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Avec la chute du cours des hydrocarbures, solidarité nationale et urgence d’une loi de finances 2020 complémentaire

04-04-2020 22:03  Pr Abderrahmane Mebtoul

Je tiens à saluer la décision des membres du gouvernement qui contribueront à la solidarité nationale pour un mois de leur salaire, en espérant que les hauts fonctionnaires de l’Etat de différentes institutions à commencer par la présidence de la république dont le salaire dépasse les 200.000 dinars par mois reprendront cette initiative louable. C’est beaucoup plus un geste moral en ces moments difficiles, facteur de mobilisation de la population algérienne qui a toujours su montrer, une solidarité sans pareille que l’on constate à travers la mobilisation tant de simples citoyens que de différentes associations.  Mais le pays ne peut s’arrêter de fonctionner, en espérant des jours meilleur, devant d‘ores et déjà penser à préparer une loi de finances 2020 complémentaire,  avec la baisse drastique du cours des hydrocarbures où sur le  plan économique Sonatrach c’est l’Algérie et l’Algérie c’est Sonatrach  Toutes  les lois de finances en Algérie ;  notamment ses dépenses et recettes et ses réserves de change ont été    fonction des recettes de Sonatrach  qui procurent directement et indirectement avec les dérivées environ 98% des  devises et dont les prix du pétrole/ gaz échappent totalement à l’Algérie, étant déterminés par des facteurs exogènes tant économiques que géostratégiques. Le redressement du cours dépendra  avant tout , du retour à la  croissance de l’économie mondiale qui détermine la demande  (  l’OPEP, représentant environ  35% de la production commercialisée mondiale), etdes actions  des trois plus grands producteurs , l’Arabie Saoudite ( plus de 33% au sein de l’OPEP)  et deux pays hors OPEP, la Russie et les Etats Unis d’Amérique plus de 11 millions de barils/j chacun dont pour les USDA, les gisements marginaux de pétrole -gaz de schiste américain, qui ont réduit leurs couts  de plus de 50% ne sont plus rentables , pour un cours inférieur à 35/50 dollars le baril ,selon les gisements. Cela été démontré clairement après le discours du président américain le 02 avril 2020, et du président russe le 04 avril 2020 où les cours ont remonté de 7/8 dollars, demandant une baisse de la production d’environ 10 millions de barils jour. Est-ce que cela sera suffisant si la crise mondiale persiste , le déterminant fondamental  étant le retour à la croissance et pour 2020, il ne faut pas  s’attendre  à des miracles,  et quels pays supporteront  le plus cette baisse ? 

