Eurofoot : panne sèche des cadors européens ?

Eurofoot : panne sèche des cadors européens ?
Par Nourredine B | 03 Octobre 2018 | 12:57

Quelque chose semble avoir changé, en mal, cette saison sous le ciel européen de football. L’ordre établi parait, ainsi, sérieusement bousculé.

Locomotive et baromètre, la Liga espagnole est frappée de plein fouet par une multitude de crises qui touche principalement ses leaders historiques.

Au- delà d’une défaite sidérante (1-0) du triple champion d’Europe, le Real Madrid, mardi à Moscou face au modeste CSSK, c’est le mal-être récurrent des Merengue qui inquiète le plus. En trois matchs d’affilée, le Real a aligné une défaite (FC Seville 3-0) puis un match nul au Bernabeu (Atletico 0-0) et laissé les trois points à Moscou. Ce qui retient l’attention dans cette mini- série noire est que les attaquants de RMA soient restés muets alors que sa défense ait pris l’eau.

Il est vrai que l’absence d’Isco, celle de Bale ou encore de Ramos a dû peser sur une situation inédite et quasi historique au niveau des stats, mais la cause réelle de fond reste liée au départ de l’homme qui portait son club, bon an mal an : Cristiano Ronaldo.

Dans cette veine, l’on comprend déjà que CR7 plaçait toujours la barre très haut, inaccessible pour tous ses désormais ex co- équipiers.

Un fait qui vient éventer la stratégie du président de la ‘’Maison Blanche’’, Florentino Peres, jugeant superflu de pallier le départ du prodige portugais par la recrue de quelque taille patron qui se rapprocherait du charisme de Ronaldo.

Autre cas atypique, quoique différent, celui du rival historique catalan, le FC Barcelone, qui compte toujours, pour sa part, dans ses rangs son icône argentine, Lionel Messi.

A l’inter- saison, il était dit que le Barça, avide de reprendre son statut en LDC, était celui qui avait recruté le plus en profondeur, pointant la venue d4arthur, de Vidal, Malcom et autre Lenglet.

D’aucuns, pavoisant, prédisaient un déboulé des Culés sur toute les compétitions. Mais Gerone au Camp Nou (2-2) puis l’Atletic (1-1) sur le même stade mais surtout la défaite concédée face à la lanterne rouge à Leganes (2-1) allaient déconstruire de telles prévision, ramenant les choses à la réalité du terrain.

Et par ces temps, cette dernière est des plus moroses. A dire vrai, le FC Barcelone n’a plus que Messi à faire prévaloir.

Pratiquement, depuis le départ du bâtisseur Guardiola, qui n’hésitait pas à aller au charbon avec l’équipe réserve de la Masia, tous ses successeurs ont basé leur stratégie sur le seul génie de Messi.

Or, à 31 ans et au sortir d’un mondial décevant où l’argentine, comme le Barça, ne s’en remettait qu’au seul Messi, ce dernier commence à ressentir l’effet d’usure d’une carrière phénoménale.

Comme avec l’Albiceleste, Leo n’a pas réellement de supports de son rang, notamment depuis le départ de Neymar au PSG l’an passé. Sur le rectangle vert, Dembélé fait figure d’exalté dans son jeu, Luis Suarez celle de ‘’has been’’ et Coutinho encore loin de faire oublier Inesta.

Une situation peu fiable qui interpellerait la barre technique des Blaugrana ?

A ce niveau et en dépit de son doublé, la saison passée, Ernesto Valverde aura surtout péché par une inconsistance tactique qui lui a déjà valu un sale coup face à la Roma en quarts de LDC où sa victoire sécurisante de l’aller (4-1) avait tourné au cauchemar (3-0) et d’une élimination aux allures de séisme.

Ailleurs, et en dehors d’une certaine consistance du PSG du trio Neymar- Mbapé- Cavani et de la Juve, version Ronaldo, ça ne mène pas large, non plus.

En Angleterre, le nouveau monstre de Premier League, Manchester City fait des apnées peu coutumières, notamment en LDC où il a reçu la gifle à l’Etihad Stadium face à Lyon (1-2) et consigné un peu glorieux succès à Hoffeinheim (2-1).

Dans le même temps, son mythique alter égo au niveau de Manchester, Man. United, fait une véritable crise d’existentialisme qui met, d’abord en péril, la tête d’un manager à part, José Mourinho.

 Enfin, il ne serait pas de trop de relever aussi qu’en Allemagne, le dieu bavarois du football, le Bayern Munich, laisse peu à peu tomber ses apparats de la mystification qui l’entourait.

Ne menant plus la Bundesliga à sa guise, comme dans le passé, le géant de Munich se fait également contester à présent sur la scène européenne.

 En le tenant en échec, mardi (1-1), l’Ajax d’Amsterdam a-t-il lancé le signal vers un nivellement par le bas, partout en Europe ?

Jusqu’à preuve du contraire, oui !

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