaux), est le premier acteur de la sous-traitance informatique, Et si la crise venant à durer , certains experts  prévoyant une deuxième et troisième vague moins intensive certes que la première,  tout dépendant  de la  réussite du confinement, c’est toute l’économie mondiale du Digital qui serait grippée.  L'Asie du Sud,  cette région du monde constituée de l'Inde, du Bangladesh, du Pakistan, de l'Afghanistan et d'autres plus petites nations compte 1,8 milliard d'habitants et certaines des villes les plus densément peuplées au monde risque de réaliser en 2020 à cause du coronavirus sa pire performance économique en 40 ans, selon la Banque mondiale dans un rapport du 12 avril 2020  se dirige à son tour vers la récession,  la croissance, en 2020, des pays émergents d’Asie de l’Est et du Pacifique devant  être comprise, suivant les scénarios, entre une contraction de 0,5 % et une progression de 2,1 % contre   5,8 % en 2019  .En Thaïlande, où 11 millions de touristes chinois avaient visité le royaume en 2019 sur un total de 39 millions de visiteurs étrangers, l’épidémie est perçue comme un désastre Pour l’Indonésie, la plus grosse économie de l’Asean,  où son économie avait déjà dû subir en 2019 les conséquences de la guerre commerciale sino-américaine et la baisse du prix des matières premières, sur le volume de ses exportations, notamment vers la Chine (pétrole, gaz, charbon, huile de palme) entre en récession . D’une manière générale, la dépendance accrue des économies de l’Asean à la Chine, premier investisseur régional, pourrait à terme entraîner une réflexion sur la nature du modèle économique suivi par les pays d’Asie du Sud-Est depuis l’émergence du géant chinois. En Amérique Latine, Argentine, Venezuela , le  Brésil, le  Chili, l’Equateur et d’autres,  la Commission économique  (Cepal) considère que le coronavirus pourrait, dans ce contexte  de récession mondiale et de baisse des exportations latino-américaines vers la Chine, causer une explosion de la pauvreté dans la région. Ainsi, le nombre de pauvres pourrait ainsi passer de 185 à 220 millions de personnes (sur 620 millions d’habitants) – soit 35 millions de plus, le PIB se contractant de 1,8 % en 2020.  Pour l’Afrique, fortement dépendante du cours des matières premières, selon une  étude de l’institut de recherche Overseas Development Institute (ODI,  la perte pour l’Afrique  dont 70/80% de l’emploi est au niveau de l’informel ( notamment en Afrique subsaharienne) estimation à la mi-février, à plus de 5 milliards de dollars, ce chiffre étant  désormais largement dépassé, quoique impossible à calculer, tant les dommages s’accentuent de jour en jour  . Pour les pays pétroliers, les pays les plus touchés  seront le Nigeria, le Gabon et l’Algérie qui devrait entrer en récession pour 2020.  En plus de l’Afrique du Sud , grande puissance économique du continent,  pour la première fois en 25 ans, l'Afrique subsaharienne va connaître une récession économique, prévoit la Banque mondiale (BM), où  après une croissance de 2,4% en 2019, la croissance  devrait se chiffrer en 2020 entre -2,1% et -5,1%. Selon l'Union africaine (UA), près de 20 millions d'emplois, à la fois dans les secteurs formel et informel, sont menacés de destruction et pour l'ONU, ce nombre pourrait aller jusqu'à 50 millions, une catastrophe africaine ayant des incidences sur les flux migratoires vers l'Europe. Concernant les impacts de l’épidémie sur la région Moyen-Orient et Afrique du Nord ( le rapport du FMI du 24 mars 2020 précise que cette région   devrait connaître une "forte baisse" de sa croissance en 2020, plombée par la double peine du nouveau coronavirus et de la faiblesse des prix du pétrole . Les gouvernements de la région devraient mettre rapidement en place des plans de sauvetage afin d'éviter une récession prolongée, des faillites d'entreprises. avec le choc supplémentaire de la baisse de 50% des cours du pétrole depuis le début de la crise,  des secteurs clés comme le tourisme, l'hôtellerie et le commerce,( les annulations de séjours touristiques en Égypte ont atteint 80 %, tandis qu’au  Maroc, la Tunisie et  les Émirats arabes unis, l'hôtellerie et le commerce de détail) ce qui pourrait entraîner une hausse du chômage et des réductions de salaires..

