Plaintes contre le patron du contre-espionnage marocain

Plaintes contre le patron du contre-espionnage marocain
Par Rafik Benasseur | 22 Février 2014 | 13:57

Le makhzen et ses pratiques inavouables se retrouve une nouvelle fois face aux risques de devoir répondre des "bas" faits d'armes de l'un des ses bras armés. Abdellatif Hammouchi (sur la photo), patron de la Direction générale marocaine de la surveillance du territoire (DGST) risque d'avoir de sérieux ennuis avec la justice française.

A moins d'une (heureuse) intervention du Quai d'Orsay, comme d'habitude, le chef du contre espionnage de sa majesté devrait être amené à s'expliquer devant le juge sur les accusations de torture proférées contre lui par des victimes marocaines.

En effet, la plainte déposée jeudi par l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) demande aux autorités françaises de profiter de la présence en France d'Abdellatif Hammouchi pour "l'auditionner" dans le cadre de plaintes déposées à Paris relatives à des faits présumés de torture au sein du centre de détention marocain de Temara, qui dépendrait de la Direction générale marocaine de la surveillance du territoire (DGST).

En effet, M. Hammouchi accompagnait jeudi le ministre marocain de l'Intérieur Mohamed Hassad pour un G4 formé avec ses homologues français, espagnol et portugais. L'une des plaintes, déposée avec constitution de partie civile par Adil Lamtalsi, un Franco-Marocain de 33 ans, a donné lieu à l'ouverture fin 2013 d'une information judiciaire à Paris, selon une source proche du dossier.

Plaintes pour tortures

M. Lamtalsi affirme avoir été arrêté en octobre 2008 près de Tanger, puis torturé pendant trois jours à Temara avant qu'on ne l'oblige selon lui à signer des aveux. Il a nié devant le tribunal marocain les faits qui lui étaient reprochés mais a été condamné selon l'Acat en novembre 2008 à 10 ans de prison pour détention et trafic de cannabis. Il a par la suite été transféré en France pour y purger sa peine.

M. Hammouchi est visé dans cette plainte pour complicité de torture. C'est également le cas dans une autre plainte déposée jeudi au parquet par le militant sahraoui de 44 ans, Ennaâma Asfari, époux de l'activiste française Claude Mangin. L'une des plaintes, déposée avec constitution de partie civile par Adil Lamtalsi, un Franco-Marocain de 33 ans, a donné lieu à l'ouverture fin 2013 d'une information judiciaire à Paris, selon une source proche du dossier.

M. Lamtalsi affirme avoir été arrêté en octobre 2008 près de Tanger, puis torturé pendant trois jours à Temara avant qu'on ne l'oblige selon lui à signer des aveux. Il a nié devant le tribunal marocain les faits qui lui étaient reprochés mais a été condamné selon l'Acat en novembre 2008 à 10 ans de prison pour détention et trafic de cannabis. Il a par la suite été transféré en France pour y purger sa peine.

Face à ce risque de voir le chef de la DGST auditionné en France, l'ambassade du Maroc en France a dénoncé aujourd'hui samedi la démarche de l'ONG française estimant la procédure "infondée et contrevenant aux conventions entre les deux pays".

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