Les usines d’assemblage de véhicules n’ont même atteint 5% de taux d’intégration, révèle Ferhat Ait Ali

Les usines d’assemblage de véhicules n’ont même atteint 5% de taux d’intégration,  révèle Ferhat Ait Ali
Par Hakim Megati | 28 Mai 2020 | 14:00

Le ministre de l’Industrie et des Mines, Ferhat Ait Ali, a mis aujourd’hui jeudi le doigt sur la plaie sur ce qui a été appelé pompeusement «l’industrie automobile» en Algérie.

«Les usines actuelles d’assemblage de véhicules n’ont même pas atteint 5% de taux d’intégration malgré le fait qu’elles ont bénéficié de tous les avantages douaniers et fiscaux et sans payer les droits et taxes », a asséné, le ministre lors de ses réponses aux députés dans le cadre du débat sur le projet de loi de finances complémentaire.

Pour Ferhat Ait Ali, l’activité de ces usines s’apparente à une opération d’«importation déguisée» du fait que la facture est restée aussi salée qu’avec le régime de l’importation directe.

Précisément, le ministre a assuré qu’avec les nouvelles règles du jeu qui seront consignés dans un cahier de charge revu et corrigé, la facture de l’importation de véhicules «n’atteindra pas les deux milliards de dollars que consomment les usines d’assemblage».

Le ministre de l’industrie, a ainsi révélé que le modèle industriel basé sur l’assemblage des véhicules et des composants électroniques et électroménagers, «a fait perdre à l’Etat des milliards de dollars et à mis en difficulté des entreprises nationales à l’instar de l’ENI et l’ENIEM, et ce, sans atteindre un taux d’intégration respectable»

Pour y remédier, Ait Ali a défendu devant les députés l’option du gouvernement consistant à revenir à la formule de l’importation directe des véhicules neufs pour, appuie –t-il, «garantir l’approvisionnement du marché en attendant de mettre en place une vraie industrie nationale automobile». Mais ce projet ne se fera pas du jour au le demain dans la mesure où selon le ministre, «il faudrait pas moins de 24 mois pour installer une usine de fabrication automobile».

Dans cette perspective, il a rassuré que les cahiers des charges devant encadrer les activités de fabrication de véhicules, et des appareils électroniques et électroménagers et la sous-traitance sont fin prêts et qu’ils seront mis en vigueur aussitôt après l’adoption de la loi de fiances complémentaire.

Ces cahiers de charges permettront, d’après lui, aux opérateurs étrangers en partenariat avec les opérateurs nationaux de lancer des investissements avec leurs propres fonds et avec un taux d’intégration national dés le démarrage de leurs projets.

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