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Quelle est la réalité des exportations hors hydrocarbures en 2021 ?

12-12-2021 16:42  Pr Abderrahmane Mebtoul

C’est par  un langage de la  vérité que l’on peut corriger les  erreurs. En perpétuant les discours et  comportements du passé l’on ne peut aboutir qu’à de fausses solutions qui accentuent la crise politique,  économique et sociale. Morgenstern, le fondateur de la statistique moderne, a mis en garde les gouvernants dans un ouvrage célèbre «  comment mentir par la manipulation des  statistiques ».

1.-  Dans un tel contexte, prenons garde aux utopies en induisant en erreur l’opinion publique nationale, pas  les étrangers qui connaissent parfaitement la structure économique du pays, de l’annonce de 4 milliards de dollars hors hydrocarbures pour l’année 2021.

Le bilan officiel de Sonatrach 2020 donne 2 milliards de dollars de dérivées d’hydrocarbures, avec une perspective de plus de 2,5 pour 2021 et si l’on ajoute  les semi produits  le montant  dépasse les  3 milliards de dollars restant  aux produits  à valeur ajoutée, afin de voir s’il ya une une réelle dynamique d’exportation de certaines entreprises, dresser la balance devises en soustrayant  les matières importées en devises,  ainsi que les exonérations fiscales  et certaines subventions  comme le prix de cession du gaz cédé à  10/20% de la cotation sur le marché international pour certaines unités exportatrices fortes consommatrices  de gaz. En réalité avec les  dérivées d’hydrocarbures les recettes en devises  pour 2021 représentent entre 97/98% où en ce mois de décembre 2021.

2.- Le ministre du commerce pour se prémunir contre les  fraudes tant dans le cadre du commerce intérieur, l’intégration de la sphère in formelle qui selon  les données du président de la  république canalise entre 6000  et 10.000 milliards de dollars que du du commerce extérieur, l’on doit s'attaquer à l'essence, c'est-à-dire la gouvernance par la lutte contre le terrorisme bureaucratique et la réforme du système financier, toutes ses structures, douane, fiscalité, domaine, banques qu'aucun ministre des Finances depuis l'indépendance politique n'a pu réaliser étant un enjeu énorme de pouvoir. 

Ce problème ne date pas d'aujourd'hui, l'ayant constaté vers les années 1980/1983 en tant que haut magistrat et directeur général des études économiques à la Cour des comptes ayant été chargé du contrôle du programme anti-pénurie où j'avais suggéré la mise en place d'un tableau de la valeur, qui n'a jamais vu le jour car s'attaquant à de puissants intérêts rentiers, nécessitant la mise en place d'un système d'information reliés aux réseaux internationaux permettant des interconnexions, ministère des Finances (banques-douanes- fiscalité), les ports/aéroports et les entreprises publiques/privées pour lutter contre les trafics de tous genres, produits de mauvaises qualités ou périmés.

En conclusion, il reste beaucoup à faire pour que nos responsables s'adaptent aux arcanes de la nouvelle économie, où se dessinent d'importants bouleversements géostratégiques mondiaux, croyant que l'on combat la fuite des capitaux à partir de commissions et de circulaires, ignorant tant les mutations mondiales que la morphologie sociale interne, en perpétuelle évolution.

 ademmebtoul@gmail.com



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