L'organe de prévention et de lutte contre la corruption : une niche de carence et de médiocrité

 L'organe de prévention et de lutte contre la corruption : une niche de carence et de médiocrité
Par Djamil Mesrer | 13 Septembre 2017 | 16:15

A son deuxième mandat, l'organe national de prévention et de lutte contre la corruption, mis en place en application de la loi n°06-01 du 20 Février 2006, persiste à se confiner dans une situation de quasi inexistence. 

Totalement invisible, inaudible, inconnu du public, cet organe semble mort né tant la léthargie dans laquelle il est maintenu par son premier responsable est profonde. 

Il dispose pourtant d'un arsenal législatif et réglementaire adéquat et simple à comprendre pour concrétiser son rôle en matière de prévention et de lutte contre la corruption. Il jouit d'un siège confortable et valorisant, d'un budget de fonctionnement conséquent, de moyens modernes et d'un effectif d'une soixantaine de cadres et d'agents. 

Une de ses prérogatives claires et impératives consiste à proposer une politique globale de prévention, d'élaborer des programmes destinés à sensibiliser les citoyens sur les effets néfastes de la corruption, de recommander à toutes les institutions, organismes publics ou privés des mesures appropriées à l'effet de prévenir la corruption et d'exploiter les informations qui peuvent aider à détecter les actes de corruption.

Nommé, il y a une année, à la tête de cet organe, son président Mohamed Sebaïbi ne semble nullement pressé d'entamer la mission qui lui a été assignée.

Alors que les échos de pratiques de corruptions ne cessent de se multiplier et d'atteindre des proportions inquiétantes et outrancières, personne n'a jusque là entendu parler de la moindre action initiée par cet organe pour signaler son existence et dissuader un tant soit peu les corrupteurs et les corrompus.

Bien que la corruption soit devenue un sujet de préoccupation pour les citoyens, l'organe dont il s'agit demeure totalement replié sur lui-même et invisible des citoyens, des institutions de l'Etat, des entreprises publiques et privées, de la société dans son ensemble.

Est-il normal qu'un an après sa nomination, le président de cet organe ne propose toujours pas un programme de prévention de la corruption alors que la loi lui commande de le faire ?

Est-il normal que cet organe n'ait à ce jour entrepris aucune action médiatique de sensibilisation à grande échelle sur la corruption au niveau des médias, des acteurs étatiques, économiques, sociaux, des collectivités locales, alors que la loi lui intime de le faire ?

Les membres composant le conseil de cet organe, ses cadres supérieurs et ses agents se plaignent de l'incompétence de son président, du mauvais climat de travail résultant de ses manières désagréables et rebutantes.

Une telle situation négative affecte gravement le moral de l'ensemble de la composante humaine qui souffre du mauvais comportement du président de l'organe.

Démotivés, beaucoup de membres du personnel envisagent de démissionner parce que constamment agressés dans leur dignité.. C'est un bon nombre d'entre eux qui ont tenu à ce que soit dévoilée la situation prévalant au sein de leur institution et formé le vœu que les hautes autorités du pays remplacent ou appellent Mohamed Sebaïbi à se ressaisir et assurer une conduite responsable et opérante de l'organe que tout le monde souhaite voir jouer son rôle efficace contre le fléau de la corruption.

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