Leurs mentors, au plus haut niveau de l’Etat, éclaboussés par la corruption et exposés à de lourdes peines : Quid du RND et du FLN ?

Leurs mentors, au plus haut niveau de l’Etat, éclaboussés par la corruption et exposés à de lourdes peines : Quid du RND et du FLN ?
Par Moumène Belakram | 09 Décembre 2019 | 16:26

Le procureur général près le tribunal de Sidi M’Hamed a requis, dimanche, de lourdes peines contre les anciens Premier ministres et nombre de leurs ministres et hauts cadres de l’Etat. Cela, encore, pour le seul segment d’un procès tout autant retentissant qu’historique, lié à la fumeuse affaire du montage automobile en Algérie.

Ainsi, Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal, Abdeslam Bouchouareb et autres Abdelghani Zaalane, Youcef Yousfi, Mahdjoub Bedda se trouvent exposés, suivant le réquisitoire du procureur, à la prison ferme entre 20 et 15 ans.

Ceci en attendant le procès des autres cadres politiques, actuellement incarcérés tels l’ex patron du FLN, Djamel Ould Abbes, son éphèmere successeur, Mohamed Djemai ou encore le fantasque Baha Eddine Tliba.

Les mis en cause sont, pour la plupart, entre premiers responsables et affidés des formations de tout temps majoritaires sur la scène politique, à savoir le FLN et son clone, le RND.

Plus que son ‘’père spirituel’’, le Rassemblement National Démocratique, surnommé le ‘’bébé moustachu’’ qui aura mordu à fond dans le statut surfait de machine à gagner les élections. Non sur la base d’un travail de militantisme pur jus mais de par des mœurs scélérates avec l’introduction de l’argent sale qui va faire les ravages que l’on sait et dont les révélations sur les chiffres astronomiques sur la dernière campagne pour le cinquième mandat, avorté, constitue la parfaite illustration.

Le pire est que, telle une balle irréversible, la pratique malsaine a déteint en aval, s’érigeant en règle quasi sacerdotale, à niveau local, et ce sont les élections communales et wilayales qui prennent le relais pour entretenir et décupler la spirale infernale.

Comme un accord tacite où les têtes pensantes, et leurs lieutenants, des deux partis agréent l’avènement d’une nouvelle caste d’édiles sachant manier la ‘’chkara’’ avec comme clause le renvoi d’ascenseur dans les deux sens de la pyramide. En prime, une impunité assurée qui ,solidement adossée à une justice aux ordres, conduite par des magistrats ripoux.

La catastrophe est alors incommensurable, au vu des 1500 APC, notamment, où exécutif communal et administration s’ingénient à explorer les voies les plus douteuses pour prendre la part du gâteau.

Malversations, trafic d’influence, détournements multiformes, corruption sur les consultations des marchés, sur le logement social, le foncier industriel, constituent le lot de la majorité des mairies les plus nanties.

La chronique consigne à cet effet, les nombreuses violations, étalées sur le temps, de maires et de leurs subalternes, qui croupissent en prison et dont l’opinion publique aurait volontiers aimé en connaitre les chiffres exhaustifs exacts.

Mais autrement plus important, en cette heure de grande purge et d’assainissement, c’est le cas des assemblées actuelles qui préoccupent fortement.

C’est qu’à l’aune de la présidentielle 2019, bon nombre de maires tentent un recyclage désespéré, en se jetant, avec le même modus operandi nefaste, dans une bataille qui, officiellement, les a laissés sur le carreau.

C’est ce fait précis qui interpelle, in fine, le ministère de l’intérieur. Après le verdict pénal de la justice à l’encontre des hauts cadres de l’Etat et néanmoins grands mentors du binôme FLN- RND, il reste à attendre un verdict d’ordre ethique et moral devant émaner de l’institution tutrice garante de l’orthodoxie des partis politiques et, partant des assemblées populaires.

Défaillants dans une mesure inouïe dans leurs missions statutaires originelles et coupables, d’une façon ou une autre dans la faillite actuelle du pays, le RND et le FLN, prêtent le flanc à une dissolution devenue inévitable, à présent.

Si des personnalités marquantes du vieux parti historique n’ont eu de cesse d’appeler à le remiser au musée de l’Histoire, le SG par intérim du RND et candidat aux élections présidentielles-2019, Azzedine Mihoubi, a aussi évoqué une perspective future de créer un grand pôle nationaliste.

Qui suppléera, forcément, le binôme honni ? 

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