Tunisie : 3e nuit de heurts, plus de 500 arrestations et l'armée déployée dans plusieurs villes

Tunisie : 3e nuit de heurts, plus de 500 arrestations et l'armée déployée dans plusieurs villes
Par Lila Ghali | 11 Janvier 2018 | 10:30

Des heurts entre manifestants et policiers ont eu lieu pour la troisième nuit consécutive, ont indiqué jeudi les autorités, portant à plus de 500 le nombre d'interpellations en deux jours.

En effet, dans la nuit de mercredi à jeudi, des heurts ont de nouveau eu lieu dans plusieurs villes du pays, dont Siliana, Kasserine et à Tebourba. 

Des jeunes ont jeté des pierres et des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre à Siliana, et tenté de s'introduire dans un tribunal.

La police avait riposté par des tirs de grenades lacrymogènes. Des échauffourées ont également eu lieu dans certains quartiers de Tunis.

 Des soldats ont été dépêchés à Thala, près de la frontière algérienne, où le siège local de la sécurité nationale a été incendié par les manifestants, ce qui a forcé la police à se retirer de la ville, selon des témoins cités par les médias locaux.

L'armée a également été déployée à Sousse, Kébili et Bizerte afin de protéger les bâtiments publics.

Depuis lundi, le mouvement social contre les mesures d'austérité entrées en vigueur le 1er janvier a tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre et donné lieu à des scènes de pillage dans plusieurs villes.

Ces mesures concernent des hausses des prix frappant notamment le gas-oil, les automobiles ou encore les services de téléphonie et d'accès à internet décidées dans le cadre du budget 2018. 

Le ministère de l'intérieur met en garde contre toute manipulation sur les réseaux sociaux 

Le ministère de l’Intérieur a, mercredi soir, mis en garde les citoyens contre toute manipulation sur les réseaux sociaux en rapport avec les récents mouvements de protestation, faisant remarquer que ces tentatives de manipulation ont pour dessein d’attiser la tension, d’induire l’opinion publique en erreur et de compromettre la sécurité nationale.

A en croire le département tunisien de l’Intérieur, d’anciennes séquences vidéo et photos sur des mouvements de protestation et des émeutes circulent sur les réseaux sociaux sous prétexte qu’ils se déroulent actuellement, alors qu’ils remontent à des années.

"Les semeurs de trouble sont allés jusqu’à publier des informations erronées et des rumeurs sur des cas de décès au cours des récents mouvements de protestation et attribuer des séquences vidéo et des photos d’événements qui se sont produits dans des pays étrangers, à des faits qui ont eu lieu en Tunisie", lit-on dans le communiqué.

A ce propos, le ministère tunisien de l’Intérieur appelle l’ensemble des citoyens à vérifier le bien fondé des informations publiées, à chercher l’information auprès des sources officielles et à ne pas se faire manipuler par les publications erronées sur les réseaux sociaux.

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