Véhicules de moins de trois ans : le faux cadeau des députés aux citoyens lambda

 Véhicules de moins de trois ans : le faux cadeau des députés aux citoyens lambda
Par Hakim Megati | 14 Novembre 2019 | 14:57

Maintenant que le projet de loi des finance  (PLF) 2020 a été adopté à la majorité ce jeudi matin par l’Assemblée Populaire nationale, que faut-il retenir vraiment de positif ? Rien ou si peu si l’on jette un coup de d’œil sur les cinq menus amendements apportés à la mouture initiale du gouvernement.

Ce dernier a voulu emballer l’autorisation d’importation des véhicules de moins de trois ans, sous forme d’un joli cadeau offert aux algériens incapables de se payer des bagnoles flambants neuves.

Mais à y regarder de prés, cela n’a rien d’une bonne affaire. C’est même une formidable opération de mystification qui risque de provoquer bien des désillusions.

En effet, le gouvernement a fini par s’en sortir à bons comptes en n’offrant ce privilège d’acquérir un véhicule de tourisme de moins de trois ans qu’aux algériens qui déposent de solides comptes bancaires.

L’amendement du fameux article 106 a juste permis l’extension de l’autorisation  d’importation des véhicules de tourisme à essence de moins de trois ans à ceux à moteur diesel.

Autrement dit, des algériens «friqués» pourront désormais s’offrir des «bolides» allemands de moins de trois ans, légèrement moins chers mais qui restent largement hors de portée de l’algérien lambda.

Exit le discours initialement  inquiet sur la pollution que provoque le carburant diesel que tenait le gouvernement notamment sa secrétaire d’Etat à l’environnement !

De fait, cette autorisation des véhicules diesel au-delà de sa contradiction avec la prétention du gouvernement  de vouloir limiter voire interdire leur importation pour se mettre dans l’air du temps, pose également un problème d’équité sociale.

La mesure ne profite pas du tout en effet aux faibles revenus dés lors que les véhicules de moins de trois ans en Europe et en France notamment, demeure excessivement chers.   

Une simple consultation des sites de ventes en ligne de ce type de voitures «d’occase», renseigne que cette autorisation d’importation des véhicules de moins de trois ans, ne profite qu’aux riches.

A titre d’exemple, la citadine Clio 4 immatriculée en 2017 ; c'est-à-dire de moins de trois ans,  et qui est une voiture très prisée en Algérie est proposée entre 10.900 et 12.900 Euros.

Autrement dit, elle va coûter, dans le meilleur de cas, environs deux millions de dinars (200 millions de centimes)rendue en Algérie, sans compter les autres frais.

Question à un dinar fortement dévalué : Qui pourra se payer une aussi petite voiture à ce prix ? Il est évident qu’un simple fonctionnaire aura bien du mal à se l’offrir, surtout qu’il devra également s’acquitter des droits de douanes.

Tout compte fait, cette autorisation de l’importation des véhicules usagés que les algériens attendaient depuis des années, s’avère n’être qu’une imposture politique destinée à faire rêver le peuple d’en bas.

Dans les faits, la bonne affaire ce sont les gens aisé financièrement et les députés qui l’ont adoptées qui en profiteront.

La mesure aurait pu être profitable à tous si elle a été  portée à cinq années et non pas seulement trois.

Mais nos honorables «élus du peuple» ont précisément oublié de défendre les intérêts de ce même peuple qu’ils prétendent représenter.

Plus que jamais un véhicule de tourisme restera donc un luxe difficile d’atteinte dans un pays où il devient, non pas uniquement nécessaire mais indispensable au regard de l’état de sous développement des transports publics.  

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