La Turquie met en garde la Syrie

La Turquie met en garde la Syrie
Par Abbès Zineb | 26 Juin 2012 | 16:55

La Turquie a prévenu mardi qu'elle riposterait à toute violation de sa frontière par la Syrie.

De son côté, l'Otan réunie d'urgence à Bruxelles à la demande d'Ankara à la suite de la destruction en vol d'un de ses avions de combat par la Syrie vendredi, a jugé cet incident "inacceptable" et exprimé son "soutien et sa solidarité" à la Turquie.

Lors d'un discours devant le Parlement, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a violemment condamné le régime syrien et affirmé que "les règles d'engagement des forces armées turques (avaient) désormais changé".

"Tout élément militaire qui posera un risque et un danger de sécurité à la frontière turque venant de la Syrie, sera considéré comme un cible" militaire, a-t-il affirmé.

Voyant dans la destruction de son avion en plein vol un "acte hostile" et une "attaque lâche du régime (du président Bachar) al-Assad", il a souligné que cet événement montrait que ce régime était "devenu une menace claire et proche pour la sécurité de la Turquie comme pour son propre peuple".

Il a affirmé que le F-4 Phantom avait été abattu en mission d'entraînement dans l'espace international et non dans l'espace syrien, comme l'affirme Damas.

La Turquie ripostera "en temps opportun" et avec "détermination" à la chute de son avion, a ajouté M. Erdogan, en précisant que son pays continuerait de soutenir le peuple syrien jusqu'à la chute de la "dictature cruelle" en place à Damas.

"Mépris pour les règles internationales"

Dans le même temps, l'Otan s'est réunie à la demande de la Turquie, qui a invoqué "l'article 4 du traité" de l'Alliance prévoyant que tout pays membre peut porter une question à l'attention du Conseil quand il estime que son intégrité territoriale ou sa sécurité est menacée.

"La sécurité de l'Alliance est indivisible. Nous sommes aux côtés de la Turquie dans un esprit de forte solidarité", a déclaré le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen, à l'issue de la réunion.

L'attaque contre l'avion turc est un "exemple supplémentaire du mépris des autorités syriennes pour les règles internationales, la paix et la sécurité, ainsi que pour la vie humaine", a-t-il encore estimé, sans évoquer l'option militaire.

"Le F-4 Phantom abattu testait la défense antiaérienne syrienne" 

Selon des experts spécialisés russes cités par l'agence d'Etat Ria Novosti, le F-4 Phantom abattu testait la défense antiaérienne syrienne pour le compte de l'Otan et sa destruction a montré l'efficacité des systèmes russes dont est équipée la Syrie.

Le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç avait souligné lundi qu'un avion de sauvetage en mer turc avait en outre essuyé des tirs syriens alors qu'il menait des recherches pour retrouver les pilotes du F-4 Phantom.

Il a menacé d'interrompre les exportations d'électricité de la Turquie vers la Syrie en représailles, même si cela pourrait affecter la population civile déjà éprouvée par plus de 15 mois de violences.

Damas avait accusé auparavant Ankara de vouloir "attiser" la crise et mis en garde contre toute "agression" contre le territoire syrien, assurant "ignorer" la nature de la cible abattue.

L'Iran, allié de Damas, a indiqué mardi vouloir user de ses "bonnes relations" avec la Turquie et la Syrie pour régler le dossier, qu'il a qualifié de "très délicat".

Pendant ce temps, les membres du nouveau gouvernement syrien prêtaient serment devant le président Assad, selon la télévision syrienne.(Afp)

 

 

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