4 -Cette crise affecte également les pays développés

Pour les Etats Unis d’Amérique, première puissance économique mondiale, premier producteur en 2019 d’hydrocarbures suivi de la Russie et de l’Arabie Saoudite,   le marché de l’emploi se dégrade à une vitesse inédite. Dans ce contexte,   il a été prévu un plan d’aides de 2200 milliards de dollars   bien que certains économistes s’attendent à une contraction du produit intérieur brut allant jusqu’à 15 % au deuxième trimestre. Selon le président de la Réserve fédérale de Saint-Louis le taux de chômage dans le pays pourrait atteindre 30 %, et le PIB en baisse de 50 %, mais signe que tous les analystes ne sont pas d’accord, Morgan Stanley voit le PIB chuter de 30 %, Goldman Sachs de 24 % et JP Morgan Chase de 12 %. Ce plan de sauvetage soit plus de 9 % du PIB des Etats-Unis où   nous avons assisté à plus  de  10 millions de nouvelles inscriptions fin mars 2020, bien plus que le pic de 800.000 atteint en 2008 avec 3,3 millions de chômeurs supplémentaires, soit 2 % de la force de travail, en seulement une semaine,  un record historique, cinq fois plus élevé que le maximum jamais enregistré  et  la première économie mondiale pourrait bientôt compter 10 % de chômage, selon Fitch Ratings idem  au  Canada avec 2,13 millions d’inscritsEn Europe, en Grande-Bretagne, nous avons eu   950.000 nouvelles demandes entre le 16 et le 31 mars,   dix fois plus important que la normale.  En Allemagne, près de 500.000 entreprises ont fait la demande en mars, c’est vingt fois plus qu’après la crise de 2008 et la  France, les demandes concernent 5,8 millions de travailleurs, plus d’un salarié du privé sur quatre. En Norvège, le taux de chômage est passé de 2,3 % de la population active à 10,4 % en un mois, un record depuis la seconde guerre mondiale. En Autriche, 163 000 nouveaux inscrits sont venus pointer aux services de l’emploi en dix jours, soit un bond de 40 %. En Suède, sur la seule semaine du 16 au 22 mars, 14 000 salariés ont reçu un préavis de licenciement, contre une moyenne habituelle de 3 000… par mois. La situation est plus dramatique en Espagne et l’ItaliePour la zone euro, la présidente de la Banque centrale européenne que « les économies de la zone euro, pour chaque semaine de confinement, rétrécissent un peu, de 2 à 3 % du PIB. Plus cela dure, plus le rétrécissement de l’économie est important ». La croissance dans la zone euro et dans l'UE tout entière va «très probablement» tomber en dessous de zéro en 2020, un impact négatif, entre 2 et 2,5%» sur cette croissance, selon un haut fonctionnaire de la Commission européenne. Ce qui a nécessité un plan de sauvetage de 1000 milliards de dollars de la BCE auquel il faut ajouter 500 milliards de dollars pour les institutions annexes et 500 milliards de dollars soutenus par les, Etats, montant qui devrait être équivalant et même dépasser celui des USA (plus de 2200 milliards de dollars) selon le professeur Cohen directeur de recherche au CNRS .. L’institut  UBS prévoit que l’Italie sera la plus touchée   avec une baisse du PIB de 5 % cette année (+1,9 % en 2021) anticipant  par ailleurs -4,7% pour l'Allemagne (1,8% en 2021), -4% pour l'Espagne (+2,5% en 2021) et -4,3% pour la France (+1,9% en 2021). Pour l’économie mondiale, la directrice générale, du FMI anticipe au mieux une « reprise partielle » en 2021 à condition que la pandémie s’estompe au second semestre de cette année et que les mesures de confinement puissent être levées pour permettre une réouverture des commerces, des restaurants, une reprise du tourisme et de la consommation. Et pour le FMI, les pays à faibles revenus ou émergents en Afrique, en Amérique latine et en Asie « sont à hauts risques » car au  cours des deux derniers mois, les sorties de capitaux depuis les économies émergentes se sont élevées à quelque 100 milliards de dollars, soit plus du triple que pour la période équivalente de la crise financière de 2008. Selon plusieurs instituts internationaux , dont  l'Institut de la finance internationale (IIF),, association mondiale du secteur financier qui rassemble plus de 450 membres de plus de 70 pays et régions, dans sa note du 07 avril 2020, .l’économie  mondiale devrait se contracter de 1,5% en 2020 dans le contexte de la pandémie de COVID-19, revoyant ses prévisions à la baisse  de 2,6% à 0,4%.Toujours selon ce rapport, je le cite « nos   prévisions de croissance mondiale sont maintenant de -1,5%, avec une contraction de 3,3% sur les marchés matures et une croissance d'à peine 1,1%" sur les marchés émergents, ajoutant qu'il y aurait une "énorme incertitude" quant à l'impact économique du COVID-19. » 

