Dernier «vestige» des interdits du terrorisme : la chasse est de nouveau ouverte !

 Dernier «vestige»  des interdits du terrorisme : la chasse est de nouveau ouverte !
Par Hakim Megati | 13 Septembre 2020 | 14:30

L’événement est passé presque inaperçu dans les médias, bien que sa charge symbolique soit extrêmement importante pour ceux qui ont vécu les affres de la décennie noire du terrorisme.  

Quel rapport pourrait-il y avoir entre la réouverture officielle de la chasse à partir du 15 septembre, et le terrorisme diront certains ? Et bien, cela signifie que la barbarie qui a ensanglanté le pays n’est plus qu’un mauvais souvenir, même si une certaine rhétorique maintient ce fantôme comme une épée de Damoclès histoire de nourrir la peur.

En annonçant solennellement que la chasse sera rouverte, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelhamid Hamdani, met un terme à un quart de siècle d’interdiction.

Les autorités avaient en effet empêché les algériens de pratiquer ce «hobby» depuis 1995 soit 25 ans, à cause de la situation sécuritaire du pays qui avait viré au rouge et qui avait transformé nos montagnes en maquis terroristes où il n’était plus conseillé de s’y aventurer au risque d’y être tué.

C’est dire que, politiquement, la reprise de la chasse en Algérie acte «officiellement» la fin du terrorisme, même si dans la vraie vie, les amateurs de ce «sport» le pratiquent à l’ombre de la loi depuis plusieurs années et dans les quatre coins du pays.

De nombreux  citoyens qui pratiquent la chasse par plaisir, avaient en effet caché leurs fusils quand la gendarmerie nationale avait décidé de les confisquer à tous ceux qui en disposaient de peur qu’ils ne tombent entre les mains des terroristes. 

Que l’Etat décide de lever l’interdiction est en soit un signal fort que l’hypothèque sécuritaire est définitivement levée et que, théoriquement, cet argument ne peut plus être brandi comme un carton rouge à la face de ceux qui réclament un changement démocratique.

Le ministre de l’agriculture a exhorté les chasseurs à faire en sorte que cette activité soit organisée pour «contribuer à la préservation de l’équilibre écologique et biologique et des richesses naturelles, ainsi qu’à la promotion de cette activité et la consécration de son rôle dans le développement de l’économie nationale».

Une mission qui échoit aux membres de la Fédération nationale des chasseurs, à ceux des fédérations de wilayas et aux cadres de la direction des forêts qui étaient présents lors de la cérémonie.

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