Plus de 2.500 personnes tuées en Irak ces trois derniers mois selon l'ONU

Par Abbès Zineb | 01 Juillet 2013 | 22:31

Les violences ont fait plus de 2.500 morts ces trois derniers mois en Irak, selon des statistiques de l'ONU publiées lundi. L'Irak est secoué depuis des mois par un mouvement de contestation des sunnites contre le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, par des tensions entre le gouvernement central et le Kurdistan irakien, ainsi que par un blocage politique qui empêche l'adoption de lois essentielles au bon fonctionnement du pays.

Selon la mission de l'ONU en Irak, 761 personnes ont été tuées 1.771 autres blessées dans le pays en juin, ce qui porte à 2.518 le bilan total des morts pour les trois derniers mois. Le gouvernement irakien, dont les estimations sont régulièrement bien en-deçà de celles de l'ONU, a fait état de 240 morts en juin. Selon l'ONU, la plupart des victimes des attaques de juin étaient des civils.

Les attentats de juin ont visé plusieurs groupes différents au sien de la société irakiennes -- des agents du gouvernement et membres des services de sécurité, des citoyens, des miliciens engagés contre Al-Qaïda et des personnes jouant ou regardant du football. Lundi, la violence ne connaissait aucun répit, avec une nouvelle attaque qui a tué huit anciens membres de la milice des Sahwa, enlevés chez eux avant l'aube par des hommes armés en uniforme militaire puis abattus.

Pendant la seule semaine passée, neuf membres des Sahwa, coalition de milices s'étant rangées du côté des Etats Unis et membres d'Al-Qaïda depuis 2006, ont péri dans des attaques. Les insurgés "cherchent à faire un nombre important de victimes, pour mettre le gouvernement dans l'embarras, attiser les frustrations et peut-être accélérer un retour des milices", a estimé John Drake, expert pour la firme britannique de risque pays AKE Group.

Deux attaques visant des chiites ont fait au moins 33 morts

Deux attaques visant des chiites ont fait au moins 33 morts et une cinquantaine de blessés lundi soir dans la province instable de Diyala, au nord de Bagdad, a-t-on annoncé de sources officielles. A Mouqdadiyah, un kamikaze a fait exploser sa veste bourrée d'explosifs dans un hall où se déroulaient les funérailles d'un chiite, selon un colonel de police.

L'attentat, qui s'est produit vers 22H00 (19H00 GMT), a fait au moins 23 morts et 27 blessés, ont précisé cet officier et un médecin. Dans le même temps, dans la ville de Bakouba une bombe a explosé dans un café situé dans un quartier majoritairement chiite, faisant dix morts et 22 blessés.

Plus tôt dans la journée, à Mishahada, au nord de Bagdad, huit anciens membres de la milice sunnite des Sahwa, qui lutte contre Al-Qaïda, avaient été enlevés chez eux par des hommes armés et en uniforme militaire puis abattus.

L'Irak connaît une flambée de violences depuis le début de l'année. Elles ont fait plus de 2.500 morts ces trois derniers mois, selon des statistiques de l'ONU publiées lundi qui font craindre que le pays, paralysé par une crise politique, ne retombe dans un conflit confessionnel ouvert. L’Irak est secoué depuis des mois par un mouvement de contestation des sunnites contre le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, par des tensions entre le gouvernement central et le Kurdistan irakien, ainsi que par un blocage politique qui empêche l'adoption de lois essentielles au bon fonctionnement du pays. (Agences)

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