1.- La loi de finances 2020 élaborée en décembre 2019  avant  crise  économique qui a vu le cours des hydrocarbures  (pétrole et gaz )   divisé par deux doit être repensée tant pour limiter la baisse des   réserves de change que limiter le déficit budgétaire et l’Algérie devra en tirer les leçons pour ne pas dépendre éternellement d’une rente éphémère. Cependant , il   est important de signaler qu’une loi de finances ne fait que retracer les dépenses et les recettes annuelles de l’État, ne pouvant remplacer la planification stratégique qui fait cruellement défaut : que sera l’Algérie horizon 2020/2030 tenant compte tant des mutations internes que mondiale toujours en perpétuel mouvement n’existant pas de situation statique,  devant s’insérer, en dynamique, dans le cadre macro-économique et social. Le cadrage macro-économique de la loi  de finances 2020 a été établi sur la base  d’un  baril de pétrole à 50 dollars et un prix de marché à 60 dollars, un taux de change de 123 DA/dollar, un  taux d’inflation de 4,08 %  et  un  taux de croissance de 1,8% (contre 2,6% dans les prévisions de 2019). Sur le plan budgétaire, la loi de finances 2020 prévoyait  des recettes de 6.289,7 milliards de dinars, en baisse de 3,3% par rapport à celles de 2019, dont 2.200,3 milliards de dinars de fiscalité pétrolière. La fiscalité pétrolière budgétisée donc avant la crise actuelle devait s’élever à 2.200,3 Mds de DA (contre 2.714 mds DA en 2019)  et les  recettes fiscales augmentant de 8,6%, passant à 3.029,9 Mds de DA (contre 2790,5 Mds de DA en 2019), grâce à l'élargissement de l'assiette fiscale, à l'amélioration du recouvrement et à la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales. Quant aux dépenses budgétaires, elles étaient prévues à 7773,1 Mds de DA (contre 8557,2 Mds de DA en 2019, en en baisse de 8,6%) ventilées ainsi : les dépenses de fonctionnement s’établissent à 4893,4 Mds de DA (-1,2% par rapport à 2019)  et les  dépenses d’équipement baissent de 20,1% en termes de crédits de paiement et de 39,7% en termes d’autorisation de programme. Les crédits de paiement se situent à 2879,7 Mds de DA (contre 3602,7 Mds de DA en 2019),  se répartissant en  2080,2 Mds de DA, pour le financement des programmes d’investissement (72,2%) et  799,5 Mds de DA pour les opérations en capital (27,8%). La loi de finances 2020 avait prévu   une dotation nouvelle de 569,88 Mds de DA, dont 290,19 Mds de DA au titre du programme neuf et 279,69 Mds de DA dans le cadre de réévaluation du programme en cours de réalisation. Comme résultante, il était prévu   un déficit budgétaire de 1533,4 Mds de DA, soit -7,2% par rapport au PIB (contre -1438,1 Mds de DA, soit -6,9% du PIB en 2019) et  le  déficit du trésor devait se situer à 2435,6 Mds de DA, représentant -11,4% du PIB contre (contre -11,5% du PIB en 2019).  D’une manière générale, il était prévu que le  budget de fonctionnement de l'année 2020 devait assurer   33.179 postes budgétaires dont 16.117 nouveaux postes pour garantir la gestion de 1.353 établissements en cours de réception au profit de plusieurs secteurs et  la masse salariale  devait  dépasser les 2.900 milliards de DA  pour un nombre de postes budgétaires dépassant 2.279.555 postes, continuant d’assurer les  transferts sociaux prévus  à 1.798,3 milliards de DA  soit 8,4 % du Produit intérieur brut (PIB). Quant aux principales dispositions législatives il s'agit de mesures incitatives fiscales au profit des start-up, et de la création de 4 types de zones industrielles à travers le pays en vue d'abriter ces start-up et créer un fond pour les soutenir. Dans l'objectif d'améliorer le climat des investissements, le texte de loi stipule l'abrogation de la règle 51/49% pour les secteurs non stratégiques, le recours "en cas de besoin et de manière sélective" au financement extérieur auprès des institutions financières internationales pour le financement des projets économiques structurels et fructueux, outre le renforcement des taxes sur la fortune et les biens. Selon le même texte, les citoyens peuvent désormais importer des véhicules touristiques d'occasion de moins de trois ans avec moteurs à essence ou diesel dans le respect des normes environnementales, en comptant sur leurs propres moyens financiers. En matière de protection de l'environnement, la loi de Finances exige une taxe sur l'environnement appliquée dès la souscription des contrats d'assurances avec un montant de 1.500 Da pour les véhicules touristiques et 3.000 Da pour les autres types de véhicules, la réorganisation du système fiscal imposé sur les appareils électriques à haute consommation et l'augmentation des montants des taxes sur l'environnement en fonction du principe "pollueur-payant". Quant au renforcement de la solidarité nationale, il a été proposé l'augmentation, de 1% à 2%, de la contribution solidaire appliquée sur les importations au profit de la Caisse nationale des retraites (CNR). Grace donc au recul de la valeur des importations prévu qui avait conduit à la paralysie de l’appareil de production peu  concurrentiel et extériorisé via ses inputs,  par rapport à 2019, à raison de 12% pour les biens et 16% pour les services. Le déficit de la balance des paiements devrait atteindre 8,5 milliards de dollars en 2020 contre 16,6 milliards de dollars en 2019, soit une baisse de 8,1 milliards de dollars. .Qu’en sera t-il de limiter les importations  à 31 milliards de dollars prévus  en conseil des  ministres  de mars 2020 devant réaliser un ciblage pour ne pas pénaliser l’appareil productif et  préserver le pouvoir d’achat de la population.

