Le conflit syrien et la menace de contagion régionale

Le conflit syrien et la menace de contagion régionale
La Rédaction | 17 Aout 2012 | 02:11

Des pays du Golfe ont commencé à évacuer leurs ressortissants du Liban jeudi à la suite d'enlèvements liés à la guerre civile syrienne, qui ravivent les craintes de voir la violence se répandre dans une région déjà en proie à des conflits religieux.

Un puissant clan chiite libanais a enlevé mercredi une vingtaine de personnes à Beyrouth et annoncé que leur otage turc serait le premier à mourir si leur proche retenu par les rebelles syriens était tué.

Le clan Meqdad cherche à faire pression sur les rebelles qui se battent pour renverser Bachar al Assad afin que soit relâché Hassan al Meqdad, retenu prisonnier par l'Armée syrienne libre (ASL) à Damas depuis deux jours.

Cette puissante famille a ciblé à la fois les Syriens qu'elle soupçonne d'appartenir à l'ASL et les ressortissants de la Turquie, l'un des principaux soutiens régionaux des insurgés syriens à majorité sunnite.

Les ravisseurs avaient menacé mercredi de s'en prendre également aux ressortissants saoudiens, qataris et turcs pour assurer la libération de leur parent, ce qui a amené la plupart des pays du Golfe à inviter leurs citoyens à quitter le Liban.

Mais le clan Meqdad a annoncé jeudi qu'il avait suffisamment d'otages et avait "cessé les opérations militaires", signalant i qu'il ne procèderait pas à de nouveaux enlèvements. L'otage turc a dit à une télévision libanaise qu'il était bien traité.

Contagion

Le Premier ministre libanais, Nadjib Mikati, a condamné les enlèvements, mais son gouvernement semble impuissant. "Cela nous ramène aux heures d'une guerre douloureuse, une page que les citoyens libanais ont essayé de tourner", a-t-il déclaré.

Les violences liées aux combats en Syrie se sont déjà, par le passé, propagées au-delà des frontières du pays, les rebelles syriens faisant passer armes et vivres via le Liban.

Mais ces prises d'otages de part et d'autre de la frontière ajoutent une nouvelle donnée à la guerre stratégique que se livrent les deux voisins pour défendre leurs intérêts régionaux.

L 'Organisation de coopération islamique (OCI), réunie en sommet à La Mecque, en Arabie saoudite, a suspendu la Syrie en raison de la répression militaire menée dans le pays.

 

Cette mesure prise par l'OCI, qui regroupe 56 Etats plus l'Autorité palestinienne, reste toutefois symbolique, l'option d'une implication militaire directe ayant reçu peu de soutien. Elle témoigne cependant de l'isolement de Bachar al Assad dans la plus grande partie du monde arabe, à majorité sunnite.

À Pékin, la Chine a profité d'une visite d'un émissaire spécial du président syrien pour exhorter de nouveau le gouvernement de Damas à entamer le dialogue avec l'opposition et adopter des mesures concrètes pour répondre aux revendications du peuple.

Mais des discussions entre les deux camps semblent fort improbables dans l'immédiat, les rebelles exigeant le départ du pouvoir de Bachar al Assad avant toute négociation, alors que sur le terrain, les violences se poursuivent.

Crise humanitaire

Maher Al Assad, le frère de Bachar Al Assad, aurait été amputé d'une jambe lors de l'attentat qui a coûté la vie à plusieurs responsables des services de sécurité le 18 juillet à Damas, selon un diplomate occidental et une source arabe basée dans le Golfe. Le frère du président syrien n'a pas été vu en public depuis l'attentat.

Les forces fidèles au président Assad ont de plus en plus recours à l'aviation contre les insurgés, tactique qui leur a été reprochée dans les accusations de crimes de guerre formulées mercredi par des enquêteurs des droits de l'homme de l'Onu.

Selon leur rapport, les rebelles ont également commis des crimes de guerre mais ces violations "n'ont pas atteint la gravité, la fréquence et l'amplitude" de celles perpétrées par les forces gouvernementales et les milices "chahiba" pro-Assad.

Le lourd tribut payé par le peuple syrien a été souligné par la responsable des affaires humanitaires de l'Onu, Valérie Amos, qui a estimé jeudi que quelque 2,5 millions de personnes, soit environ 10% de la population, avaient besoin d'aide en Syrie.(Reuters)

 

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