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Bouteflika pour booster la campagne électorale

27-04-2012 15:27  Khidr Ali

Le peu d’intérêt de la part des citoyens pour la campagne électorale pour les élections législatives du 10 mai prochain et le risque de les voir se prolonger par un très fort taux d’abstention donne bien des inquiétudes en haut lieu.

Que faire pour rendre attractives ces législatives pour les quelques jours de campagne qui reste ? Première mesure : le président de la république a ordonné aux ministres non concernés directement par la compétition électorale de renouer avec les visites sur le terrain.

Le but évident de l’action est d’envoyer un message fort aux citoyens et leur montrer que le gouvernement travaille, qu’il continue à être à l’écoute de leurs préoccupations. C’est dans ce cadre qu’il convient de situer les sorties ce week-end de deux ministres, Noureddine Moussa qui a annoncé jeudi à Alger (une ville qui ne vote pas habituellement) un programme de 132 .000 logements pour le 1er trimestre 2012. Il a aussi annoncé l’allègement des procédures d’accès aux crédits immobiliers.

Pour sa part Abdelmalek Sellal, ministre des ressources en eau a annoncé jeudi à partir de Jijel que l’eau du barrage de Beni Haroun (Mila) arrivera à Chemora, dans la région de Batna, "en 2013 ».

Il est fort probable de voir dans les prochains jours d’autres membres du gouvernement, non intéressés par une mandature de se mettre à la manouvre pour donner un peu de flamme à une compagne que, seuls les médias publics s’obstinent à mettre en scène.

Ces ministres vont ainsi prêter main forte à Dahou Ould Kablia qui se retrouve seul au front. Il est vrai que son département est concerné au premier chef par ces élections du 10 mai. Dans ce même souci de booster la compagne électorale, la presse a également parlé de la possibilité de voir le président de la République mouiller lui aussi sa chemise.

On parle ainsi d’une sortie qu’il compterait faire le premier mai prochain. Une occasion pour lui de faire une intervention pour, à nouveau, réitérer son appel pour une large participation au vote. La sortie présidentielle est d’autant plus vraisemblable que Abdelaziz Bouteflika a fait de ces élections une affaire presque personnelle.

D’abord en s’impliquant personnellement comme il ne l’avait jamais fait auparavant. Puis en n'hésitant pas à comparer le rendez-vous du 10 mai prochain à la date du déclenchement de la révolution. Une comparaison certes excessive mais dans l’esprit du président Bouteflika le parallèle avait surtout pour but de mettre en relief l’importance de la consultation qui va constituer un tournant dans l’histoire de l’Algérie. C’est du moins ainsi que les voit le président Bouteflika qui se voit aussi obliger à y aller de sa personne pour sauver ces élections. Car leur échec, à travers un taux d’abstention record, ce sera d’abord son échec.



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