Du défaut de veille institutionnelle

 Du défaut de veille institutionnelle
Contribution | 07 Septembre 2020 | 16:25

L’APS dans une dépêche datée du 1er septembre 2020 a fait état de déclarations tenues sur les ondes de Radio Monte Carlo par le secrétaire de nationalité Egyptienne du Bureau des Contentieux de l’ONU à Genève.

Ces déclarations avaient trait, selon cette dépêche, au fait qu’une plainte introduite par des activistes politiques algériens à l’encontre des autorités algérienne avait été rejetée 24h après son dépôt et examen de son  contenu par les délégués juristes du Bureau.

Il va sans dire que le contenu de cette dépêche a été repris par de nombreux quotidiens nationaux et autres  sites d’information électronique et chaines publiques et privées de télévision

Le 04 septembre 2020, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme  (HCDH) a réagi par la publication d’une clarification, où il est indiqué que le contenu de cette dépêche de l’APS était inexact, en précisant : « les informations contenues dans l’article ont été complètement fabriquées du début à la fin…il n’existe aucun organe des Nations Unies relatif aux droits de l’homme portant ce nom (Bureau des Contentieux) ».

De même, la clarification du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme  (HCDH) souligne : «Bien qu’il existe un certain nombre d’organes des droits de l’homme qui reçoivent et examinent des plaintes de ce type, aucun d’entre eux ne mène une procédure accélérée en 24 heures ».

En conséquence, il est demandé : « …que l’Algérie Presse Service et Radio Monte Carlo – s’il s’agit bien de la source originale de l’histoire - retirent cette fausse information et lèvent toute ambigüité auprès de leurs lecteurs et auditeurs en expliquant que l’histoire est une pure invention ».

Il n y a rien à dire, tout a été dit.

L’Algérie nouvelle, la République nouvelle, mérite la compétence, l’expertise, la droiture et le professionnalisme. L’Algérie nouvelle, la République nouvelle, n’a nul besoin de soumission et  de servilité, volontaires et volontaristes, des uns et des autres.

L’Algérie nouvelle, la République nouvelle, doit être bâtie et ne peut être   bâtie, si l’on veut réussir et entrer dans un véritable essor socio-économique, que sur le savoir, le devoir de vérité et la sanction, positive ou négative.

 L’Algérie nouvelle, la République nouvelle, n’a nul besoin d’amateurisme, de courtisans et de flatteurs en tous genres.

Maintenant, on peut légitimement se poser la question sur la diffusion de cette « information » par l’APS, sans aucune vérification de sa véracité,  et, aussi, pourquoi aucune structure de l’Etat n’a réagi pour inviter l’APS à revoir sa copie.

Le ministère des affaires étrangères est le département ministériel compétent pour connaitre, lorsqu’il s’agit du système onusien des droits de l’homme, si une plainte a été ou non déposée contre l’Algérie.

En effet, ce ministère de souveraineté dispose de deux (2)  structures :

1-la direction des affaires humanitaires, sociales, culturelles, scientifiques et techniques internationales, en charge des questions ayant trait aux droits de l’homme et au développement social ainsi qu’aux affaires culturelles, scientifiques et techniques internationales.

Cette direction comprend trois (3) sous directions, dont l’une est dédiée aux droits de l’homme, et est chargée des questions humanitaires et des droits de l’homme ainsi que de la préparation de la participation de l’Algérie aux activités des organisations internationales compétentes, et du suivi et de la coordination des obligations conventionnelles y afférentes.

2-la mission permanente de l’Algérie auprès de l’office des Nations Unies et des organisations internationales en Suisse, dont le siège est à Genève, qui s’occupe  aussi, entre autres attributions,  de la question des droits de l’homme en général et plus particulièrement de tout ce qui a trait, de près ou de loin, avec notre pays.

Elle est à la source (Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme  -HCDH-) et pouvait facilement, dés la diffusion de la  dépêche de l’APS, tirer la sonnette d’alarme pour informer la centrale (le MAE) sur cette fausse information répercutée par notre agence nationale d’information.

Quand on exerce dans une mission diplomatique, le réflexe est de consulter quotidiennement la presse nationale et de s’intéresser particulièrement aux articles qui ont trait aux compétences et attributions exercées.

En outre, le paradoxe dans cette dépêche erronée, c’est le fait du défaut de veille de l’Etat. Aucune structure  étatique ne s’est posée la question sur le fond du contenu de cette dépêche du 1er septembre 2020. Ce qui dénote d’une complète léthargie « informationnelle », au niveau des institutions compétentes de l’Etat.  

Cette situation interpelle, également, la Présidence de la République. Il est temps, grandement temps, de désigner une personne qualifiée dans les fonctions de Conseiller du Président de la République, en charge des droits de l’homme. En effet, depuis le décès survenu le 25/07/2017 de Mohamed Kamel Rezag-Bara,  Allah Yarhmou, cette importante question n’a été dévolue à aucune autre personne. La dimension –droits de l’homme- fait partie intégrante aujourd’hui des politiques publiques et est un indicateur de la bonne gouvernance.

La compétence, l’expertise, la sincérité, la droiture,  le respect des droits de l’homme ainsi que l’anticipation doivent être au cœur de l’action de l’Etat et de ses institutions.

Colonel à la retraite ZERROUK Ahmed,

ex-cadre/MDN.

Mots-clés : APS dépêche ONU démenti
Catégories : Focus

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