2.- La loi de finances 2020 écarte le recours, comme récemment le Président de  la République  au financement non conventionnel qui aura un impact inflationniste certain à terme, du fait que l’Algérie n’a pas une économie productive diversifiée, où ont été injectés 45 milliards de dollars (25% du PIB estimé en 2018 à 180 milliards de dollars) sur un total prévu de 55 milliards de dollarsNous avons set scénarios dontcertains difficilement réalisables, les marges d’actions étant étroites,   afin de ne pas  recourir  au financement non conventionnel et donc  d ‘éviter la dérive inflationniste à la vénézuélienne qui risque de pousser à l’implosion sociale:

2.1- un retour des prix à la hausse du cours du pétrole et du gaz , la loi de finances 2020 fonctionnant  sur la  base   un cours supérieur à 95 dollars le baril;  En, outre le respect du quota de l’OPEP par l’Algérie  les prévisions internationales pour 2020, scénario optimiste,  donnent un  cours  entre 30/ 40 dollars moyenne  annuelle et environ  50 dollars en 2021 dollars, si l’épidémie est maitrisée avant fin 2020

2.2.- l’augmentation de la production hydrocarbures pour augmenter la fiscalité pétrolière en baisse, posant problème avec le déclin de la production physique depuis 2008, et supposant  un nouveau modèle de consommation énergétique , la consommation intérieure  horizon  2030 risquant de dépasser le volume actuel d’exportation;  

2.3.- l’endettement extérieur ciblé pour les segments à valeur ajoutée tout en assouplissant la règle des 49/51% mais devant distinguer les segments stratégiques des segments non stratégiques historiquement datés ; 

2. 4.- l’augmentation de la fiscalité ordinaire, mais risquant d’amplifier la sphère informelle, qui en période de e crise s’amplifie ( c’est une loi historique)  qui contrôle selon les dernières données de la banque d’Algérie, environ de 33% de la masse monétaire en circulation, 35/40% de la population occupée servant de tampon social, et plus de 50% des activités hors hydrocarbures, amplifiée par la crise politique actuelle ;  

2.5.- la lutte contre la corruption et les surfacturations permettant de diminuer la facture des importations de biens et services, diminution qui doit être ciblée afin de ne pas pénaliser l’appareil productif et les besoins essentiels de la population ;  

2.6.-puiser dans les réserves de change pour relancer de l’appareil productif mais dont l’effet n’est pas immédiat , sous réserve d’une autre politique économique fondée sur des réformes transparentes autour des deux piliers, bonne gouvernance et valorisation du savoir;  

2.7.- le dérapage du dinar que prévoit la loi de finances 2020 , comme un des levier pour ne recourir au financement non conventionnel avec un taux de change de 123 dinars pour un dollar pour 2020, 128 DA/dollar pour 2021 et 133 DA/dollar pour 2022. Cela signifie accroire artificiellement la fiscalité pétrolière calculée en dollars et les taxes pour les importations d’équipements , de biens intermédiaires aux entreprises et de biens finaux destinés à la consommation  fonction du cours euro/dollar, accélérant le processus inflationniste, la taxe à la douane s’appliquant à un dinar dévalué, qui jouera comme un impôt indirect.

