France : Sarkozy accusé d'exploiter la lutte contre l'islamisme radical

France : Sarkozy accusé d'exploiter la lutte contre l'islamisme radical
La Rédaction | 04 Avril 2012 | 10:04

Le président français Nicolas Sarkozy est accusé aujourd'hui de mettre en scène des arrestations d'islamistes radicaux, en pleine campagne pour sa réélection, au moment où son principal adversaire, le socialiste François Hollande, cherche un nouveau souffle dans sa campagne.

Une nouvelle vague d'arrestations dans les milieux islamistes était en cours mercredi matin, la deuxième depuis les meurtres de militaires et d'enfants juifs commis entre le 11 et le 19 mars dans la région de Toulouse (sud-ouest) par un jeune jihadiste, Mohamed Merah.

Nicolas Sarkozy, qui fait un parallèle entre le traumatisme causé en France par ces sept assassinats et le 11-Septembre aux Etats-Unis, a proclamé la tolérance zéro à l'égard des islamistes radicaux susceptibles de commettre des actes violents. Les nouvelles arrestations visent "des individus isolés avec pour la plupart un profil à la Mohamed Merah" et non pas des membres d'un réseau, a indiqué mercredi une source policière. Elles ont notamment eu lieu à Roubaix (nord) et à Marseille (sud). Parallèlement, treize islamistes arrêtés vendredi dernier et gardés à vue depuis par la police, ont été inculpés d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Neuf d'entre eux ont été mis en prison aujourd'hui.

Parmi eux, figure le leader d'un groupuscule dissous Forsane Alizza ("Les Cavaliers de la Fierté"), Mohammed Achamlane, chez qui des armes ont été saisies. Le groupe est soupçonné d'avoir envisagé l'enlèvement d'un magistrat juif de Lyon (centre-est). Les arrestations de vendredi dernier avaient été fortement médiatisées. De même, le gouvernement a donné la plus grande publicité à des expulsions d'imams radicaux ou les refus d'accueillir sur le territoire français des prédicateurs musulmans, comme le très controversé Youssef Al-Qaradaoui.

Dès lors, des suspicions d'exploitation politique ont commencé à être avancées par les adversaires de Nicolas Sarkozy, à 18 jours du premier tour de l'élection présidentielle prévue les 22 avril et 6 mai. "Des interventions policières de cet ordre, sous le contrôle de la justice, ne devraient pas se faire, me semble-t-il, sous forme publicitaire, mise en scène", a attaqué le candidat centriste, François Bayrou. "La sécurité et la mise en scène sont deux choses différentes", a-t-il ajouté.

François Hollande, toujours donné gagnant au second tour par les sondages, a estimé de son côté que l'Etat aurait "dû" ou "pu, peut-être, faire davantage avant", sans pousser son raisonnement jusqu'à accuser Nicolas Sarkozy de récupération politique en pleine campagne électorale. "Moi je suis pour la fermeté, pas pour le spectacle et je suis toujours choquée de voir que les télévisions sont là", a en revanche affirmé la chef du parti socialiste, Martine Aubry, alors que certaines rédactions ont été prévenues à l'avance de ces opérations. La lutte contre les islamistes violents continuait cependant d'occuper le terrain médiatique au moment où François Hollande cherche à donner un nouvel élan à sa campagne. Il devait tenir en fin d'après-midi à Rennes (ouest) une réunion publique hautement symbolique, avec Ségolène Royal, candidate malheureuse en 2007, mais aussi son ex-compagne et la mère de ses quatre enfants.

En dépit des différends politiques et privés, ce meeting devait démontrer que tous les socialistes sont unis derrière François Hollande. Le candidat socialiste devait y développer les priorités qu'il compte mettre en oeuvre dans la première année de mandat, en cas d'élection. Il s'agit de 35 mesures annoncées mercredi matin, comme la baisse du salaire du président, le blocage des prix de l'essence, une modification de la réforme des retraites ou la réforme fiscale avec l'imposition à 75% des revenus des super-riches dépassant un million d'euros par an. François Hollande cherche ainsi à ramener la campagne sur un terrain économique, face à un président sortant qui campe jusqu'à présent sur un créneau sécuritaire. Depuis le lancement de sa campagne, son discours très à droite, sur l'immigration en particulier, lui a permis de marquer des points dans les sondages. Il est en tête ou au coude-à-coude avec François Hollande au premier tour, mais reste distancé au second.

AFP

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