Manifestation du vendredi: les journalistes des radios publiques se démarquent du silence radio

Manifestation du vendredi: les journalistes des radios publiques se démarquent du silence radio
Par Hakim Megatli | 24 Février 2019 | 15:53

Fait inédit dans les annales de la radio nationale. Le collectif des journalistes des stations publiques de la radio chaine 1, 2, 3 et la chaine internationale RAI, ont exprimé leur opposition à la manière avec laquelle leur direction a décidé de couvrir  l’actualité politique.

Dans une lettre qu’ils ont adressée au Directeur de l’ENRS, Chaâbane Lounakel, et dont Algérie1 a reçu une copie, nos confrères de la radio nationale se sont d’emblée interrogés s’ils étaient des journalistes étatique ou de service public ?

«La vérité sur le métier de journaliste du service public c’est qu’il a perdu tous les moyens sûrs de sauvegarder sa dignité. Si la vérité sur le métier de journaliste est la reconnaissance d’une conscience professionnelle, il nous reste, nous journalistes de la radio nationale, le droit de disposer de nous-mêmes», lit-on dans cette lettre qui sera remise demain lundi au Directeur Général de la radio.   

Et d’ajouter : Nous signataires, journalistes opiniâtres, de la radio nationale, chaine III, chaine II, chaine I et Rai, témoignons du non-respect de la neutralité dans le traitement de l’information au sein de nos rédactions». Nos confrères s’élèvent en effet contre la décision de la hiérarchie de «passer sous silence les grandes manifestations nationale du 22 février 2019 qui est lit-on encore, «que l’illustration de l’exercice au quotidien de notre métier».

Les journalistes de la radio publiques disent également refuser «le traitement exceptionnel et dérogatoire imposé par la hiérarchie au profit du président et de l’alliance présidentielle et sélectif quand il s’agit de l’opposition».

Ils en veulent d’autant plus que la radio algérienne «appartient à tous les algériens et c’est un média national, auquel chaque algérien doit pouvoir s’identifier». Les journalistes de la radio proclament en outre que leur «devoir est d’informer tous les algériens».

«Nous sommes le service public et non des journalistes étatique», tonnent nos confrères de la radio qui précisent à leur directeur que leur lettre intervient dans des «circonstances d’extrême tension au sein des rédactions».

Le collectif des journalistes protestataires exhorte le premier responsable de la radio à faire en sorte d’apaiser le climat et «travailler à l’avenir avec nous dans le seul intérêt d’informer en toute objectivité nos concitoyens».

Signalons au passage que cette lettre a été signée par pratiquement tous les journalistes selon des sources internes ; c’est-à-dire près d’un millier. Rappelons également que la rédactrice en chef du service international de la chaine III, Meryem Abdou, qui anime l’émission «L’histoire en marche» a annoncé hier sa démission de son poste de responsabilité en signe de protestation de la non couverture des manifestations du 22 février.

«Je refuse catégoriquement de cautionner un comportement qui foule aux pieds les règles les plus élémentaires de notre noble métier», a-t-elle écrit sur Facebook. Il semble que son action ait fait tache d’huile parmi ses collègues.  

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