Proposition du roi Mohamed VI : l’ONU applaudit, Rabat jubile, Alger attend

 Proposition du roi Mohamed VI :  l’ONU applaudit, Rabat jubile, Alger attend
Par Amel Benabi | 08 Novembre 2018 | 12:51

L’appel lancé par le souverain marocain Mohamed VI à l’Etat algérien de créer un «mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation» pour régler les différents bilatéraux, semble se vendre à l’international.

Le secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres n’a manqué l’occasion pour encourager les deux parties à aller de l’avant pour mettre à plat leurs litiges.«Le secrétaire général a toujours soutenu l’intensification du dialogue entre l’Algérie et le Maroc», a en effet indiqué Stephan Dujarric, le porte-parole des Nations Unis lors de son traditionnel briefing quotidien.

Il a ajouté également que M. Antonio Guterres s’est félicité de la reprise des pourparlers«entre les parties et les voisins lors de la réunion de Genève prévue les 5 et 6 décembre», poursuit Stephan Dujarric. Et de souhaiter que ce premier round soit «le début d’un processus devant mener à une solution à un conflit qui n’a que trop duré».

Les médias marocains se sont largement fait l’écho de la proposition royale d’ouvrir une nouvelle page avec l’Algérie et s’impatientent de connaitre la réponse de l’autre côté de la frontière Est du royaume.

Mais en attendant, le ministre délégué chargé de la Coopération africaine, du Maroc, Mohcine Jazouli se frotte déjà les mains en pensant que la réaction de l’Algérie ne pourrait être que favorable.

«Je suis profondément convaincu que l’initiative trouvera un écho. On ne peut pas ne pas être sensible aux propositions qui ont été faites par Sa Majesté. Aujourd’hui, notre main est clairement tendue, l’ouverture est totale et la bienveillance de la part du Maroc est réelle. Naturellement, nos amis algériens ne pourront que réagir favorablement», a-t-il déclaré dans un entretien à un média marocain.

Voix off à Alger.

Ce ministre donne un peu plus de détails sur ce cadre de «débat franc» annoncé par M6. «Il s’agit d’un mécanisme ouvert et non pas de quelque chose imposée avec une posture binaire. Aujourd’hui, ce mécanisme a un caractère très opérationnel puisqu’il ne s’agit pas d’une simple déclaration d’intention. Il s’agit réellement de proposer quelque chose qui fonctionne.

Flairant sans doute les réserves algériennes sur les dossiers qui seront mis sur la table, Mohcine Jazouli précise que l’objectif du dit mécanisme est d’abord est de «dissiper tous les malentendus entre nos deux Etats sans aucun tabou».

«Il s’agit aussi de renforcer et de relancer la coopération bilatérale et économique et rattraper le temps et les opportunités perdus entre les deux pays. Il s’agit aussi de mettre en place une concertation sur les questions globales, comme la migration ou la lutte antiterrorisme», souligne le ministre du marocain. Quant au fonctionnement opérationnel de ce mécanisme, Mohcine Jazouli estime qu’il doit être «complètement flexible». Pour ce faire,  le Maroc et l’Algérie définiront selon lui, «les modalités : Qui, où, quoi, comment et quand, d’un commun accord».

C’est qu’au royaume de Mohamed VI l’optimisme est à son paroxysme quant à l’aboutissement d’une telle démarche. Il faut pourtant se garder de tirer des plans sur la comète. A Alger, il n' y a aucune réaction via les canaux officieux. Sans doute que le ministère des Affaires étrangères va essayer de transmettre le message «en off» à travers les médias et ne pas répondre directement dès lors que le roi n’a pas fait non plus une offre officielle.

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