3.-Reprenant  quelques actions qui recoupent celles analysées,  précédemment ,nous avons 11 scénarios pour atténuer la baisse des réserves de change et e déficit budgétaire devant différencier la partie devises de la partie dinar, comme je l’ai mis en relief  dans une contribution  , dans le site international Afriocapresse Paris  (29/03/2020)   et  dans un long débat avec  la radio  arabophone chaine une  le 01 avril 2020.  Pour atténuer la chute des réserves de change existent quatre solutionsLa première solution est de recourir à l’emprunt extérieur même ciblé. Dans la conjoncture actuelle où la majorité des pays et des banques souffrent de crise de liquidité c’est presque une impossibilité sauf auprès de certaines banques privées mais à des taux d’intérêts excessifs et supposant des garanties. La deuxième solution, est d’attirer l’investissement direct étranger : nous sommes dans le même scénario d’autant plus que selon la majorité des rapports internationaux de 2019, l’économie algérienne dans l’indice des libertés économiques est classée ver les derniers pays (bureaucratie, système financier sclérosé, corruption), la seule garantie de l’Etat sont les réserves de change (moins de 60 milliards de dollars en mars 2020).  La troisième solution, est de rapatrier les fuites de capitaux à l’étranger. Il faut être réaliste devant distinguer les capitaux investis en biens réels visibles des capitaux dans des paradis fiscaux, mis dans des prêtes noms, souvent de nationalités étrangères   ou investis dans des obligations anonymes. Pour ce dernier cas c’est presque une impossibilité. Pour le premier cas cela demandera des procédures judicaires longues de plusieurs années sous réserve de la collaboration étroite des pays concernés.  La quatrième solution, est de limiter les importations et lutter contre les surfacturations. Mais existent des limites, quitte à paralyser tout l’appareil de production avec des incidences sociales (accroissement du taux de chômage) , plus de 85% des entreprises publiques et privées dont la  majorité n’ont pas  de balances devises positives, non concurrentielles sur le marché international,  important leurs équipements et leurs matières premières de l’étranger. La décision en conseil des Ministres en date du 22 mars 2020 de limiter les importations   à 31 milliards de dollars, soit des économies de 10 milliards de dollars,  de suspendre des contrats avec les bureaux d’études étrangers, permettant d’économiser environ 7 milliards de dollars ne peut  être effective à moyen  terme   que si d’une part, l’Algérie possède de véritables bureaux d’études  de projets complexes en engireening  (presque inexistants) existant des compétences individuelels,  et d’autre part  avoir un système d’information performent en temps réel  qui s’est totalement effrité, afin de cibler  la nomenclature des importations ( des dizaines de milliers  de produits) , en  s’en tenant aux   grandes masses pour des montants dépassant les 50/100 millions de dollars. Car,  80% d’actions mal ciblées  ont un effet sur cette baisse de 20%, mais 20% d’actions biens ciblées ont un impact sur 80%  ce qui implique  un  tableau de la valeur au niveau des douanes reliées aux réseaux nationaux et internationaux,  pour déterminer les normes ,cout/ prix par  zone selon  la  qualité, afin de  détecter les surfacturations,  tenant compte pour certains produits des fluctuations boursières.  Pour la partie   dinar qui est une monnaie non convertible existent  sept  solutions pour atténuer le déficit budgétaire.  La première solution est la saisie des biens de tous les responsables incriminés par la justice supposant un verdict final pour respecter l’Etat de Droit par la vente aux enchères. La seconde solution, est d’intégrer la sphère informelle qui draine environ 40/45% de la masse monétaire en circulation. Cela est la partie dinars. Or les expériences historiques, notamment en période de guerre, montrent qu’en période de crise, il y a extension de cette sphère. L’ensemble des mesures  bureaucratiques  autoritaires de tous les gouvernements depuis l’indépendance politique ont abouti à un échec  Car  lorsqu’un Etat émet des règles qui ne correspondent pas à l’Etat de la société, celle-ci enfante ses propres règles qui lui permettent de fonctionner existant un contrat moral beaucoup plus solide que celui de l’Etat, entre l’acheteur et le vendeur ( voir étude sous la direction du Pr Abderrahmane Mebtoul  Institut Français des Relations Internationales  IFRI Paris novembre 2013 – les enjeux géostratégiques de la sphère informelle au Maghreb  et la revue Stratégie- décembre 2019  IMDEP Ministère de la Défense Nationale « sécurité nationale et  mécanismes de l’intégration,  la sphère informelle en Algérie»). La troisième solution, est le recours à la planche à billets sous le nom de financement non conventionnel. Dans une économie totalement extériorisée où l’économie algérienne  repose essentiellement sur la  rente, la politique keynésienne de relance de la demande par injection monétaire afin de dynamiser l’appareil productif ( offre et demande)  produit des effets pervers à l’image de la dérive vénézuélienne  avec  une inflation qui a dépassé les 1000% pénalisant les couches les plus défavorisées.  La quatrième solution, est la dévaluation rampante du dinar afin de combler artificiellement le déficit budgétaire : on augmente en dinars la fiscalité pétrolière et la fiscalité ordinaire où les taxes à l’importation s’appliquent à un dinar dévalué entrainant tune augmentation des prix tant des équipements que des matières premières dont le cout final est supporté par le consommateur.. La cinquième solution ultime, est la vente des bijoux de famille par la privatisation soit totale ou partielle supposant des acheteurs crédibles , devant éviter le passage d’un monopole  public à un monopole privé beaucoup plus néfaste, un  consensus social , le processus étant éminemment politique  et dans ce cas, les ventes pouvant se faire en dinars ou en devises. La sixième solution est l’augmentation de la fiscalité ordinaire à travers le recouvrement des arriérés d’impôts. Mais attention à cette mesure qui dit être correctement penser car si l’on s’attaque aux activités visible de la sphère réelle, déjà en difficultés par cette crise, le risque est l’extension de al sphère informelle selon l’adage l’impôt peut tuer l’impôt. Mais existent d’autres niches fiscales notamment par une réorganisation audacieuse du système fiscal et du système domanial (plus de 50% des habitations n’ont pas de titres de propriété) structures en léthargie depuis des décennies. La septième solution, est un emprunt de solidarité nationale, préconisé par un ex ministre des finances, qui a échoué par le passé dans cette opération. Dans cette conjoncture particulière de lutte contre la corruption qui dépasse l’entendement humain, qui a provoqué une névrose collective ,  le sacrifice n’étant donc pas partagé , visant d’anciens hauts responsables qui demandaient à la population de se serrer la ceinture, où souvent  ce sont  les banques publiques qui ont acheté les bons,  et à la lumière des échecs du  passés, cela aura peu d’impacts.

