Algérie 1

Icon Collap
...

Corso: Les massacres du 8 mai 1945 sont un crime d'Etat contre l'humanité

05-05-2012 19:16  Abbès Zineb

L'historien et ancien président de la fondation du "8 mai 1945", M. Mohamed Corso a appelé, samedi à Alger, l’État français à reconnaître les massacres du 8 mai 1945 comme crimes d’État contre l'humanité et faire ainsi "acte de repentance".

"Nous espérons un sursaut de la part de la France qui doit reconnaître les crimes commis au nom de l’État contre une population civile, désarmée dont des enfants, des femmes et des vieux, qui ont payé le prix de la haine coloniale", a déclaré M. Corso sur les ondes de la Radio internationale algérienne.

Cette haine, "raciste" dans son fond, est toujours présente dans le discours politique, notamment lors de la campagne électorale des présidentielles françaises 2012, a-t-il constaté, soulignant que cet esprit colonial est "ancré" dans la culture de l’État français.

Il considère que les déclarations faites par quelques officiels français ces dernières années, notamment l'ancien ambassadeur de France en Algérie M. Hubert Colin Verdière qualifiant les massacres du 8 mai 1945 de "tragédie inexcusable", comme une "avancée" dans le discours politique français, mais qui nécessite "plus de réflexion et d'analyse" sur l'histoire coloniale de la France.

M. Corso a expliqué que les massacres du 8 mai 1945, qui étaient "massifs" et "préparés", s'inscrivaient dans une "tradition coloniale" dont "il était impossible de séparer l'acte militaire de la responsabilité de l'autorité politique".

Des massacres massifs et préparés

"Ces génocides commis par l'armée française et des milices coloniales ont été couverts par le gouverneur d'Algérie de l'époque Yves Chataigneau, comme couvrait le Maréchal Bugeaud en 1845 ses officiers, auteurs des enfumades du Dahra, et comme le fera plus tard le Général de Gaulle, avec le préfet Maurice Papon lors des manifestations organisées par les algériens de France le 17 octobre 1961", a-t-il expliqué.

Ces massacres, dont l'objectif était de faire taire les voix opposantes à la France coloniale, étaient d'une "férocité inimaginable", affirme M. Corso, soulignant que beaucoup de victimes ont été privées de leur droit d'être enterrées et ont été des proies pour les chiens et les chacals.

D'autres ont été brûlées dans des fours à chaux à Guelma pour nettoyer la ville qui recevait une commission d'enquête parlementaire sur cette "folie meurtrière".

M. Corso corrige aussi cette page de l'histoire qui réduit les massacres à la journée du 8 mai, alors que l'armée coloniale a commencé les tueries à l'occasion de la célébration de la fête des travailleurs et se sont étalées jusqu'au 26 juin 1945. Il corrige aussi cette réduction dans l'espace, puisque, dit-il, les événements n'étaient pas limitées aux seules villes de Guelma, Sétif et Kherrata, mais à tout le territoire national, avec différents degrés d'atrocité.



Voir tous les articles de la catégorie "Actualité"