Egypte : Omar Souleiman accuse les islamistes de le menacer de mort

La Rédaction | 09 Avril 2012 | 21:23

L'ancien chef des services secrets égyptiens le général-major Omar Souleiman a accusé les frères musulmans et d'autres groupes islamistes de le menacer de mort en signe de représailles après l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle. La déclaration de Omar Souleiman, publiée lundi par la presse, intervient au moment où 40 mouvements de jeunes et partis politiques refusent catégoriquement la réconciliation et la candidature des symboles de l'ancien régime qui ont participé aux "crimes odieux à l'endroit du peuple égyptien".

Ces mouvements ont appelé le peuple égyptien à "se soulever" de nouveau et à "consentir davantage de sacrifices pour le succès de la révolution", soulignant leur engagement à empêcher les symboles de l'ancien régime (Omar Souleiman, Ahmed Chafik et Amr Moussa) d'exercer leurs droits politiques. La mouvance islamique qui se compose de 11 coalitions islamistes a, pour sa part, demandé à l'Assemblée du peuple de promulguer une loi qui interdit aux membres de l'ancien système de se porter candidats aux postes politiques et au premier chef celui de la présidence de la République.

Le candidat des frères musulmans Kheirat Echater a qualifié la candidature de Souleiman de "mépris à la révolution" et qui dénote d'une inconscience de la nature du changement que vit l'Egypte après les évènements du 25 janvier, menaçant, au cours d'une conférence de presse, de descendre dans la rue dans le cas "de fraude à l'élection présidentielle ou de tentative de voler la révolution".

Le général-major Omar Souleiman a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle et a démontré qu'il conservait encore une influence politique en réunissant plus de 72.000 signatures des électeurs. A ceux qui disent que sa candidature est une tentative de ressusciter le régime de Moubarak, Souleiman rétorque que "la révolution a consacré une nouvelle réalité infranchissable et personne ne pourra rétablir un régime qui est tombé et fini, un régime contre lequel la population s'est soulevée".

Il a assuré que s'il était élu il n'interviendrait pas dans les procès des membres de l'ancien pouvoir et qu'il jugera Moubarak et certains hauts responsables pour le massacre de plus de 800 manifestants. Le jugement dans l'affaire Moubarak sera rendu le 02 juin prochain. Après avoir accusé les frères musulmans de tenter de monopoliser tous les postes y compris celui de la présidence de la République, il a précisé qu'il n'acceptera pas la présidence si le conseil constitutionnel décide de conférer au parlement des prérogatives plus larges que celles du Président, affirmant que le chef de l'Etat doit jouir de vrais pouvoirs qui lui permettent de rétablir la stabilité et de défendre la sécurité du pays.

Les déclarations de Souleiman au début des événements du 25 janvier 2011 étaient l'une des raisons majeures du ressentiment des Egyptiens à son égard. Il avait, en effet, déclaré que "les Egyptiens n'étaient pas prêts pour la démocratie".

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