Campagnes hostiles, accusations mensongères et provocations

Campagnes hostiles, accusations mensongères et provocations
Contribution | 15 Mai 2020 | 16:07

Par Boualem Hnine

A un moment où l’information à l’heure d’Internet ouvre de nouvelles possibilités, en termes d’osmose,  d’interactivité et de renforcement de la place de la communication dans la vie politique, y compris dans le monde organisationnel,  l’agence de presse marocaine MAP s’évertue à lutter contre les fausses informations,  alors que son correspondant à Bruxelles, Adil Zaari Jabiri, vient d’écrire dans un papier intitulé : « le café du commerce algérien n’a pas fermé ! », on en faisant son fond de commerce. Mais, un commerce à base de rumeurs, de fake news, oubliant l’idée que la propagande a mauvaise réputation.

Incompréhensibles aussi sont les sorties médiatiques inopportunes du Ministre marocain des Affaires étrangères et tout récemment les propos prêtés au consul du Maroc à Oran, quand il évoque l’Algérie comme un «pays ennemi».

Le terme «  ennemi » est en effet au cœur de cette affaire. Alors que le consul marocain, s’il avait la formation requise, pouvait, en toute sérénité, rester dans la normalité du discours officiel, à commencer par le discours du Roi lui-même, sans offusquer le peuple algérien.

Au lieu d’ennemi, il aurait faire appel au génie de la langue pour éviter ce qualificatif belliqueux qui traduit des dispositions « malveillantes».

En espérant court-circuiter l'Algérie dans son renouveau, et face à l’imperturbable sérénité qu’affiche actuellement le Président de la République Abdelmadjid Tebboune et le Ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita, s'est intronisé maladroitement champion de la paix.

Le costume d'apparat, dont il s'est drapé, il y a quelques temps,  cache mal l’esprit belliqueux devenu injustement dominant à Rabat.

Comment expliquer ces sorties hystériques récurrentes ? Comment interpréter les derniers errements psychotiques du Consul Général du Maroc à Oran, allant jusqu’à qualifier  l’Algérie de pays ennemi?

Le Ministre Sabri Boukadoum n’a pas tord de récuser ces propos d’autant qu’en «Algérie, toutes les autorités,  que cela soit aux Affaires étrangères ou ailleurs,  nous faisons attention à ne pas jeter de l’huile sur le feu, notamment dans nos relations avec le Maroc frère ».

Oui, le Maroc est un pays voisin et le peuple marocain est un peuple frère, n’en déplaise à Monsieur Bourita et à son Consul Général. 

Bien entendu, cette tendance n’est pas fortuite. Elle renseigne sur une certaine volonté de vouloir, sous le couvert d’un soi-disant pragmatisme qui n’existe en fait que dans le registre de la duperie de circonstance, imposer les thèses propagandistes marocaines. Il est vrai que cette démarche, qui mise sur le fait accompli, risque d’abîmer sérieusement le processus onusien.

Le Ministre Nasser Bourita, qui ne rate aucune occasion pour attaquer l’Algérie, et ça tout le monde le sait, fait figure d’acteur secondaire. D’où puise t-il cette liberté d’action marquée non seulement par l’aventurisme, mais aussi par des agendas clivants des réseaux proches du cercle royal. C’est donc dans ce contexte de rédemption professionnelle sur le dos de l’Algérie, qu’il faut situer cet exercice.

Visiblement en manque d’arguments, M. Bourita revient à la charge, lors du sommet du groupe de contact du Mouvement des non-alignés (NAM) qui s’est tenu la semaine passée, en visioconférence, en accusant l’Algérie d’utiliser ses ressources pour alimenter la « déstabilisation régionale » : « Ce pays au lieu d’utiliser ses ressources pour améliorer la situation précaire de sa population dans le contexte de la pandémie du Covid-19, les détourne pour alimenter la déstabilisation régionale ». (sic)

Selon l’agence de presse officielle marocaine MAP, M. Bourita a réagi ainsi après que l’Algérie ait posé la question du Sahara occidental lors de ce sommet.

Mais cette violence abstraite, voire symbolique qui s’inscrit dans la durée, cache mal une forme de « schizophrénie » des derniers ministres marocains des affaires étrangères, à l’exception de Si Mohamed Benaissa, un homme épris de culture et d’éthique, qui a toujours, à  ma connaissance, milité avec clarté et détermination pour le rapprochement des deux pays frères.
 

Boualem Hnine (ancien diplomate)

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