Malgré les sanctions et les pressions internationales, le pouvoir en Syrie tient bon

Malgré les sanctions et les pressions internationales, le pouvoir en Syrie tient bon
Par Abbès Zineb | 13 Avril 2013 | 15:09

Deux ans se sont écoulés à la crise syrienne, les pressions internationales se poursuivent sur tous les plans politique, militaire, économique, diplomatique… mais malgré tout, le régime syrien tient bon, et continue de faire face à la guerre universelle déclenchée contre lui.

Certes, l’objectif primordial et peut-être unique de cette offensive est de frapper l’axe de la résistance, pour permettre en fin de compte à Israël de vivre en paix, sans que des menaces existentielles ne continuent de peser sur lui. C’est ce qu’a d’ailleurs exprimé ces derniers jours Amos Gilad, chef du bureau de la sécurité diplomatique du ministère israélien de la guerre. Selon lui, quel que soit le nouveau régime mis en place en Syrie, il sera meilleur que celui de Bachar el-Assad pour Israël.

Cet aveu résume donc les dessous de la guerre menée contre la Syrie, une guerre qui n’est pas parvenue à réaliser ses objectifs grâce à tout un système politique, militaire, économique et social qui est resté solide devant cette épreuve.

"Tout est made in Syria"

Sur ce sujet, l’adjoint du ministre syrien de l’information Khalaf elMoftah fournit la première raison de la ténacité de l’Etat et des institutions syriennes. « Tout est "made in Syria", pour cette raison aucune institution n’a été influencée par le facteur extérieur. Tout en Syrie a pu préserver son identité malgré les pressions », avance-t-il dans une interview exclusive au site d’information d’alManar.

De plus, la personnalité du président Assad est un facteur décisif dans la guerre en cours. « La direction syrienne a fait preuve d’une sagesse inouïe, et le président Assad est resté fort sur le plan psychologique. Il a pu tenir en main le jeu international et régional et réunir un fort soutien régional et international pour instaurer ensuite une sorte d’équilibre qui a protégé l’Etat syrien des complots ».

Et d’énumérer ensuite les autres facteurs qui ont aidé la Syrie à résister. On en cite :

- La Syrie a pu compter sur des alliés fidèles.

- Elle a déjoué dès le début le complot international et a dévoilé ses enjeux.

- La personnalité de Bachar elAssad qui est aimé du peuple syrien.

- L’alternative proposée par les ennemis du régime ne traduit pas les aspirations du people syrien.

- La ténacité du système militaire, politique et économique.

- La grande popularité du régime comme le démontrent les sondages arabes et occidentaux.

 L’économie syrienne : un atout de force

Outre les combats armés, la Syrie mène une bataille de nature différente, celle de la lutte contre le siège économique occidental et arabe imposé sur elle. Malgré ce blocus, la direction syrienne a continué d’assurer au pays les ressources financières et les services tels que l’hospitalisation gratuite, l’électricité, l’énergie…

Par ailleurs, la direction du pays a adopté la politique de l’ouverture vers l’Est, ce qui a permis aux institutions de l’Etat de continuer à fonctionner malgré les dégâts énormes qui ont frappé l’infrastructure et les secteurs vitaux, à l’instar des stations de production d’électricité, du raffinage du pétrole, du réseau routier. Malgré ces difficultés, le gouvernement a pu préserver un certain niveau de la stabilité monétaire.

 Entre l’ouverture et l’autosuffisance

Avant l’an 2000, la Syrie a adopté une politique économique axée avant tout sur l’Etat syrien. Depuis le mandat du président défunt Hafez elAssad, l’économie syrienne n’a jamais été dépendante des aides occidentales ni du système capitaliste. La Syrie a suivi la politique de l’autosuffisance sur les plans de l’agriculture, du pétrole, et de l’industrie à un certain niveau.

Elle a amoindri les importations de l’étranger et s’est concentrée avant tout sur la production locale.

Après l’an 2000, la Syrie s’est ouverte de plus en plus sur ses voisins comme l’Iran, l’Irak, la Turquie voire les pays du Golfe, et le groupe des pays du BRICS, les pays de l’Amérique du Sud et certains pays européens. Elle a signé plusieurs accords sans pour autant subordonner son économie aux mesures occidentales.

 L’économie : diversité et productivité

Sur le plan économique, l’assistant du ministre de l’économie syrienne Hayyan Souleiman explique que « l’économie syrienne est d’une nature diversifiée et productive. La Syrie est parmi les pays les moins endettés du monde, et entretient de bonnes relations avec des grandes puissances telles que la Russie, la chine, la République Islamique. Tout ceci a permis à la Syrie de faire face à la crise et de minimiser ses répercussions négatives », a-t-il indiqué au site arabophone d’alManar.

Et d’ajouter à la grande surprise de tous : « Aucune société économique n’a tardé à payer les salaires de ses employés. Le budget annuel de 2013 est supérieur à celui de 2012, et nous avons des réserves monétaires suffisantes. Maintenant nous nous adoptons de plus en plus au complot et à la guerre menée contre nous ».

L’industrie : destructions et vols

La Syrie compte depuis toujours sur ses usines locales, notamment celles situées dans la ville d’Alep, considérée comme étant « le poumon économique » et la deuxième capitale de la Syrie. C’est seulement en été dernier que la crise a frappé cette ville importante, suite à l’infiltration de milliers d’hommes armés dans le cadre d’un plan visant à prendre le contrôle d’Alep. Toutefois ce plan a échoué grâce aux opérations de l’armée syrienne.

Pour la direction syrienne, l’infiltration des groupes armés à Alep a été facilitée par une action de renseignements coordonnée avec le gouvernement turc qui a volé les industries de ladite ville. D’après l’expert économique Hayyan Souleiman, « Recep Tayeb Erdogan, le Premier ministre turc, détruit les industries syriennes, notamment celles qui rivalisent avec l’industrie turque, comme les textiles, les produits alimentaires et médicaux, et le ciment ».

Et de poursuivre : « Les Turcs ont également volé les puits du pétrole, les saisons de la moisson. Ils ont coupé les oliviers et volé les marchandises des dépôts ».

 Les médias : les défis et la confrontation

Bien que plus de 200 institutions médiatiques arabes et médiatiques aient été utilisées dans la guerre psychologique et médiatique contre la Syrie, et que des milliards de dollars aient été consacrés pour la mise en place des « empires médiatiques », les médias syriens se sont efforcés pour combler les lacunes dans cette guerre inégale.

« Le fait de raconter la vérité de ce qui se passe sur le terrain a permis aux médias syriens de gagner un large public », avance Khalaf elMoftah, soulignant le rôle des médias de la résistance, des écrivains arabes, des pages de socialisation, et du site électronique de l’armée syrienne d’illuminer l’opinion publique et de faire face à la campagne internationale hostile ».

Selon lui, « la bataille actuelle oppose la résistance aux forces de l’arrogance mondiale. Pour cette raison, les instances internationales et arabes ont muselé les chaines satellitaires syriennes et les ont suspendues des satellites arabes et européens. Ces mesures ont coïncidé avec des actes d’intimidation contre les employés dans le secteur médiatique syrien, à l’instar des attentats contre des cadres médiatiques et la destruction du siège de la chaine de télévision syrienne alEkhbariya ». (Al Manar)

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