Article actualisé à 17h21 : La défense dans l'affaire Achour Abderrahmane relative au détournement de 21 milliards DA au préjudice de la Banque nationale d'Algérie (BNA) a souhaité aujourd'hui à Alger prendre connaissance des 1957 chèques, objet de poursuites judiciaires. Il s'est avéré, lors de l'audience, que ces chèques se trouvaient dans un coffre-fort à la BNA.
Le président du tribunal criminel Rekkad Mohamed a ordonné la présentation de ces chèques afin que la défense puisse en être informée lors de l'audience qui, pour la circonstance, a été suspendue pour reprendre à 16h. La défense a estimé "insuffisant l'examen de ces chèques lors de l'audience", expliquant que l'affaire doit être ajournée afin que la défense "puisse comparer ces pièces avec les documents en sa possession et déterminer s'il s'agit bien des chèques objet de poursuites judiciaires ou non".
Selon l'arrêt de renvoi, les faits remontent à 2005 lorsqu'une lettre anonyme est parvenue à la direction de la banque nationale sur "la manipulation de chèques bancaires depuis 2004 par l'accusé Achour Abderrahmane sans que ces chèques ne soient soumis à une vérification comptable". La même source indique que Achour Abderrahmane a créé des sociétés fictives avec ouverture de comptes commerciaux au niveau des agences de Bouzaréah, de Cherchell et de Kolea, précisant qu'il a détourné des deniers publics avec la complicité des directeurs des agences de Bouzaréah, de Cherchell et de Ain Benian.
Lors de l'opération d'inspection qui a commencé à l'agence de Bouzaréah, la BNA a mis au jour des dysfonctionnements et des zones d'ombre dans les comptes de la société de travaux publics "National Plus" dirigée par l'accusé Achour Abderrahmane. Ces dysfonctionnements résident dans le dépôt, par Achour Abderrahmane, de chèques à l'encaissement à l'agence de Bouzaréah qui les a envoyés, à son tour, à l'agence de Cherchell pour vérification du compte du bénéficiaire avec avis de sort, (sachant que le bénéficiaire est une seule et même personne).
Le procès reporté
Nous venons d'apprendre que ce procès de l'affaire dite "Achour Abderrahmane" a été reporté par le tribunal criminel d'Alger au 25 mars. Cette affaire a, rappelle-t-on, déjà été jugée par la même instance le 28 juin 2009 et les accusés avaient été condamnés à des peines allant d'une année à 18 ans de prison ferme. Le jugement a été cassé par la Cour suprême qui avait ordonné que l'affaire soit rejugée.
Achour Abderrahmane, condamné à 18 ans de prison dans le premier jugement, et les autres accusés dans l'affaire, dont la plupart sont des cadres et des fonctionnaires des agences de la BNA, ont été accusés d'"association de malfaiteurs et de détournement de deniers publics". Ils ont été également accusés d'escroquerie, d'émission de chèques sans provisions, de falsification d'écritures bancaires et de négligence flagrante conduisant à la dilapidation des deniers publics".


