Le président Tebboune en roues libres pour aller au bout de son agenda politique

 Le président Tebboune en roues libres pour aller au bout de  son agenda politique
Par Hakim Megati | 20 Septembre 2020 | 14:48

En installant samedi la Commission nationale chargée de l'élaboration du projet de révision de la loi organique portant régime électoral dont il a confié la charge au même  Pr. Laraba, le président  Abdelmadjid Tebboune, confirme que le «train» ders réformes est bel et bien parti.

Pour cause, avant même que le référendum sur la constitution n’ait lieu, il planche déjà sur la suite ; c’est à dire les lois organiques qui devront automatiquement subir une mise en conformité.

Il est vrai que l’adoption du projet de révision de la constitution parait être une simple formalité après le visa du parlement et le seul enjeu de l’opération, reste le taux de participation à la consultation du 01 novembre prochain.

Il faut dire qu’en face, il n' y a rien qui semble en mesure de contrarier la mise en œuvre de la feuille de route et l’agenda politique du président.

Avec un Hirak en mode «veille» voire même hors champ, et une opposition politique incapable de constituer un rapport de force à cause de ses clivages idéologiques, ses batailles d’ego et ses vieilles querelles de chapelle, le pouvoir voit s’ouvrir une autoroute devant lui pour mener à bien son projet.       

Le fait est, qu'il n’a même pas jugé utile d’ouvrir, comme il avait promis, un «large débat» sur la révision de la constitution, se contentant de l’expédier en deux temps trois mouvements via la voie institutionnelle, après avoir distribué puis ramassé les copies.

Sans doute que s’il y avait en face une vraie opposition et un mouvement populaire soudé et organisé, les autorités n’auraient jamais pu faire l’impasse sur le nécessaire débat pour un compromis politique qui aurait pu sortir le pays de ce climat de ni guerre ni paix.

Précisément la perspective des élections législatives et locales anticipées qui se profilent à l’horizon, comme le suggèrent la révision de la loi électorale, va sûrement donner à réfléchir aux partis.

C’est connu, les partis qui prétendent faire de l’opposition en rejetant tout ce qui vient du pouvoir sans jamais offrir une alternative crédible et concrète, se risquent rarement à boycotter ces élections qui offrent des sièges «sonnants et trébuchants» à l’APN et quelques précieux bénéfices à côté.

Une opposition sans boussole

Du coup, le pouvoir semble évoluer sur du velours et rien ne semble pouvoir mettre en difficulté son plan qui consiste à laisser l’actuelle majorité issue de l’ancien régime valider les prochains projets de lois notamment sur les élections et les partis politiques avant d’organiser des législatives devant donner une nouvelle majorité au président Tebboune.

Les partis de l’opposition eux, n’auront pas de voix au chapitre. Ils seront bien obligés de subir cet agenda politique et se jeter à corps perdus dans la bataille des législatives et des locales dans l’espoir d’assurer leur représentation dans les assemblées et partant leur survie politique.

Bien que certains d’entre eux à l’instar du RCD, du FFS, du MSP, d’Adala et du Parti de Travailleurs, vont continuer à s’opposer par voie de communiqués à la feuille de route du pouvoir, pointer son arriération par rapport à «l’Algérie nouvelle», mais cela n’impactera aucunement  la marche inexorable vers la consolidation de l’assise de Tebboune et supporters.

En effet, privés du Hirak qui aura longtemps caché comme une feuille de vigne leurs actions velléitaires, les partis de l’opposition étalent désormais leur insoutenable légèreté face à un nouveau pouvoir lourdement soutenu par tout l’attelage politique ayant tiré les vingt ans de Bouteflika.  

Plus encore, le président Tebboune pourra aussi compter sur le soutien des partis comme Jil Jadid appelé à servir d’alibi démocratique et probablement d’autres nouvelles formations  animées par quelques jeunes popularisés par le Hirak et les plateaux télés.

Tout compte fait, les promoteurs de la «nouvelle Algérie» disposent assurément de plusieurs longueurs d’avance sur les partis dits de l’opposition qui leur garantit de rester les maitres du jeu politiques. Il y a tout de même une inconnue : le retour ou pas du Hirak tel qu’il était avant la pandémie.  

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