C’est que les  prévisions  de la loi de finances  2020  qui fonctionnent en réalité selon le FMI sur la base d’un cours  de 95/100 dollars ( 50/60 dollars étant des artifices comptables) ainsi  que des prévisions de recettes de Sonatrach de  35 milliards de dollars  pour 2020 ainsi que d’un montant des réserves de change  de 51,6 milliards de dolalrs fin 2020 seront difficiles à atteindre  avec la crise actuelle qui a vu le cours de pétrole et du gaz s’effondrer de plus de 50%.. Gouverner c’est prévoir, nous pouvons élaborer plusieurs scénarios, posant la problématique à la fois d’une nouvelle politique des subventions, d’une vision stratégique de la transition énergétique et surtout revoir à travers de profondes réformes structurelles, toute la politique économique du pays.

-A  66 dollars en moyenne annuelle pour 2019, les recettes de Sonatrach  ont été  en moyenne de 34 milliards de dollars.  Sous réserve d’une production hydrocarbures en volume physique identique à celle de 2019, ce qui n’est pas évident puisque le principal marché est l’Europe en crise,  nous aurons les résultats suivants pour le chiffre d’affaire ( recettes de Sonatrach) et pour le profit net , nous avons pris l’hypothèse de  retirer 25% tenant compte des   charges du compte d’exploitation  et des profits des associés.

-A 60 dollars le baril de pétrole, les recettes de Sonatrach seront en moyenne d’environ 31 milliards de dollars, les dérivées atténuant le choc  et le profit net d’environ  24 milliards.

 - A 50 dollars le baril, le chiffre, d’’affaires serait d’environ 25,7 milliards de dollars et le profit net se situerait autour de 19,3 milliards de dollars qui est le seuil critique pour les gisements marginaux.

– A 40 dollars le chiffre d’affaire, serait de 20,6 milliards de dollars et le profit net de Sonatrach se situerait autour de 15,5 milliards de dollars, 30/40/% des gisements marginaux n’étant plus rentables.

A 30 dollars le chiffre d’affaire, serait  de 15,5  milliards de dollars et  le profit net de Sonatrach se situerait autour de 11,5 milliards de dollars, 70% des gisements ne seront plus rentables.

-A 25 dollars le chiffre d’affaire, de Sonatrach serait de près de 12,9 milliards de dollars et le profit net 9,6 milliards de dollars devant fermer 80% des puits.

– A 20 dollars le chiffre d’affaire, serait de 10 milliards de dollars et le profit net de Sonatrach se situerait autour de 7,5 milliards de dollars, devant fermer la majorité des puits et  pour   1,5-2 dollars le MBTU, les canalisation  de gaz naturel.

