Le diplomate américain Robert Ford conseille aux décideurs de ne pas se précipiter pour l’élection présidentielle.

Le diplomate américain Robert Ford conseille aux décideurs de ne pas se précipiter pour l’élection présidentielle.
Par Hakim Megatli | 13 Aout 2019 | 15:04

L’ancien ambassadeur des Etats-Unis en Algérie, Robert Ford, connu pour être l’un des faucons du Département d’Etat, et celui qui a mis la Syrie à feu et à sang, lorsqu'il était ambassadeur dans ce pays, s’inquiète (?) de la situation politique en Algérie.

Dans une tribune publiée par le journal arabe, «Echarq Al Awsat», il se pose la question crument : «Est-il possible pour l’Algérie d’éviter le scénario de la Syrie et de la Libye».

Le diplomate américain qui est un fin connaisseur de l’Algérie hésite à répondre à cette lancinante question préférant se poser une autre question : «Gaid Salah va-t-il accepter de céder aux revendications du Hirak de sorte à donner plus de crédibilité à la commission du dialogue qui pourrait jouer un rôle crucial ?»

Robert Ford qui a fait un point de situation de l’impasse politique algérienne, estime qu’il n’est pas possible d’émettre un quelconque pronostic s’agissant de l’issue du bras de fer entre le chef de l’armée et les manifestants.

C’est pourquoi, il convoque une sagesse arabe qu’il décline sous forme d’un conseil à ceux qui détiennent le pouvoir en Algérie quant à l’opportunité ou pas d’organiser urgemment l’élection présidentielle.

«La précipitation mène  au regret, et la sérénité conduit à la paix», assène Robert Ford.

Pour le diplomate américain, il est donc déconseillé d’imposer une élection présidentielle sans satisfaire au préalable des conditions politiques qui vont garantir un dialogue «serein et inclusif».

Une telle option s’apparente d’après lui un à «suicide politique» ; une formule qu’il a emprunté à un brillant journaliste dans sa mise en perspective du face à face entre l’armée et le peuple.

Ford estime que tous les «amis» de l’Algérie; «un pays riche dans sa diversité culturelle» de par le monde, apprécient que les deux parties ont su jusque là éviter l’affrontement.

Mais il se garde bien de se projeter sur l’avenir d’autant plus  que «Gaid Salah rejette toute idée de faire des concessions, alors même, appuie-t-il, «les deux partis (PFLN et RND NDLR) qui le soutiennent appartiennent à l’ancien régime n’ont aucune crédibilité et ne disposent pas de bases populaires»

Ford rappelle que le panel du dialogue a refusé de rencontrer les responsables de ces deux partis et relève une «dualité» du discours entre le chef le l’armée et le président de l’Etat Abdelkader Bensalah.

Il en veut pour preuve que Bensalah avait accepté les préalables du panel pour l’ouverture du dialogue, libération des détenus, allègement du dispositif de sécurité, liberté de manifestation... alors que Gaid Salah a rejeté fermement de céder sur quoi que ce soit.

En conclusion, le diplomate américain qui travaille désormais pour l’ONU, semble croiser les doigts sur l’issue de cette guerre d’usure entre le Hirak populaire et le pouvoir   en place.

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