Parkings sauvages : La démission de l’Etat devant les squatteurs des espaces publics

 Parkings sauvages : La démission de l’Etat devant les squatteurs des espaces publics
Par Djamil Mesrer | 09 Aout 2018 | 15:52

La mort tragique d’Aissa Zoubir, un estivant en villégiature sur les plages de Yemma Gouraya (Béjaia), repose avec toute la force de sa violence le problème de ces parkings sauvages, un phénomène sociétal probablement spécifique, comme tant d'autres choses, à l’Algérie.

Le ministre de l’Intérieur, informé de ce crime perpétré par un voyou, certainement bourré aux psychotropes au moment des faits, a exprimé ses condoléances à la famille de la victime, promettant des « sanctions exemplaires ».

La réaction de Bedoui, un minimum que de présenter les condoléances, a néanmoins quelque chose de pathétique, en cela qu’elle traduit l’incapacité de l’Etat à éradiquer ce phénomène qui prend, bien au contraire, des proportions de plus en plus grandes, touchant mêmes la plus petite des localités.

Tous les ministres de l’Intérieur, de Zerhouni en passant par Dahou Ould Kablia, Bélaiz, jusquà Bedoui, ont vu leurs promesses, leurs engagements à en finir avec ses parkings sauvages, échouer lamentablement sur le terrain.

Certes, il y a eu épisodiquement, ici et là, des opérations coup de poing, des descentes policières, surtout suite à des tragédies comme celle de Souk El Tnine, mais cela reste des opérations ponctuelles. Comme si les autorités ne sont pas en capacité de prendre la mesure de ce mal ou (pire) qu’elles préfèrent y aller mollo, au nom de la paix sociale.

On sait que des jeunes, voire même des adultes, faute d’emploi rémunérateur, se rabattent sur ce « job » qui devient presque une activité quasiment institutionnalisée.

A supposer que le souci de la paix sociale, soit la vraie raison qui justifie la réticence des autorités à éradiquer le phénomène, il faudrait alors encadrer « l’activité » en la soumettant au contrôle des autorités.

D’ailleurs, il est de notoriété publique que certains de ces gardiens de parkings ont la bénédiction des élus locaux qui leur « affectent » des trottoirs moyennant retour sur investissement.   

Car, tels qu’ils existent, tels qu’on les voit, tels qu’ils fonctionnement, ces parkings sauvages sont une atteinte au droit du citoyen de s’approprier l’espace, qui n’est pas une propriété de ces « parkinguers », hors-la loi.  Ils sont surtout la marque d’un doigt d’honneur à Etat, incapable de faire respecter la loi et fermant l’œil devant une faune de pégreleux tueurs pour 200 dinars.         

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