C’est que les mesures conjoncturelles dans le désarroi, sans vision stratégique, si elles donnent l’impression de résoudre la crise l’amplifient à terme. Dans ce cadre, il  est utile de rappeler, l’histoire étant le fondement de la connaissance, que bon nombre de pays développés ayant un niveau d’endettement public élevé par rapport au PIB et réserves de change presque nul ont une économie productive. L’expérience de l’ex Roumanie communiste avait une dette extérieure zéro mais une économie en ruine et l’expérience récente vénézuélienne premier réservoir mondial de pétrole avant l’Arabie Saoudite, en misant uniquement sur la rente, jouant sur les mécanismes monétaires ( planche à billets) , a conduit le pays à une hyperinflation et à la semi faillite.  Dans la présentation de la de finances 2019, l’ex Ministre chargé du secteur avait annoncé fin 2020 un niveau de réserves de change de 51,6 milliards de dollars. Les recettes se sont  basées sur une augmentation des revenus des exportations des hydrocarbures en 2020 de 2% par rapport à 2019 pour loi atteindre 35,2 milliards de dollars, contre 34,5 milliards de dollars en 2019,  en raison d’une augmentation de 2,06 % des quantités des hydrocarbures devant être exportées. Le niveau des réserves de change a été calculé avec l'hypothèse d'un accroissement des recettes de Sonatrach  et d’un  niveau des importations de biens, de 38,6 milliards de dollars en 2020, en omettant les services, souvent oubliés entre  911 milliards de dollars par  an entre 2010/2019.. Comment dès sans verser dans le nihilisme de l’action de l’actuel gouvernement, la crise actuelle inattendue touchant tous les  pays sans exception, ( la priorité étant la vie humaine qui n’ a pas de prix),  il s ‘agit pourtant d’expliquer clairement les impacts économiques et sociaux  de la  baisse sensible des importations de biens et services, et comment combler l’écart entre la demande et l’offre globale. Une explication s’impose sachant que le taux d’intégration tant des entreprises publiques que privées ne dépasse pas 15% en moyenne, une restriction draconiennes risquant d’étouffer comme au Venezuela, le peu d‘unités productives existantes dont les restrictions de crédit actuellement ont eu de ministres doivent cesser leurs déclarations euphoriques qui provoquent une névrose pour effet la fermeture ou la sous utilisation des capacités de milliers d’unités. Bon nombre collective au niveau des citoyens, étant conscients de la gravité de la situation, d’où l’urgence d’un langage de la vérité, rien que la  vérité sur la situation économique du pays car pour la situation sanitaire, il faut le reconnaitre  les responsables  font de leur mieux. Car, comment avec une  entrée en devises de plus de  1000 milliards de dollars  ( sans compter les dépenses  en dinars) entre 2000/2019 dont pour Sonatrach avec ses dérivées 98%  et une sorties de devises concernant les biens et les services (entre 9/11 milliards de dollars/an entre 2010/2019) , ayant dépassé 935 milliards de dollars  n’ont permis qu’un taux de croissance, moyenne annuelle, entre 2,5 et 3% montrant un divorce entre la dépense et les impacts économiques et sociaux : mauvaise gestion ou corruption ou les deux à la fois.   L’Algérie a besoin d ‘une vision stratégique qui fait cruellement défaut où selon les rapports internationaux, le pays risque de connaitre une profonde crise économique avec des répercussions sociales, voire politiques, si elle continue dans l’actuelle trajectoire. Comme en témoigne le taux de croissance lié au climat des affaires où l’Algérie selon le dernier rapport de la banque mondiale 2019 est classée 157ème sur 190 pays, renvoyant à la mauvaise gouvernance, bureaucratie, corruption, système financier et système socio-éducatif non adapté , étant classée parmi les derniers pour l’innovation. Comment dès lors créer entre 350.000/400.000 empois par an qui s’ajoutent au taux de chômage actuel nécessitant un taux de croissance de 8/9% par an sur 5/10 ans pour éviter de vives tensions sociales ? Cela a un impact négatif sur le taux de chômage avec une population de 44 millions d’habitants au 01 janvier 2020, une population active d’environ 12,5 millions où selon le FMI ,en raison du ralentissement du taux de croissance, dominée par l’impact de la dépense publique via la rente Sonatrach, avant la crise, prévoyait  12% de taux de chômage  en 2020  et  13,5% en 2021, ce taux ne tenant pas compte des emplois rente, faire et refaire les trottoirs . Et l’on devra prendre en compte  que d’ici dix ans en attendant la réforme du  système des retraites qui sera le grand défi des années à venir ;  le vieillissement de la population, où la  moyenne d’âge des deux sexes selon le rapport de l’ONU, 2018, est à  environ 78 ans de durée de vie. . C’est la gouvernance actuelle  pose problème n’ayant pas  de vison stratégique  des réformes à mener n’étant ni  dans une  économie étatisée, ni une véritable économie de marché concurrentielle avec le rôle de l’Etat régulateur , étant toujours dans cette interminable transition depuis des décennies, produit de rapports de forces politiques et sociaux qui se neutralisent. Cela rend difficile une véritable régulation centrale et locale comme facteur d’adaptation aux nouvelles mutations mondiales, fondée sur le savoir, les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle, vivant encore de l’utopie de l’ère matérielle des années 1970/1980, du fait du blocage culturel. La crise actuelle de 2020 a donc montré toute la vulnérabilité des économies rentières,  où  face à l’impact de l’épidémie du coronavirus, comparable à une guerre planétaire, et devant la gérer en tant que telle, o l’économie mondiale connait, trois chocs, un choc de l’offre avec la récession de l’économie mondiale, un choc de la demande.

