Abdallah Djaballah, qui a longtemps ramé seul semble échaudé aujourd’hui vis-à-vis de ses frères de la mouvance islamiste. C’est pourquoi aujourd’hui il ne croit pas à une alliance des islamistes en prévision des législatives du 10 mai prochain.
"Toutes mes tentatives, depuis le début de mon parcours politique en 1976, pour rassembler les islamistes se sont soldées par un échec. Cela m'a fait perdre tout espoir...", a déclaré en substance lors d'une conférence de presse.
D’ailleurs, à une réunion prévue pour mardi soir et qui devait réunir les chefs des partis islamistes, à laquelle il a été convié, Djaballah a tout simplement décliné l’invitation.
Tout ce que Djaballah accepte de faire avec les islamistes c’est, dit-il, de "s'associer avec d'autres formations politiques pour assurer la surveillance des prochaines législatives et nouer avec eux des alliances après le scrutin en fonction de leurs résultats".
En se prononçant ainsi contre une alliance islamiste, Djaballah prend le risque d’être une sorte de mouton noir de la mouvance islamiste au moment où celle-ci croit dur comme fer qu’elle sortira vainqueur des prochaines législatives.
En refusant toute alliance avec des partis islamistes présents dans les institutions, notamment le MPS, comptable de la politique du gouvernement, le chef du tout nouveau parti islamiste cherche en quelque sorte à préserver une sorte de virginité politique qui lui permettrait de lorgner du côté de la base du FIS. Et c’est probablement fort de cet espoir de récupérer la base du parti dissous qu’il se dit « convaincu de la victoire de son mouvement» au scrutin du 10 mai.


