Après la présidentielle du 12 décembre : le Hirak face au défi de la structuration et de l’incarnation

  Après la présidentielle du 12 décembre : le Hirak face au défi de la structuration et de l’incarnation
Par Hakim Megati | 14 Décembre 2019 | 16:36

La tenue de l’élection présidentielle même dans les conditions que tout le monde sait, et l’intronisation d ‘Abdelmadjid Tebboune à la magistrature suprême, mettent d’ors et déjà le Hirak face à ses responsabilités.

Il serait impossible d’imaginer le mouvement populaire garder la même stratégie de combat qui consiste à sortir chaque vendredi et mardi dans toutes les villes du pays.

Il n’est plus question ni ne servirait à quelque chose en effet de continuer à crier haut et fort  « Non aux élections avec la Issaba», maintenant que le président de la république est «élu».

Comme dans tous les mouvements de ce genre, le Hirak devrait faire preuve de pragmatisme pour capitaliser son incroyable aura auprès des algériens à travers une architecture qui le rendrait de fait comme l’interlocuteur incontournable du nouveau président.

En d’autres termes, le Hirak doit se structurer et se donner les moyens politiques et institutionnels de se transformer en un puissant bloc politique national capable de porter la voix du peuple dans les quatre coins du pays.

L’enjeu est immense mais il vaut la peine d’être tenté face à un pouvoir qui a, il faut le reconnaître, réussi son pari de mener à terme sa feuille de route et faire élire un président qui ne cristallise pas forcément la rupture avec le système. 

Le Hirak qui vient d’être solennellement invité par le nouveau président à un dialogue direct est désormais tenu de transformer son rejet en projet.

Il doit se montrer capable de proposer une alternative politique sérieuse à une classe politique sclérosée qu’il a lui même balayé à partir du 22 février.

L’échec cuisant du duo RND-FLN à porter Azzedine Mihoubi au palais d’El Mouradia signe la fin d’une époque.

Les deux béquilles politiques du pouvoir ne sont plus que les ombres d’elles mêmes. Même le président Tebboune n’en veux pas, lui qui a répété qu’il était un candidat libre et qu’il ne comptait surtout pas sur un parti politique.

On est donc face à l’ébauche d’une reconfiguration politique que la nouvelle constitution et la nouvelle loi sur les partis vont entériner.

Le Hirak, pourra, pour quelques temps encore, continuer dans sa vocation revendicative pour arracher le maximum d’acquis au nouveau  président histoire de sécuriser la pratique politique en Algérie.

Mais à un moment donné, les courbes des millions d’algériens qui s’étaient croisés pour défendre un SMIG collectif contre l’ancien régime, vont se séparer pour donner naissance, naturellement, à des blocs politiquement et idéologiquement distincts.

Et le Hirak aura eu l’insigne honneur d’avoir généré une nouvelle classe politique qui a fait ses armes sur le terrain des vendredis !

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