4.-En résumé, face à, une crise sans précédent  touchant toute la planète , le monde ne sera plus jamais comme avant , la crise de 2020 préfigurant , non pas la fin de la mondialisation, mais  une nouvelle architecture  des relations entre l’Etat régulateur et le Marché  encadré pour certains services collectifs (santé, éducation),  et  d’importants  impacts sur les  relations  politiques et économiques internationales. Pour l’Algérie s’impose la solidarité nationale la revalorisation des compétences,  ce savoir  dans tous les domaines, souvent oublié, ayant  pour la majorité des nominations,  favorisé les relations de clientèles – acte de soumission alors qu’en période de crise s’impose une autonomie relative dans les actes de décisions - et surtout une moralité sans faille des dirigeants. Ce n’est qu’une première épreuve, l’Algérie étant  indissociable de l’évolution du monde. Le  XXIème siècle sera confronté à  de  profonds bouleversements et à relever de nombreux défis. Au XXIème siècle, le monde dont l’Algérie,   devra maitriser quatre  guerres, imposant une nouvelle gouvernance locale et mondiale, liées à la pression démographique avec  d’importants flux migratoires  (l’Afrique le  quart de la population mondiale horizon 2040/2050  avec 2,4 milliards sur 9,7 , l’ONU prévoyant une sécheresse sans pareil au niveau de l’Afrique du Nord  et du Sahel horizon 2025)   ), la guerre de l’eau liée à la  guerre alimentaire,  la guerre biologique, la guerre numérique  et la guerre écologique, avec d’importants flux migratoires due au réchauffement climatique (sécheresse, inondation, vents violents, cyclones)   avec des recompositions territoriales, ces quatre guerres, ayant des incidences sanitaires, économiques et sécuritaires. L’on devra penser  l’inévitable transition énergétique mondiale,  éviter des calculs micro-économique étroits de l’entreprise appliqués sans tenir compte du contexte social,  aux services collectifs  et donc  réhabiliter la fonction de bien-être collectif.. Les mesures conjoncturelles énoncées précédemment, certes ont un impact sur le niveau des réserves de change, mais devraient ralentir la croissance qui est tirée essentiellement par la dépense publique via la rente des hydrocarbures en baisse. L’Algérie dont la production ne dépasse pas un million de barils jour en 2020, étant très marginale au sein de l’OPEP,  doit donc se préparer à de nombreux défis en ces moments difficiles avec les tensions internes inévitables sur les réserves de change (moins de 60 milliards de dollars fin mars 2020)  et budgétaires entre 2020/2022.  Les différentes composantes de notre société  doivent transcender leurs différends, à vaincre la haine et les peurs qui les habitent et à trouver de nouvelles raisons de vivre harmonieusement ensemble et de construire, toujours ensemble, le destin exceptionnel que nos  glorieux aînés de la génération du 1er Novembre 1954 ont voulu pour eux. 

 05 avril 2020 ademmebtoul@gmail.com

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