5 -L’économie algérienne fortement impactée par la crise 

« Du jamais vu selon Stefano Scarpetta, directeur de la division emploi et affaires sociales de l’OCDE… Il faut beaucoup de R&D sur les traitements et les tests. Nous vivons une crise inédite où les politiques sociales, économiques et de santé sont liées ». Pour l’Algérie fortement connectée à l’économie mondiale à travers sa rente d’hydrocarbures qui lui procure directement et indirectement 98% de ses ressources en devises, est fortement impactée par cette crise, devant éviter des discours contraires à la dure réalité qui provoquent une névrose collective au niveau de la population. Concernant la réunion OPEP/non OPEP, après la décision de réduire de 10 millions de barils/j,  le marché n’a pas réagi pour l’instant favorablement, le Brent étant coté le 14 avril 2019 à 31,14 dollars pour le Brent  et à 21,80 dollars pour le Wit.   Car la réduction décidée .qui débutera du 1er mai, jusqu’au 30 juin pour  9,7 millions de barils/jour ,  (la second tranche de 8 millions de barils/j du mois de juillet jusqu’à fin décembre, et une troisième, d’un volume de 6 millions de baril/jour courant du 1er janvier 2021 au 1er avril de 2022).où l’Algérie verra une réduction de 240.000 barils/jour pour la première tranche,  de 193.000 barils/jour  pour la seconde tranche et une réduction de 145.000 barils/jour pour la dernière tranche  repose sur l’hypothèse que la demande mondiale a baissé seulement de 10/11%, alors que l'épidémie de coronavirus a provoqué une chute drastique de la demande mondiale, de 33%, environ 30 millions de barils par jour (bpj), certains experts l’estimant à plus de 40 millions de barils/j, les gros consommateurs d’hydrocarbures  dont le transport étant en hibernation. L’évolution du cours du pétrole dépendra de la durée de l’épidémie et du retour à la croissance de l’économie mondiale sachant qu’avant la crise seulement pour la Chine, ses importations étaient de 11 millions de barils/j. Par ailleurs,   le    cadrage macro-économique de la loi  de finances 2020 a été établi sur la base  d’un  baril de pétrole à 50 dollars et un prix de marché à 60 dollars, un taux de change de 123 DA/dollar, un  taux d’inflation de 4,08 %  et  un  taux de croissance de 1,8% (contre 2,6% dans les prévisions de 2019) qui comme dans tous les pays monde risque d’être négatif.  Cela a un impact négatif sur le taux de chômage, ,en raison du ralentissement du taux de croissance, dominée par l’impact de la dépense publique via la rente Sonatrach, avant la crise, prévoyait  12% de taux de chômage  en 2020  et  13,5% en 2021, ce taux ne tenant pas compte des emplois rente, faire et refaire les trottoirs   La sphère informelle  contrôle  selon la banque d’Algérie plus de 33% de la masse monétaire en circulation,  plus de 40/45% de l’emploi concentré dans le commerce, les services ,  les saisonniers dans l’agriculture, et plus de 50% de la valeur ajoutée hoirs hydrocarbures. Que nos responsables visitent les sites où fleurit l’informel de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud et ils verront que l’on peut lever des milliards de centimes à des taux d’usure mais avec des hypothèques car existe une intermédiation financière informelle. Les mesures autoritaires bureaucratiques produisent l’effet inverse et lorsqu’un gouvernement agit administrativement et loin des mécanismes transparents et de la concertation social, la société enfante ses propres règles pour fonctionner qui ont valeur de droit puisque reposant sur un contrat entre les citoyens, s’éloignant ainsi des règles que le pouvoir veut imposer : exemple les transactions aux niveaux des frontières pour contourner les myopies des bureaucraties locales, agissant sur les distorsions des prix et des taux de change et le droit coutumier dans les transactions immobilières.  