Désignation de Djamel Belmadi à la tête de l’E N : un choix par défaut, truffé d’anachronismes

 Désignation de Djamel Belmadi à la tête de l’E N : un choix par défaut, truffé d’anachronismes
Par Nourredine B | 02 Aout 2018 | 12:49

La montagne qui accouche d’une souris ? La désignation officielle de Djamel Belmadi, ancien capitaine de l’équipe nationale dans les années 2000 et entraineur au Qatar, ne répond aucunement aux effets d’annonce multipliés par le président de la fédération algérienne de football (FAF), Kheirdine Zetchi, de ces derniers temps.

On est loin, tout aussi bien du «Mondialiste» promis et déclaré publiquement par ce dernier que de «l’entraineur de renom pour driver de grands noms pour aller impérativement au Mondial 2022» du ministre de la Jeunesse et des sports, Mohamed Hattab.

Le propos ici, s’interdit de jeter l’opprobre sur un ancien joueur de grande qualité et un technicien émérite au Qatar où il  officie depuis 2010 avec des résultats très probants que ce soit avec l’équipe de Lehwia ou la sélection nationale qatarienne.

Mais force est d’admettre qu’il y a loin de la coupe aux lèvres sur la base de la profession de foi de Zetchi et de Hattab.

Si Zetchi, dans sa quête d’un grand nom, qui aurait requinqué le statut de l’EN au double plan sportif et marketing, a pu buter sur l’aspect financier lourd y afférent, pourquoi n’a-t-il pas rejeté cette ‘’patate chaude’’ entre les mains d’un ministre adepte de prestige au nom de la joie à donner au public ?  

Vient, légitimement, dans cet imbroglio la question cruciale : le MJS cautionnera-t-il ce véritable choix par défaut du président de la FAF ?  Rien n’est moins sûr, nonobstant encore les objectifs à moyen et long termes galvaudés de part et d’autre.

Sur ce plan, faudra-t-il oser la question pertinente de savoir ce qui sera attendu exactement de Djamel Belmadi.

Repenser et refaire une sélection, dans l’optique exclusive du Mondial 2022, en s’adossant à un facteur temps assez généreux, ou colmater les brèches sous l’angle d’un mirage de redressement spectaculaire en deux temps trois mouvements et rêver de conquérir le trophée africain dès l’an prochain ?

N’en déplaise aux tenants de la thèse qui dédouane les joueurs en stigmatisant l’incompétence de l’entraineur, les verts -version actuelle- ont une grande part de responsabilité dans le déclin ostensible, depuis la campagne du Brésil 2014.

Quasi absence de motivation, appréhensions des sorties africaines, petits calculs étroits, écarts disciplinaires quasi anecdotiques, notamment dans l’épisode de l’éviction de Rajevac en 2016, le gros de la troupe, toujours en poste, risque de résister à toute forme de thérapie de choc, si tant est qu’elle soit prônée. Elle est également rattrapée par l’âge dans la perspective des projections futures.

Reste la CAN 2019. Belmadi aura-il la hardiesse de décliner, contrairement à ses employeurs, tout objectif contraignant, au profit d’une mise en œuvre fiable d’un chantier bien pensé et à l’abri de la pression, pour jeter les bases d’un onze capable de relever le défi du Mondial 2022 ?

Cela sachant que pour l’échéance 2019, les cinq géants africains ont déjà tapé sur la table en coupe du monde 2018.

Les prestations du Sénégal, Nigéria, Egypte, Maroc, voire la Tunisie, en Russie ont dû échauder, au-delà de l’aspect financier, bien des techniciens pressentis au départ, tels Halilhodzic, Rohr et autres Renard et Queiroz, notamment le premier nommé bien au parfum des exigences du public et des pouvoirs publics.

En somme pour Djamel Belmadi, il s’agira de convaincre ses dirigeants de ‘’savoir raison garder’’, loin des velléités de rechercher du prestige inopportun et des folklores populistes.

A ce prix, rien n’interdit de penser qu’il puisse réussir dans son entreprise.

C’est tout le mal qu’on lui souhaite !   

Voir tous les articles de la catégorie 'Sport'