Ouyahia parle de l'indélicatesse de Valls, reproche à Rebrab de politiser l'affaire et qualifie M'henni de mercenaire

Ouyahia parle de l'indélicatesse de Valls, reproche à Rebrab de politiser l'affaire et qualifie M'henni de mercenaire
Par Abbès Zineb | 09 Mai 2016 | 13:54

Ahmed Ouyahia est revenu, lundi dans sa conférence de presse sur le fameux tweet du premier ministre français, Manuel Valls, pour dire  qu’il constitue « une grave indélicatesse » en contradiction avec les usages protocolaires.

Au sujet du président Bouteflika, Ahmed Ouyahia confesse qu’il est malade. « Tous les algériens savant qu’il est malade, mais sa maladie ne l’empêche pas de prendre les décisions, de diriger le pays », dit-il en disant qu’il n’y aura « pas d’élection présidentielle anticipée ».

Ahmed Ouyahia reviendra également sur l’affaire de l’achat du groupe El Khabar par le groupe agro-industriel Cevital de Issad Rebrab, pour reprocher à son patron de « politiser l’affaire ». C’est, dit-il à ce propos « lui qui a politisé l'affaire" par ses propos appelant au "départ du régime, ce que je ne peux applaudir".

"La presse doit rester la presse et l'homme d'affaire, un homme d'affaire", a estimé M. Ouyahia précisant que "le phénomène des empires médiatiques et le monopole des médias suscitent les appréhensions dans de nombreux pays et pas seulement en Algérie".

Pour Ouyahia, « il faut laisser la justice faire son travail en toute sérénité ». En revanche, le patron du RND salue « l’homme d’affaire » Issad Rebrab et « tous les capitaines d’industrie ».

Le chef du RND n’a pas raté l’occasion de cette conférence de presse pour tirer à boulets rouges sur le leader du MAK Ferhat Mehenni qu’il qualifie de « mercenaire » « à la solde de l’étranger ».

"Ferhat Mehenni, fils de chahid, malheureusement, s'est retrouvé à son âge mercenaire à la solde d'intérêts étrangers" a-t-il déploré."Il existe incontestablement aujourd'hui des forces étrangères qui ont des comptes à régler avec l'Algérie et il existe aussi des Algériens qui ont pris position contre leur pays et j'entends par là le MAK de Ferhat Mehenni", a-t-il ajouté.

M. Ouyahia a indiqué avoir évoqué ce sujet il y a 5 mois, mais qu'il a été violemment critiqué, rappelant que le site électronique du MAK, "Siwel" parle d'autonomie depuis une année. La région de la Kabylie "est une partie indivisible du territoire national", nonobstant l'appartenance politique ou les divergences d'opinions, a soutenu M. Ouyahia, appelant à une adhésion totale, majorité comme opposition, "pour défendre l'unité nationale et constituer un rempart autour de l'Algérie face à toute attaque venant de l'étranger."

Ouyahia défend les choix de la politique extérieure

La politique extérieure de l’Algérie figue au nombre des questions posées à Ahmed Ouyahia. Enfant de la « boite », il ne pouvait qu’adhérer à la politique du ministère des Affaires étrangères qui est selon lui une "politique de principes" et "très souveraine" dans ses choix. Partisan d’une diplomatie discrète et non « la diplomatie spectaculaire", Ouyahia a fait valoir le rôle de l'Algérie dans le règlement de plusieurs conflits et situations de crise, dans le monde, citant en exemple, les efforts déployés par la diplomatie algérienne pour le règlement des crises libyenne et malienne.

Partant du fait que la diplomatie est terrain de consensus national, il n’a pas manqué de d’écorcher certains partis d’opposition qui ont critiqué l'approche de la diplomatie algérienne dans le traitement de certaines questions régionales, notamment sur le dossier sahraoui et syrien. S'agissant des divergences entre l'Algérie et des pays du Golfe sur certaines questions régionales, notamment la situation en Syrie, il a fait remarquer que "cela n'est pas nouveau", relevant également que la visite à Damas du ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel, "n'a pas été critiquée par l'opposition syrienne".

Les partis d’opposition, notamment les islamistes ont exprimé leur irritation devant la visite du ministre des affaires étrangères syrien en Algérie, puis la récente visite de Abdelkader Messahel en Syrie, considérant que c’est un parti pris de l’Algérie en faveur du régime d’El Assad. Il a également indiqué que le soutien des monarchies du Golfe au Maroc sur la question du Sahara Occidental "n'était pas nouveau".

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