Un sommet islamique pour mettre la pression sur la Syrie

Un sommet islamique pour mettre la pression sur la Syrie
Par Abbès Zineb | 14 Aout 2012 | 11:54

Les dirigeants du monde musulman se réunissent mardi soir dans la ville sainte de La Mecque pour exercer une pression symbolique sur le régime syrien qu'ils entendent suspendre de leur forum, l'Organisation de coopération islamique (OCI). L'Arabie saoudite a pris l'initiative de ce sommet, une façon d'asseoir son leadership sur le monde musulman. Mais au regard des divisions entre les 57 pays de l'OCI, qui réunissent plus d'un milliard et demi d'habitants, le sommet ne peut avoir qu'une portée symbolique.

Lundi soir, la réunion ministérielle préparatoire au sommet a recommandé une suspension de la Syrie de l'OCI, mais les débats s'annoncent houleux, l'Iran, fidèle allié du régime de Bachar el-Assad, étant opposé à une telle mesure. "Je suis ouvertement contre la suspension de n'importe quel pays", a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, en ajoutant : "Suspendre un pays ne signifie pas aller vers un règlement du problème. En agissant ainsi, vous voulez éluder la question." Un autre poids lourd de l'OCI, l'Algérie, semble réservé sur une telle mesure, selon des participants.

Le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud al-Fayçal, a dénoncé, lundi, la politique de "la terre brûlée" de Damas et a estimé que la violence qui ensanglante la Syrie était "la conséquence du fait que (le régime) a ignoré les demandes de son peuple". "La situation douloureuse" que vit le monde islamique à travers le conflit syrien "ouvre la voie à l'affaiblissement de notre oumma (nation) et donne des prétextes à l'ingérence dans nos affaires", a-t-il prévenu.

Un responsable du ministère saoudien des Affaires étrangères, Mohammed Ahmed Taieb, a affirmé à l'AFP que certains délégués appelaient à une position encore plus ferme à l'égard de Damas, et voulaient notamment exiger "le départ du président Assad" et "la préparation de la période de transition".

Pas de délégué syrien

Si l'Iran soutient ouvertement le régime syrien, plusieurs autres pays membres de l'OCI aident les rebelles à résister sur le terrain aux forces de Bachar el-Assad, que ce soit par l'envoi d'armes, de moyens de communication ou autres soutiens logistiques. Le régime syrien accuse notamment le Qatar et l'Arabie saoudite d'armer les rebelles.

La Syrie n'enverra pas de délégué à la réunion, selon le secrétaire général de l'Organisation de coopération islamique (OCI) Ekmeleddin Ihsanoglu, tandis que l'opposition n'avait pas jusqu'à dimanche été invitée au sommet, d'après le président du Conseil national syrien (CNS), Abdel Basset Sayda.

Alors que la crise en Syrie s'éternise, faute de consensus au Conseil de sécurité des Nations unies, les participants espèrent néanmoins parvenir à des avancées. Sur le plan symbolique, la réunion se tient dans le lieu le plus important pour les musulmans, la ville de La Mecque, pendant la "nuit du destin" la plus sacrée du mois de jeûne du ramadan, durant laquelle le Coran a été révélé au prophète Mahomet, selon la tradition musulmane.

Les États-Unis ont indiqué que leur envoyé spécial auprès de l'OCI, Rashad Hussain, suivait de près les travaux et que sa présence démontrait leur engagement à travailler avec leurs "partenaires de la communauté internationale pour soutenir les aspirations du peuple syrien et mettre plus de pression sur le régime de Bachar el-Assad".(Afp)

 

Mots-clés :
Catégories : International

Voir tous les articles de la catégorie 'International'