la Syrie suspendue de l'Organisation de coopération islamique

la Syrie suspendue de l'Organisation de coopération islamique
Par Abbès Zineb | 16 Aout 2012 | 09:14

Les pays musulmans, réunis en sommet extraordinaire à La Mecque, en Arabie saoudite, ont suspendu tôt jeudi la Syrie de l'Organisation de coopération islamique (OCI) dans le but d'isoler davantage le régime de Damas.

Alors que la Syrie entre dans le 18e mois d'une révolte qui s'est militarisée, faisant des milliers de morts, les dirigeants du monde musulman sont tombés d'accord sur "la nécessité mettre fin immédiatement aux actes de violences en Syrie et de suspendre ce pays de l'OCI", selon le communiqué final.

Le sommet s'est dit "profondément inquiet des massacres et des actes inhumains subis par le peuple syrien". Le secrétaire général de l'OCI, Ekmeleddin Ihsanoglu, a qualifié en conférence de presse la décision de "message fort adressé par le monde musulman au régime syrien". "Ce monde ne peut plus accepter un régime qui massacre son peuple en utilisant avions, chars et artillerie lourde", a-t-il dit. "C'est aussi un message adressé à la communauté internationale, disant que le monde musulman soutient une solution pacifique (en Syrie), veut la fin de l'effusion de sang et refuse que ce problème dégénère en conflit confessionnel et déborde" sur la région, a poursuivi le chef de l'OCI.

Il a précisé ne pas avoir perçu "de soutien à une intervention militaire extérieure" lors des deux journées de réunion. La suspension de la Syrie a été recommandée par la réunion préparatoire du sommet de deux jours qui s'est tenu avec la participation d'une quarantaine de chefs d'Etat arabes, africains et asiatiques, membres de l'OCI.

L'Iran, un solide allié du régime de Damas, a été le seul à refuser ouvertement cette suspension parmi les 57 membres de l'OCI représentant un milliard et demi de musulmans à travers le monde. Avant son ouverture, le sommet apparaissait comme une scène potentielle pour l'opposition entre l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite qui tentent de préserver leur influence dans la région du Golfe.

Le roi Abdallah avait néanmoins fait un geste symbolique avant le début de la conférence en conviant le président iranien Mahmoud Ahmadinejad à s'asseoir à ses côtés pour la réception des dirigeants des 56 pays membres plus l'Autorité palestinienne. Les observateurs avaient interprété cela comme une main tendue du souverain afin de surmonter les vieilles rancunes entre les deux rivaux et pour parvenir à une solution dans le conflit syrien. Des participants au sommet avaient même fait état mercredi d'un rapprochement entre l'Arabie saoudite et l'Iran. "Il y a une atmosphère d'entente", affirmait un diplomate ayant requis l'anonymat.

Alors que l’Iran avait clairement annoncé qu'il s'opposait à la suspension de la Syrie, selon des participants, lors de la réunion préparatoire du sommet lundi, le délégué iranien "avait exprimé des réserves" sur le projet de résolution, "sans entrer dans les détails".

"Malheureusement, certains de nos frères et amis ne se comportent pas bien dans la région et au lieu d'inviter les parties en conflit au dialogue et à la compréhension, ils s'attachent à envoyer des armes dans le pays et à encourager les massacres", a néanmoins déclaré, mercredi, le président iranien, cité par l'agence de presse Mers.

Dans une deuxième déclaration appelée "Pacte de La Mecque", le sommet a également proclamé son soutien aux "peuples musulmans opprimés comme le peuple syrien". Il a souligné son appui, aux "les peuples musulmans opprimés (...) qui font face aux avions de combat et aux canons des armées régulières comme c'est le cas du peuple syrien". La déclaration insiste sur la coopération entre les Etats musulmans, sur la lutte contre les divisions entre musulmans, la promotion d'un "islam modéré", la "lutte contre le terrorisme et la pensée qui y conduit".

Elle qualifie de "crime contre l'humanité" les exactions contre les musulmans de Birmanie, et rappelle son soutien aux Palestiniens. Le "Pacte de La Mecque" se félicite également de la décision du roi Abdallah d'Arabie saoudite, hôte du sommet, de créer à Ryad un centre pour favoriser le dialogue entre musulmans sunnites et chiites.(agences)

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