Equipe nationale de football : qui doit assumer l’échec d’Alcaraz ?

Equipe nationale de football : qui doit assumer l’échec d’Alcaraz ?
Par Nourredine B | 12 Octobre 2017 | 09:39

A présent que le limogeage du sélectionneur national, Lucas Alcraz, a été entériné par le Bureau fédéral, il ne serait pas impertinent de s’interroger sur le degré de responsabilité que porte le président de la fédération algérienne de football, Kheirdine Zetchi sur un choix qu’il avait d’abord assumé publiquement et pleinement.

On s’en rappelle, en effet, que pendant tout le suspense entourant la désignation d’un nouvel entraineur national, à l’aune de son intronisation à la tête de la FAF, le nouveau pensionnaire de cette instance réitérait, à chaque sortie médiatique, qu’il en faisait «une décision personnelle».

Objectivement, l’on ne saurait mettre en doute la bonne volonté de Zetchi quant à choisir le profil idoine pour une sélection qui battait déjà de l’aile.

Mais, et «les chemins de l’enfer étant pavés de bonnes intentions», le nouveau patron du football national aura péché par un unilatéralisme aux effets désastreux, faisant fi même des conseils du ministre de la Jeunesse et des sports, Ould Ali el Hadi, qui prônait la piste d’un statut lourd pour conduire l’EN.

Pourtant, le président de la FAF était tout aise pour tracer une stratégie et des objectifs pondérés, sans pression évidente du moment que l’Algérie avait hypothéqué ses chances pour la qualification au Mondial 2018, suite à un départ sanctionné par un seul petit point, sur deux rencontres, contre six pour le Nigéria.

Si Kheirdine Zetchi a pu nourrir quelques espoirs de renverser la vapeur et réussir un gros coup pour son début de règne, ce que personne ne pourrait lui reprocher, il pouvait tout autant s’attarder méticuleusement sur un profil de technicien forgé pour de tels challenges et à mi-chemin entre ceux nécessitant de gros budgets et ceux répondant, aux mieux, à la trésorerie de Dely Ibrahim.

Il devait surtout en référer à son Bureau, dont certains membres étaient déjà, hérissés à la perspective de recrutement l’Espagnol.

Acculé par l’urgence de la situation, qu’il avait souvent mise en exergue, Zetchi a fini par commettre une double erreur : le choix en soi d’Alcaraz et sa désignation à la tête des deux sélections nationales A et A’. Avec les résultats que l’on sait !

Pis, s’obstinant dans l’erreur, ou alors tétanisé par l’éventualité de dédommager son coach, en cas de licenciement, il s’est évertué à le protéger contre vents et marées.

Ce n’est qu’à l’issue de la double gifle essuyée face à la Zambie, que le président de la FAF a commencé à moduler sa position, tentant de revenir aux standards démocratiques au sein de son Bureau en l’associant au débat sur le cas d’Alcaraz.

Sur ce plan, une première approche, esquissée la veille du match contre le Cameroun, tendait à accorder un sursis au sélectionneur ibérique jusqu’à la fin des éliminatoires du Mondial.

Mais l’énième déconvenue enregistrée à Yaoundé a bouleversé la donne. Exacerbées, les autorités ont donné, en haut lieu, instruction ferme à la FAF de disposer de l’entraineur national manu militari, sans attendre l’ultime rencontre face au Nigéria.

La FAF s’est exécutée, mercredi, lors de la réunion de son BF, tenu à cet effet, et le limogeage de Lucas Alcaraz a, ainsi, été prononcé.

Il vient consacrer une perte de temps précieux dans la vie d’une sélection mais également un gros gâchis qui a ébranlé les fondements du onze national de par certaines mesures fleurant bon l’amateurisme primaire, telles cette mise à l’écart injustifiable et saugrenue d’éléments clés de l’EN.

En tout état de cause, Kheirdine Zetchi, n’aura rien inventé en matière de consommation d’entraineurs. Au contraire, il vient de conforter la tendance, désastreuse à souhait, puisqu’il ira fatalement vers le quatrième coach en près d’une année seulement. Les records dans la régression continuent.

Mais il reste toujours à espérer que cette fois, La FAF prenne la bonne route !

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