A cela s’ajoute, selon certaines organisations patronales qui évoquent entre  1,5 /1,7 millions de pertes d’emplois dans la sphère réelle Et  sur environ 12,5 millions de la population active sur plus de 44 millions d’habitant  en mars 2020 environ 40/45% de la population active,  environ  5/6 millions sont  sans protection sociale rendant difficile leurs prises en charge  Ils  sont  sans revenus pour bon nombre qui ont cessé leurs activités, sans   compter que bon nombres de  ménages vivent dans deux trois pièces plus de 5/8 personnes avec des impacts psychologiques avec le confinement. Et l’on devra prendre en compte, à l’avenir  la réforme du  système des retraites qui sera le grand défi des années à venir ;  le vieillissement de la population, où la  moyenne d’âge des deux sexes selon le rapport de l’ONU, 2018, est à  environ 78 ans de durée de vie. Cela pose d’ailleurs la problématique des subventions qui ne profitent pas toujours aux plus défavorisées (parce généralisables à toutes les couches) rendant opaques la gestion de certaines entreprises publiques et nécessitant à l’avenir que ces subventions soient prises en charges non plus par les entreprises mais budgétisées au niveau du parlement pour plus de transparence.. En plus de la baisse de son quota  entre 145.000 /240.000 barils jour avec un manque à gagner  en moyenne annuelle entre 3/ 4 milliards de dollars  pour 2020, dans ce cas  de récession économique,  les  prévisions de recettes de Sonatrach de  35 milliards de dollars  pour 2020 ainsi que d’un montant des réserves de change  de 51,6 milliards de dollars fin 2020 seront difficiles à atteindre  avec la crise actuelle qui a vu le cours de pétrole et du gaz s’effondrer de plus de 50%  Car, comment avec une  entrée en devises de plus de  1000 milliards de dollars  ( sans compter les dépenses  en dinars) entre 2000/2019 dont pour Sonatrach avec ses dérivées 98%  et une sorties de devises concernant les biens et les services (entre 9/11 milliards de dollars/an entre 2010/2019) , ayant dépassé 935 milliards de dollars  n’ont permis qu’un taux de croissance, moyenne annuelle, entre 2,5 et 3% montrant un divorce entre la dépense et les impacts économiques et sociaux : mauvaise gestion ou corruption ou les deux à la fois. La pression démographique souvent oublié est une véritable bombe à retardement  (plus d’un  million de naissances chaque année entre 2015/2019 contre environ 600.000 vers les  années 2000). Comment dès lors,   avec un taux  de croissance réel  inférieur au taux de croissance démographique  créer entre 350.000/400.000 empois par an entre 2020/2025, ( encore que le taux de chômage officiel  sous-estime la demande d’emplois féminins )  qui s’ajoutent au taux de chômage actuel nécessitant un taux de croissance de 8/9% par an  pour éviter de vives tensions sociales ?  L’Algérie doit donc se préparer à de nombreux défis,  avec les tensions internes inévitables sur les réserves de change (moins de 60 milliards de dollars fin mars 2020)  et budgétaires entre 2020/2022. En ces moments difficiles , la solidarité nationale s’impose  et les  différentes composantes de notre société  doivent transcender leurs différends afin de trouver les  raisons de vivre harmonieusement ensemble et de construire,  ensemble, le destin d’une Algérie nouvelle fondée sur les deux fondamentaux du XXIème siècle :la bonne  gouvernance reposant sur la moralité  et la valorisation du savoir.

-ademmebtoul@gmail.com

NB-Cette contribution est une synthèse du débat animé par le professeur Abderrahmane MEBTOUL, invité d ’honneur ,  qui ouvert  et clôturé le débat «  crise mondiale et impact< -è sur l’économie algérienne »en vidéo conférence site Zoom de 9h30-12h à l’invitation du parti MSP en présence d’anciens ministres et de cadres 

Voir  études du professeur Abderrahmane Mebtoul-  «  le poids de la sphère informelle au Maghreb face aux enjeux géostratégiques » pour l’Institut Français des Relations Internationales IFRI (Paris France décembre 2013) et dans une contribution parue en décembre 2019 au niveau de la revue stratégie de  l’IMPED- Ministère de la Défense Nationale , existant plusieurs  méthodes de calculs, chaque méthode donnant un montant différent, avec un écart de 10/20%. Nos enquêtes ont pu démontrer notamment au   Maghreb et  en Afrique où cette sphère est dominante, un lien dialectique  entre la corruption et l’extension de cette sphère, avec de surcroit l’effritement du système d’information qui  rend difficile sa mesure et toute régulation économique, politique et sociale.



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