La grève, une atteinte aux droits d’autrui


La grève, une atteinte aux droits d’autrui

Par Djamil Mesrer | 14 Février 2018 | 16:14

La dégradation des rapports entre les fonctionnaires de l'Etat et employés des secteurs public et privé, et leurs employeurs respectifs se traduit, de nos jours, par le recours récurrent et illégal à la grève.
 Alors même que tout un chacun nourrit de la sympathie pour ceux qui travaillent et prennent de la peine dans ce pays, et quand bien même l’on sait que le droit de grève, exercé dans les conditions légales, est reconnu, la majorité des citoyens sondés par notre rédaction estiment qu’il est fâcheux de voir ce droit exercé, à chaque fois, de façon anarchique, sans qu'aucune nécessité extrême ne l'impose et au mépris du fait que la grève soit une façon de se soustraire à ses obligations, non seulement envers l'employeur, mais aussi envers les citoyens destinataires de la prestation.


Des juristes consultés nous ont indiqué que les textes législatifs et réglementaires n'autorisent pas que la grève dépasse une limite raisonnable, quant à sa durée, et aille au-delà de son objectif essentiel qui est de permettre aux travailleurs de porter leurs revendications à la connaissance de la partie concernée.


Les mêmes spécialistes nous ont aussi précisé que, lorsqu’une grève survient dans les secteurs de l'éducation, de la santé ou du transport, par exemple, qui sont des secteurs prestataires de services publics indispensables, ne tolérant aucune discontinuité, le fait de s'abstenir anarchiquement de travailler et de ne pas assurer un service minimum aux usagers constitue une atteinte flagrante à leurs droits.

Or, il faut impérativement éviter de nuire aux intérêts des citoyens de quelque façon que ce soit et surtout au bon déroulement de la scolarité des enfants et par la même celui de la vie quotidienne. Ils conviennent tous de la nécessité de créer une instance arbitrale paritaire permanente qui sera saisie, en cas de blocage et en dernier ressort, des revendications des travailleurs afin qu’elle arbitre, à son niveau, les négociations entre leurs représentants et ceux de leurs employeurs et ce dans le but d'éviter le recours prématuré aux grèves dont les conséquences négatives sont supportées par les citoyens qui sont, sur le moment, privés de soins, ou voient la scolarité de leurs enfants compromise ou leurs déplacements contrariés.


Il se sont accordés à dire qu’Il est du devoir des travailleurs d'éviter le recours intempestif à la grève, sans égard pour les retombées négatives qui en découlent et qui dépassent le cadre de la  relation entre les grévistes et leurs employeurs. Il s'avère, en effet, souvent impossible de réparer les incidences d'une grève qui contrevient à la loi et porte atteinte aux droits d'autrui.


Il recommandent de promouvoir une culture du respect des droits d'autrui et du souci de respect envers les usagers du service public dont il est reconnu, légalement, qu'il ne doit souffrir d’aucune discontinuité préjudiciable à l'intérêt général et qu'il doit garantir les droits des citoyens destinataires de ses prestations et souhaitent que nos jeunes, nos malades et nos voyageurs cessent de faire les frais de la grève et que celle-ci soit évitée autant que faire se peut, car bien que licite, elle est une chose détestable en soi.

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