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Le Conseil de sécurité approuve le recours à la force en Libye

17-03-2011 22:51  Lila Ghali

Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté jeudi soir en faveur d'un recours à la force contre les troupes du colonel Mouammar Kadhafi, ouvrant la voie à des frappes aériennes en Libye.

La résolution de l'ONU a été adoptée avec dix voix sur les 15 membres du Conseil de sécurité, et cinq abstentions. La Chine et la Russie se sont abstenues mais n'ont pas utilisé leur veto pour bloquer le texte. L'Allemagne, le Brésil et l'Inde se sont également abstenus.

La résolution adoptée par le Conseil autorise "toutes les mesures nécessaires" pour protéger les civils et imposer un cessez-le-feu à l'armée libyenne. Alors que Mouammar Kadhafi a annoncé un assaut contre la ville de Benghazi, fief des rebelles, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a averti qu'il n'y avait plus beaucoup de temps pour intervenir. "C'est peut-être une question d'heures", a-t-il lancé.

DES FRAPPES AÉRIENNES EN VUE

La France avait auparavant annoncé des frappes aériennes dès l'adoption de la résolution. Peu avant la réunion du Conseil de sécurité, Alain Juppé avait confirmé qu'une intervention militaire éventuelle prendrait cette forme. "Il n'est pas question de faire quelque chose au sol. C'est très clair. L'alternative, elle coule de source: c'est effectivement l'utilisation de la force aérienne", a précisé M. Juppé à New York.

Ces opérations devraient, selon toutes probabilité, impliquer la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et plusieurs pays arabes. Interrogé à ce sujet, Alain Juppé avait indiqué que "Oui", il y aurait une participation américaine aux opérations militaires. "Nous avons d'excellentes raisons de penser qu'il y aura une participation des pays arabes" aux opérations contre l'armée de Mouammar Kadhafi, a en outre prédit M. Juppé. "C'est une opération en coalition, nous sommes avec d'autres, nous ne sommes pas seuls. Ce n'est pas une opération française, c'est une opération internationale", a-t-il souligné.

Avant la réunion de l'ONU, le ministère de la défense libyen a mis en garde contre toute opération militaire étrangère, menaçant de s'attaquer au trafic aérien et maritime civil et militaire en Méditerranée. "Le Bassin méditerranéen sera confronté à un risque non seulement à court, mais aussi à long terme", a assuré le ministre. Pour le porte-parole du gouvernement libyen, Moussa Ibrahim, toute action militaire autorisée par les Nations unies et dirigée contre la Libye serait "illégale et immorale". "Il s'agit d'une rébellion armée. Tout pays dans cette situation l'aurait combattue", a-t-il déclaré.

 



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