Elles invitent le pouvoir au « dialogue » : Les Forces nationales pour la Réforme en conclave à l’Aurassi

       Elles invitent le pouvoir au « dialogue » : Les Forces nationales pour la Réforme en conclave à l’Aurassi
Par Nabil Semyane | 11 Aout 2020 | 15:18

C’est dans un contexte politique marqué, en ce mois d'août,  par une profonde léthargie, conséquence de la pandémie du Coronavirus, que des partis politiques, organisations de la société civile et personnalités indépendantes ont lancé une initiative qu’ils inscrivent volontiers  dans le cadre du débat sur la révision de la constitution.

En lui accordant l’autorisation  de se réunir  mardi à l’hôtel Aurassi, haut lieu des grandes messes politiques officielles, contrairement aux forces du PAD (interdite de rencontre), le pouvoir en place donne implicitement son onction à   cette initiative dont le maître d’œuvre semble être Abdelkader Bengrina, candidat malheureux à la présidentielle du 12 décembre.

Justement dans son allocution d’ouverture, le chef du part parti El Bina, qui préside l’APN, a estimé que « le peuple algérien est toujours en attente de la concrétisation des aspirations portées par le Hirak », se félicitant que « l’Algérie ait pu préserver ses institutions dans un contexte particulièrement critique  ,grâce au peuple Algérien et à son armée qui ont fait bloc et un processus constitutionnel qui, s’il n’est pas l’idéal, a permis a pays de sortir de l’impasse politique »

Abdelkader Bengrina appelle en outre à "un dialogue sincère" entre pouvoir et opposition pour, dit-il, « dessiner de nouvelles perspectives politique au pays », mettant par ailleurs en garde contre « la contre révolution qui veut nous ramener en arrière »

Pour sa part, Tahar Benbaibéche, un des chefs de parti qui ont répondu à l’invitation, estime que « l’initiative est beaucoup plus nationale que politique », arguant de  la qualité des participants qui sont beaucoup plus des représentants de la société civile,  des syndicats , des activistes du Hirak, des personnalités indépendantes.

Benbaibéche, tout en exprimant son inquiétude face à ce qu’il qualifie de « désertification de la scène politique », à cause à la fois de la crise du Coronavirus et de l’absence d’initiatives insiste sur la caractère « délicat de la situation politique , économique et social du pays, du fait de la baisse des revenus pétroliers et de la crise du Coronavirus »

Benbaibéche, comme Bengrina avant lui, appelle le pouvoir au "dialogue" pour dégager des solutions consensuelles, préalables selon lui aux réformes en profondeur qu’il juge « inévitables »

Dialogue, c’est également le leitmotiv du président du syndicat des magistrats, présent à cette réunion, invitant à des « concessions » et « au renoncement à des certitudes et à des idées »

« Dans ce qu’il semble être une critique quant à l’instrumentalisation de la justice,Yessad Mabrouk explique « que le juge ne peut pas régler des problèmes politiques, son rôle est de dire le droit  dans la commission des crimes »

Parlant de la situation politique, il dira que « nous sommes ici grâce au Hirak et sans ce Hirak je ne sais pas ce qui serait advenu de l’Algérie, il appartient au pouvoir  de prendre l’initiative du dialogue pour asseoir un nouveau consensus  politique »

Le patron du syndicat des magistrats termine son intervention  à nouveau sur la Justice en expliquant que son indépendance reste encore « un slogan creux », invitant à la mise en place d’ »un état avec des instituions forte, faute de quoi nous ne sortirons pas de l’impasse avertit-il.

Même si les promoteurs de cette initiative, qui n’ont pas du reste un grand poids sur la scène politique, se gardent de faire de la politique, personne n’est dupe de leur démarche qui a tout l’air de s’inscrire dans l’orbite du pouvoir qui est à la recherche de relais politiques dans la société en prévision  des futures législatives.

Tout porte à croire que les partis du FLN et du RND, malgré les toilettages organiques opérés dernièrement dans leurs maisons respectives,  ne rentrent plus dans les plan du nouveau pouvoir qui n’entend pas se lester de leur passé rédhibitoire bouteflikien. 

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