L’opposition se réunit et la société civile s’organise : est-ce le début de solution ?

 L’opposition se réunit et la société civile s’organise : est-ce le début de solution ?
Par Hakim Megatli | 12 Juin 2019 | 13:54

A l’ombre du pessimisme ambiant qui enveloppe la scène politique quant à la décantation de la situation, il y a pourtant des signes probants qui montrent que l’Algérie va se mettre sur la voix de la raison et du compromis.

Le président Bensalah a certes clairement appuyé le maintien du Premier ministre Bedoui auquel il a demandé de mobiliser le gouvernement «durant cette période cruciale que vit notre pays», et l’a instruit d’examiner les mesures à prendre pour faire aboutir le «dialogue nationale» autour de l’élection présidentielle.  

Mais en face, l’opposition politique et la société civile n’e sont pas restés les bras croisés.

Les Forces du changement pour le triomphe du choix du peuple, qui regroupent plusieurs personnalités et partis, ont annoncé mardi la tenue à la fin du mois de juin d’une rencontre nationale de l’opposition.

Un rendez-vous inédit en ce sens qu’il est censé regrouper tous les partis d’opposition sans exception ainsi que des personnalités nationales à l’instar de Mouloud Hamrouche, Taleb Ibrahimi, Rachid Benyelles, Ali Yahia Abdenour, des intellectuels, des syndicats, des acteurs associatifs...

Signe d’un regain de prise de conscience quant à la nécessité de faire cause commune contre la tentation du pouvoir de valider sa feuille de route telle que déclinée par Bensalah, la rencontre de mardi chez Djaballah a vu la participation de Soufiane Djilali (Jil Jadid) et de Faouzi Rebain (Ahd 45).

Les organisations ne perdent pas espoir de faire venir les leaders du FFS et du RCD avec qui des contacts ont été établis.

Et si ces deux partis dont les chefs, Mohcin Belabbas et Hakim Belahcel, se sont rencontrés hier pour la première fois au siège du RCD, rejoignent les autres leaders, l’opposition politique sera au grand complet lors de sa rencontre nationale.

Sans doute que cela lui confèrera davantage de poids et de punch pour s’imposer comme un partenaire incontournable du pouvoir sans lequel aucune solution à la crise ne peut être validée.

Mais auparavant tout ce beau monde doit s’entendre définitivement sur l’option à défendre entre une Assemblée nationale constituante ou une élection présidentielle.

L’opposition réunie pourra en effet constituer un rapport de force qui contraindra les décideurs actuels regroupés autour de l’état- major de l’armée et le président de l’Etat à lâcher du lest et s’ouvrir à une feuille de route plus consensuelle.

Rapport de force

Ceci d’autant plus que, à côté, la société civile particulièrement active, a doublé tous les partis en parvenant à caler une conférence nationale pour samedi prochain au siège de l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (UNPEF).

Les dynamiques de la société civile, regroupent des syndicats, des forums, des associations, des universitaires et autres acteurs sociaux et économiques, sont parvenus après des semaines de débats à sceller un consensus sur deux options à débattre lors de la conférence nationale.

Samedi prochain, les participants vont croiser les mots sur une transition démocratique avec l’élection d’une Assemblée constituante défendue par une partie, et la tenue d’abord d’une élection présidentielle par une autre.

Comble de l’ironie, c’est à peu près le même format de discussion et les mêmes questions que la rencontre nationale de l’opposition envisage de trancher.  

Du coup, il sera très facile in fine de fédérer les deux démarches pour en faire une vraie feuille de route qui tire sa substance des revendications du peuple et qui va être solidement défendue par un contre-pouvoir plus représentatif en ce qu’il représente tous els segments de la société.

C’est dire que si les choses évoluent tel qu’elles se dessinent, le pouvoir sera bien obligé de tenir compte du nouveau pôle et accepter de discuter d’égal à égal.

L’objectif n’étant pas de satisfaire des désirs de pouvoir ou des egos, mais de trouver le meilleur compromis politique en faveur d’une transition douce et apaisée en faisant abstraction des blocages psychologiques et des fantômes sémantiques.

Voir tous les articles de la catégorie 'Politique'

Commentaires