1800 juges marocains tentent de faire pression sur le roi Mohamed VI et le gouvernement de l'islamiste Abdelilah Benkirane. Membres du Club des magistrats marocains, une association de juges interdite mais tolérée, ils ont signé un appel pour demander l'indépendance de la justice et l'application de la nouvelle Constitution.
Participant à la réunion du Conseil national de l'association ce week-end, ils réclament l'indépendance du Parquet du pouvoir exécutif. C'est la première action concrète de ce groupe créé au printemps 2011, directement après le début des manifestations du Mouvement pour la démocratie du 20 février, qui demande des réformes politiques profondes.
L'indépendance de la justice est une des grandes revendications de la rue marocaine depuis le début du printemps arabe l'an dernier. Le roi du Maroc Mohammed VI a fait adopter par référendum une nouvelle Constitution concédant plus de pouvoir au président du gouvernement.
Les islamistes du Parti de la justice et de développement (PJD) ont gagné les élections et le ministère de la Justice a été confié à Mustapha Ramid, l'un des grands avocats de l'opposition. Mais depuis la consultation populaire du 1er juillet 2011 et la formation du nouveau gouvernement islamiste, aucune action concrète n'a été engagée pour appliquer le nouveau statut constitutionnel de la justice.
Le gouvernement dirigé par le PJD de Benkirane semble réticent à mettre en oeuvre des dispositions allant dans le sens d'une indépendance effective de la corporation des juges, en somme de la justice.
"Nous voulons que le Parquet devienne indépendant de l'exécutif. Les procureurs sont aussi des juges", a déclaré Yassine Mkhelli, président du Club des magistrats qui menace de recourir à d'autres actions.
"Il s'agit d'une première action. Nous pouvons aussi faire grève si nos revendications ne sont pas satisfaites, y compris celle des salaires des juges qui sont dérisoires et qui favorisent la corruption", a-t-il ajouté.


