Liban: tentative d’assassinat de Samir Geagea

La Rédaction | 06 Avril 2012 | 11:26

Samir Geagea, leader des « Forces libanaises », un parti politique chrétien, affirme avoir été victime mercredi d’une tentative d’assassinat.

« Le chef des Forces libanaises se promenait avec ses gardes du corps dans sa résidence de Meerab. Il a alors été visé par deux balles tirées par des snipers » raconte le quotidien libanais l’Orient Le Jour.

Samir Geagea appartient à l'opposition qui rassemble tous les partis pro-occidentaux. Actuellement le Liban est dominé par le Hezbollah et ses alliés inféodés aux régimes syrien et iranien.

« Je me promenais avec mes gardes du corps. J’ai aperçu une jolie fleur et je me suis penché pour la cueillir. J’ai aussitôt entendu deux coups de feu. Heureusement que mes hommes étaient loin de moi. Je suis resté à terre pendant quelques instants. Puis, nous avons aperçu deux trous dans le mur. Nous avons immédiatement appelé les forces de sécurité, qui ont inspecté les lieux et extirpé les balles. Il s’est avéré qu’elles avaient été tirées à partir d’une distance supérieure à un kilomètre, par apparemment plus d’un sniper. Le calibre de ces balles, l’une de 12,7 et l’autre de 14,5 mm, prouve que nous avons eu affaire à de l’armement sophistiqué », a raconté Samir Geagea lors d’une conférence de presse.

Une arme "très sophistiquée"

Les Libanais s’inquiètent d’un retour des assassinats politiques, notamment liés à la situation actuelle en Syrie. L'opposition dénonce régulièrement le régime de Bachar al-Assad. « Nous sommes confrontés à un nouvel épisode de la série d’actes terroristes, d’assassinats et de crimes. Nous avions pensé que cela avait pris fin avec l’accord de Doha, mais il semble que tout cela soit de retour » estime Samir Geagea.

Un détail attire l'attention: les tireurs auraient utilisé un fusil d’assaut autrichien « très sophistiqué » et «pratiquement introuvable au Liban ». Un peu plus de 800 de ces fusils avaient été vendu à Téhéran selon The Telegraph. Les liens entre le Hezbollah, qui domine le Liban, et l’Iran étant particulièrement forts, les regards se tournent vers le « parti de Dieu ».

La France a condamné « fermement » cette tentative d’assassinat. « Cette action lâche, commise contre l’un des principaux responsables politiques libanais, participe d’une volonté évidente de déstabilisation du pays, dans un contexte régional dégradé », note le Quai d’Orsay.

Le Liban n’a pas connu d’assassinat politique depuis décembre 2007. A l’époque, le général François el-Hajj avait été tué dans un attentat à la voiture piégée.

Mots-clés :
Catégories : International

Voir tous les articles de la catégorie 'International'