Mali : un groupe rebelle touareg annonce la fin de ses opérations militaires

Mali : un groupe rebelle touareg annonce la fin de ses opérations militaires
Par Abbès Zineb | 05 Avril 2012 | 11:16

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), importante composante de la rébellion touareg malienne, a proclamé hier soir "la fin" de ses "opérations militaires" dans le nord du Mali. Le MNLA "décide unilatéralement de proclamer la fin des opérations militaires à compter d'aujourd'hui à minuit", indique un communiqué mis en ligne sur le site Internet du mouvement et signé de son secrétaire général, Bilal Ag Chérif.

Cette décision a été prise à la "suite de la libération complète du territoire de l'Azawad et compte tenu de la forte demande de la communauté internationale, notamment du Conseil de sécurité de l'ONU, des Etats-Unis, de la France ainsi que des Etats de la sous-région (...)", explique le texte. Le MNLA annonce avoir créé l'Etat de l'Azaouad dans cette région sud-saharienne et appelle la communauté internationale à protéger ce nouveau territoire regroupant les régions de Kidal, Gao et Tombouctou dont les rebelles ont chassé les troupes gouvernementales la semaine passée.

Le MNLA "invite en conséquence les Etats de la sous-région et la communauté internationale à garantir le peuple de l'Azawad contre toute agression du Mali", conclut le communiqué, signé depuis Gao, ville du Nord malien prise samedi par la rébellion et des groupes islamistes. Profitant du putsch à Bamako contre le président Amani Toumani Touré le 22 mars, les rebelles touareg et des groupes islamistes ont pris en fin de semaine le contrôle des trois métropoles du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou, coupant le pays en deux.

Les islamistes d'Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) ont, depuis lors, pris le dessus sur la composante laïque de la rébellion, incarnée par le MNLA, qui affirme "tenir sa position" face à ses rivaux. Les rebelles touareg entretiennent des relations compliquées avec les salafistes, qui disposent d'une force militaire potentiellement supérieure. Les deux factions pourraient être amenées à s'affronter prochainement en raison d'objectifs divergents.

La montée en puissance de ces groupes islamistes a suscité l'inquiétude au sein de la communauté internationale, en particulier de la France qui a obtenu mercredi le vote d'une résolution du Conseil de sécurité sur la situation au Mali. Le Conseil de sécurité a demandé aux militaires putschistes à Bamako de rétablir sans tarder le gouvernement légitime et aux rebelles dans le Nord de déposer "immédiatement" les armes et d'entamer des négociations.

Il s'est "inquiété de la présence dans la région" d'AQMI, qui pourrait "déstabiliser encore davantage" la situation, et a "condamné fermement les attaques, les pillages et la confiscation de territoire" par les rebelles dans le Nord. Les Etats africains et les organisations internationales ont unanimement rejeté l'idée d'une partition du Mali.

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