L’Algérie redevient une nouvelle fois la destination privilégiée pour qui recherche des solutions diplomatiques consensuelles basées sur le dialogue et la négociation.
Bien qu’elle ne soit pas engagée directement dans les conflits qui agitent la sphère moyen-orientale, la Libye et le Sahel, l’Algérie reste un interlocuteur incontournable dans la quête des compromis.
En témoignage le chassé croisé des diplomates étrangers notamment ceux des grandes puissances qui apprécient, sans doute, les approches algériennes dans le règlement des conflits.
A commencer par les Etats unis qui ont dépêché le secrétaire d'Etat adjoint aux affaires politiques, Thomas Shannon qui achève demain une visite de deux jours en Algérie.
Ce proche collaborateur de John Kerry a eu des entretiens de haut niveau avec le Premier ministre Abdelmalek Sellal, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra et aujourd’hui avec le ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel.
Il est clair que le diplomate américain est venu écouter l’approche algérienne pour le règlement de la crise libyenne basée sur la solution politique.
Conseiller… les puissants
L’armée américaine a certes bombardé samedi un site hébergeant des terroristes de Daech près de Tripoli, mais Washington sait que la solution politique est inévitable au risque d’embraser toute la région.
De même que le diplomate américain a dû échanger avec ses interlocuteurs algériens sur la conduite à tenir pour résoudre le conflit meurtrier en Syrie surtout dans la perspective d’un cessez-le feu conclut entre John Kerry et Sergueï Lavrov.
Précisément, ce dernier est attendu lundi prochain en Algérie pour une visite de travail. La crise en Libye et la situation sécuritaire dans la région sont entre autres les dossiers au menu des discussions qu’aura le chef de la diplomatie russe avec ses homologues algériens lors de son escale à Alger en plus des questions bilatérales.
Comme le diplomate américain, le MAE russe sera certainement reçu, en plus du ministre des affaires étrangères Ramtane Lamamra, par le président de la république Abdelaziz Bouteflika. Il faut dire qu’entre Alger et Moscou il y a une concordance parfaite des points de vue à l’égard des conflits ouverts.
Exportateur de stabilité
Qu’il s’agisse de la Syrie, de la Libye ou du nucléaire iranien, algériens et russes sont sur la même longueur d’ondes. De fait, les Etats unis qui n’ignorent pas cette proximité diplomatique entre les deux pays, voudraient en profiter pour tenter de rapprocher leur position avec les russes via les Algériens.
Alger apparait, en quelque sorte, comme une force d’équilibre entre des américains plutôt va-t-en guerre en Libye et les russes en guerre en Syrie.
Il se trouve également que la diplomatie algérienne a su se faire respecter par les deux grandes puissances grâce à son sens de modération et ses expertises dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.
Elle confirme ainsi la fameuse formule de Ramtane Lamamra à savoir qu’elle est (l’Algérie) un «exportateur net de stabilité».


