Le FFS met en garde contre le risque d’explosion qui découlerait d’une élection présidentielle fermée

Le FFS met en garde contre le risque d’explosion qui découlerait d’une élection présidentielle fermée
Par Abbès Zineb | 07 Décembre 2013 | 18:54

Le FFS, version Ahmed Bétatache, "joue des deux pieds", selon la formule empruntée au monde du football. Loin de sa rhétorique radicale, la nouvelle direction du parti reste néanmoins critique à l’égard du pouvoir, mais dans les limites de ce qui serait une sorte de "gentlemen's agreement".

Les propos  d’Ahmed Bétatache, aujourd’hui devant les militants du parti à Sétif, sont dans cette veine. Il commencera son intervention par un hommage appuyé d’une minute de silence en mémoire de Nelson Mandéla, puis d’enchaîner sur la prochaine présidentielle qu’’il présente comme "un tournant politique majeur".

Ahmed Bétatche mettra en garde contre "le risque d’une explosion sociale" dans le cas où cette élection serait fermée. Et ce sera probablement le cas, selon lui à en juger par certains indices.

"Rien n’indique que cette élection sera ouverte et tous les indices laissent d'emblée penser qu’elle sera fermée comme les précédentes", appréhende t-il, ajoutant que le parti n’a pas encore pris sa décision quant à une éventuelle participation. "La participation aux prochaines élections présidentielles n’est pas tranchée. Pour que les choses soient claires, le FFS n’est ni pour ni contre un quelconque candidat. La question sera débattue, incessamment, par les instances du parti".

Le premier secrétaire du FFS pose le problème autrement, jugeant que "l’Algérie a besoin aujourd’hui plus que jamais, d’un consensus national, non pas autour d’une élection ou d’un candidat, mais autour du principe de sauvegarde de la Patrie, du développement, de la prospérité, des droits et libertés de son peuple".

Sur le même registre, il ajoutera que l’élection n’est qu’un "simple élément dans le tout démocratique" et pour qu’elle soit pluraliste et démocratique, il faudrait qu’elle soit accompagnée "du respect des libertés et de l’ouverture du champ politique et médiatique aux syndicats et associations".Et à propos de l’ouverture du champ politique, il relève qu’il demeure toujours fermé.

Bétatache soulèvera aussi la question de l’officialisation de Tamazight. "Il est grand temps pour que la langue Tamazight à l’instar de l’islam et l’arabité, trouve son statut comme langue nationale et officielle", dit-il.

En déplorant, par ailleurs, le fait que "Alger est l’une des rares capitales de la planète où il est interdit de manifester". Le premier secrétaire du FFS évoquera aussi les principes fondateurs du FFS et les crédos qui ont toujours guidé sa démarche politique.

La ligne politique du FFS "reste claire" et sa stratégie "ne changera pas" et il "continuera à militer pour le changement pacifique et démocratique" dit-il , rappelant que la mission que s’est donnée le FFS depuis sa fondation en 1963 est la consécration de la liberté du peuple et la garantie de sa dignité sous une démocratie véritable".

En rapport avec son histoire en tant que formation politique de l’opposition, Ahmed Bétatache fera encore un plaidoyer pour les martyrs du parti. "Le FFS exige que les militants de la démocratie victimes des bavures des premières années de l’indépendance en 1962 et 1963 bénéficient du statut de martyr. Nous avons déposé un projet de loi dans ce sens à l’APN".

Pour rappel, le groupe parlementaire du parti avait déposé un projet de loi sur le bureau du président de l’Assemblée. Pour le moment, pas de réponse, mais probablement, soutiennent, les observateurs, tout dépendra du niveau de repositionnement du FFS par rapport aux enjeux liés à la présidentielle.

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