Après Cameroun-Algérie : une ou deux satisfactions, dans la déveine

Après Cameroun-Algérie : une ou deux satisfactions, dans la déveine
Par Nourredine B | 08 Octobre 2017 | 12:54

Après s’être inclinée pour la troisième fois de suite dans ces éliminatoires de la Coupe du monde 2018, l’équipe nationale de football, qui a consigné par là un triste record, appelle à des enseignements inévitables à faire.

Le constat d’échec est tout d’abord flagrant concernant l’état de service du sélectionneur national, Lucas Alcaraz. Si objectivement, l’élimination du mondial 2018, ne pourrait lui être imputée, Alcaraz est accablé par les piteux résultats, traduits par zéro point sur neuf. Difficile de faire mieux !

Cette réalité implacable des chiffres devrait couper court à tout débat autour de son maintien à la tête du onze national.

Il devient évident que l’Espagnol est loin de répondre au profil de coach qui doit construire et fortifier une équipe basée, pour l’essentiel sur des professionnels avec ‘’leurs qualités et défauts’’. Et, on l’a vu, Alcaraz a également échoué à encadrer judicieusement la sélection des joueurs locaux, éliminée d’entrée au CHAN 2018 et que la FAF lui a confiée en concomitance.

Où, encore, la FAF, son président en tête, s’est fourvoyée qu’au moment où il fallait tracer une nouvelle feuille de route, à l’aune d’une élimination précocement apparue, soit, théoriquement, à l’issue de la défaite face au Nigéria, l’instance de Dely Ibrahim a patiné sur place, hésitant entre une reconstruction franche de la sélection et une perspective largement hypothéquée d’une autre qualification à la coupe du monde.

Les dégâts d’une telle vision, semblant obéir plus à du bricolage qu' à une pensée murie, n’allaient pas tarder. Occultant le fond, Zetchi alla vers le replâtrage en décidant la mise à l’écart de certains éléments-clés de l’EN, à l’image de Mahrez, Slimani et Bentaleb.

L’édifice vert est ainsi considérablement ébranlé eu égard à l’impact psychologique désastreux sur le moral des troupes tant auprès des joueurs sanctionnés que les reste. Jusqu’à l’heure, l’opinion sportive n’est pas encore édifiée sur le promoteur réel de cette initiative des plus saugrenues en football d’élite.

Pis, aux dires même du président de la FAF, carte blanche a été donnée au coach national de reconfigurer à sa guise, la composante de la sélection. Une permissivité qui, là encore, a ouvert sur certaines incongruités telles la convocation de certains capés, trop loin des standards requis pour évoluer au sein de l’EN. Hassani puis Fares, voire même le rappel du ‘’has been’’ Cadamuro, en constituent la parfaite illustration !

Kheirdine Zetchi aura ainsi raté une occasion en or pour prendre le taureau par les cornes, tout en maintenant son cap de promouvoir de jeunes talents, ceux du cru y compris. Dans ce contexte, force de mettre en relief la maestria d’un Benguit, de loin le meilleur algérien sur le terrain à Yaoundé samedi ; cuvée académie du Paradou AC ou encore celle d’un Bennacer, qui en quelques éclaircies, a fait étalage d’une grande classe.

A eux deux, ils ont constitué, à côté de Hilal Soudani, la maigre satisfaction d’une partie qui a consacré le naufrage algérien. Cela, d’évidence reste très peu. Le public aurait rêvé voir à l’œuvre toute une levée de cette trempe prendre de l’expérience dans une telle confrontation et celle à venir contre le Nigéria, en attendant la CAN 2019.

Le patron du football national aurait gagné au change et conforté sa révolution promise. Une révolution d’ores et déjà compromise. Et la FAF risque fort d’être rattrapée par la patrouille !

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