Noureddine Boukrouh et l’article de trop

Noureddine Boukrouh et l’article de trop
Contribution | 22 Octobre 2017 | 14:57

Par Moumène Boulakram

Depuis belle lurette, Noureddine Boukrouh ne cesse de ridiculiser le peuple algérien avec des qualificatifs indignes de quelqu’un qui prétend, ni plus ni moins, à la magistrature suprême.

Il a longtemps bénéficié du système qui l’utilise à merveille pour des opérations ponctuelles. La presse qu’il attaque maintenant l’a encensé en maintes circonstances. Elle est, en partie responsable de sa notoriété et de son encouragement à étaler ses prétentions.

Apitoyé par son narcissisme compulsif, j’ai jugé peut être utile d’écrire dans l’espoir de le ramener à ce qu’il est réellement : un algérien ayant profité du système qui veut se prendre pour l’Etre exceptionnel et providentiel qu’il est loin d’être et que tous ce "ghachi" jalouse, envie....et j´en passe.

Passons  à l’article en question paru sur Le Matin.dz du  17 octobre 2017. D’entrée il se sert d’une citation de Condorcet : "Toute société qui n’est pas éclairée par des philosophes est trompée par des charlatans".

Avec cette citation il fixe les règles du jeu. Lui contre tous. Quel mépris pour tous ceux qui le lisent et à qui il ne demande, ni plus ni moins, que de le rejoindre dans sa mission contre le système dont lui même en est l’émanation.

Dans cet article, il explique qu’il assume tout ce qui n’est pas entre guillemets. Comme c’est un monsieur qui s’assume, à la deuxième ligne de son article il écrit : " je m’entends accusé d’être un " égoiste", un "égocentrique", un "zaim" , un futur despote.... J’en déduis, moi, simple quidam qu’il nous informe déjà qu’il sera un despote si par malheur il parvient pà ses fins, puisque ce mot despote n’est pas entre guillemets.

Après, il nous fait une lecon sur les pronoms personnels pour nous démontrer par le "Je", qu’il assume. Mais il a le tort ou la malhonnêteté d’oublier le il et elle ( singulier), car avec il ou elle il peut se faire ramasser, par exemple : Bouteflika a fait de moi un ministre, il m’a renvoyé ce que je ne lui pardonnerai jamais; Ouyahia a été mon chef, il ne me prenait pas au sérieux, c’est la raison pour laquelle je lui en veux. Madame Toumi a été ma collègue dans le gouvernement, elle ne m´a jamais blairé, mais je lui pardonne.

Paragraphe 5, il écrit : "jamais cette initiative quand elle aura été dévoilée dans son intégralité, n’aurait émergé d’un consortium de partis politiques, d’une assemblée de "personnalités nationales" même s’ils devaient en débattre pendant des siècles". Quelle prétention!!

Magnanime, il reconnaît qu’un telle initiative ne peut être faite par une seule personne fusse-t-elle être Boukrouh.

Aussi, paragraphe 6, il écrit : "d’un autre côté, seul un esprit irréaliste peut s’imaginer se lancer en solitaire dans un projet politique". Donc, il admet qu’il n’est pas seul.

Malheureusement pour lui, Il avait  écrit un peu plus haut dans le paragraphe 3 : " En réalité, je n’ai fait que répondre à l´attente de ceux qui me pressent depuis des années de proposer des "solutions" au lieu de me contenter d’analyses et de constats".

Dans cette phrase et d’après sa logique sur les guillemets le terme "solutions" lui est étranger et la logique voudrait, pour être plus clair, plus net et plus sérieux, les " solutions" qu’il allait proposer ne sont pas ses "solutions" mais les "solutions" d’autrui....

Pour meubler son article ou faire diversion, il s´attaque à Said Sadi. A quoi bon s’attaquer à quelqu’un qu’on a fréquenté, apprécié entre autres.

Dans le même cadre il s’évertue à édifier ce "ghachi" en lui expliquant un adage chinois sur la Lune et le doigt. Des paragraphes entiers, plus d´une demi page pour lui expliquer une citation célèbre d’ailleurs, il fallait ni plus ni moins la citer: "Lorsque le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt".

Il veut montrer à ce peuple qu´il méprise combien il est cultivé, combien, nulle part,  on ne peut trouver quelqu’un de son envergure et de son immense culture. Autant lui rappeler une réflexion au sujet de la culture de Abdelaziz Khaldi : "La culture c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale".....

J´ai relevé aussi qu’il a utilisé à trois reprises la même formulation sur notre pays et notre peuple : "Au pays du monde à l’envers" .

Elle me fait revenir à ma prime jeunesse.

Dans mon petit patelin, durant l’occupation coloniale, un monsieur respectable, aisé et analphabète achetait tous les jours Oran Républicain et l’Echo d´Oran, se pointait dans un café et tenait dans ses mains l’un des deux journaux , faisant semblant de lire, lui l’analphabète, pour épater les autres analphabètes qui étaient autour de lui.

Un beau jour, un jeune, de passage devant la scène, lui fit remarquer devant toute l’assistance, qu’il tenait le journal à l’envers. Et cet analphabète aïeul de ce "ghachi" dont je fais partie, de lui rétorquer : "Je le sais mon fils, je l’ai lu à l’endroit et maintenant je m´amuse à le lire à l’envers".

Je ne pense pas que le sieur Boukrouh, notre « bouarrifou » national, aurait trouvé une telle réponse.

Moumène Boulakram

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