Election présidentielle : exit le second tour revendiqué par Abdelkader Bengrina et Abdélazi Bélaid

 Election présidentielle : exit le second tour revendiqué par Abdelkader Bengrina et Abdélazi Bélaid
Par Khidr Ali | 13 Décembre 2019 | 14:46

La présidentielle aura finalement été pliée au premier tour avec une confortable avance de Tebboune, arrivé en tête des suffrages, avec  58.15%, devançant le deuxième candidat, Abdelkader Bengrina de plus de trente point de pourcentage.

Pourtant le scénario d’un deuxième tour, pour cette élection, a été très présent dans les esprits, du fait que les cinq candidats sont considérés comme étant de valeur sensiblement égale et donc non éligible à une victoire au premier tour.

Hier, tout au long de la soirée électorale et pendant  que les algériens attendaient le taux de participation finale, qui n’est tombé que à minuit passé, sur les plateaux de télévision un deuxième tour était donné pour acquis entre Abdelmadjid Tebboune et un des autres candidats et le suspens était de mise.

Ahmed Dane, le directeur de campagne de Abdelkader Bengrina, a été le plus offensif sur la question en faisant deux interventions pour revendiquer un second tour, allant même jusqu’à donner un taux  de voix de 31%en faveur de son champion.

«Nos données qui nous parviennent de nos permanences électorales nous permettent de dire que nous arrivons en deuxième positon derrière un autre candidat, un second tour devient incontournable pour donner plus de crédibilité démocratique à l’élection présidentielle », fait savoir Ahmed Dane qui laisse planer l’ombre d’un doute sur la propreté  du scrutin.

Fateh Boublik, directeur de campagne de Abdelaziz Bélaid, lui aussi, a réclamé un second tour en revendiquant la seconde place avec 30% de voix derrière Abdelmadjid Tebboune. Lui aussi a laissé entendre subliminalement une possibilité de fraude en l’absence d’un second tour.

Le chassé-croisé d’ « experts » qu’on a vu défiler sur les plateaux de télévision durant la soirée électorale se sont tous rendus à l’idée d’un second tour, considérant que « c’est la tendance universelle », avec en toile de fond l’exemple tunisien dont la présidentielle s’est déclinée en deux tours.

Un second tour est un marqueur démocratique, certes, mais il présente des « risques », selon d’autres experts  qui y un voient un moyen d’exacerber une bipolarisation politique et surtout le risque de revitalisation du courant islamiste qui se mobiliserait pour Bengrina, issu de cette mouvance actuellement en état de déshérence politique.

En l’absence d’un second tour, la crédibilité de la consultation reste sujette à caution, mais elle a le mérite d’épargner au pays une perte de temps de presque un mois, sachant que ce tour est prévu entre le 31 décembre et le 09 janvier, alors que le pays vit sous tension politique quotidienne depuis le 22 février.

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